Princesse Sikhanyiso : «Je lui ai dit “papa” qu’une seule fois et nous n’interagissons pas avec le Roi comme un parent»

Ce 29 avril 2021, la princesse Sikhanyiso Dlamini était l’invitée de l’émission matinale d’ABC, qui s’intéresse aux royautés du monde entier. La fille ainée du roi Mswati III est apparue dans la rubrique Behind the Palace Doors de Good Morning America pour parler de son pays et du règne de son père.

La princesse Sikhanyiso, ministre des Télé-communications d’Eswatini, a parlé de sa fonction au sein de la monarchie swazie dont son père est le monarque absolu (Photo : capture d’écran ABC)

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La princesse Sikhanyiso parle de son père et de son rôle dans la monarchie swazie

La princesse Sikhanyiso, 33 ans, est certainement la plus célèbre des princesse africaines. La fille ainée du roi Mswati III est une rappeuse connue dans son pays sous le nom de scène de Pashu. Elle s’est essayée à la musique lors d’un stage en Malaisie et parle parfaitement l’anglais après avoir étudié au St Edmund’s College au Royaume-Uni, à l’Université de Sydney et ensuite le théâtre à l’Université Biola en Californie.

La princesse Sikhanyiso a surtout mis de côté sa carrière artistique lorsqu’elle a été appelée à remplir des fonctions ministérielles dans son pays. Le Swaziland, qui a changé de nom pour Eswatini en 2018, est dirigé par le roi Mswati III depuis 1986, dernier monarque absolu d’Afrique.

La chaine ABC a lancé une rubrique Behind the Palace Doors dans son émission matinale, qui s’intéresse aux histoires des monarchies du monde entier. Hier, pour la première séquence de cette rubrique, c’était la grande-duchesse Maria Teresa de Luxembourg qui parlait de sa fonction en tant qu’épouse du chef d’État. Aujourd’hui, la princesse Sikhanyiso a accepté de répondre à quelques questions sur son royaume méconnu aux États-Unis.

La journaliste a tout d’abord voulu savoir ce qu’impliquait pour elle le fait d’être la fille du Roi, sachant que la princesse Sikhanyiso est aussi ministre des Télé-Communications et de la Technologie de son pays. Ce n’est «pas simplement une vie de privilèges mais une vie de responsabilités et de services envers la population», explique la princesse.

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L’avis de la princesse Sikhanyiso sur la polygamie

Désireuse de savoir comment la princesse gérait le fait d’être à la fois la fille du Roi mais aussi à son service en tant que ministre, la princesse Sikhanyiso répond : «L’Eswatini est un pays qui accorde de l’importance à la tradition et à la culture, donc nous n’avons jamais réellement une interaction avec le Roi en tant que parent. Il est toujours notre Roi». La journaliste a voulu savoir si la princesse l’appelait parfois «papa». Ce à quoi, la ministre et princesse a répondu : «Je lui ai dit “papa” une seule fois dans une chanson. Et il a aimé. Et pour la première fois il m’a répondu en utilisant mon surnom au lieu de m’appeler par mon titre.»

Concernant la polygamie, la princesse qui a vécu en Europe et en Amérique s’est montrée par le passé quelque peu critique, allant jusqu’à dire dans The New Humanitarian, lorsqu’elle avait 18 ans, que la polygamie était «injuste et pervers». Elle a pourtant changé de discours et se montre moins critique à présent. «La polygamie est pratiquée dans le monde entier. J’ai été étonnée quand je suis arrivée aux États-Unis et que j’ai découvert qu’il y avait des groupes religieux qui pratiquaient la polygamie. On l’a trouve au Moyen-Orient et dans d’autres pays. Ma compréhension des hommes est maintenant différente de ce que je pensais auparavant», a-t-elle déclaré. «J’ai beaucoup appris par rapport à quand j’étais plus jeune, depuis que je vieillis mes opinions ont changé.»

La princesse Sikhanyiso est un personnage central de la monarchie swazie et pourtant elle peut être ambivalente. Son père a été marié à 15 femmes et a une trentaine d’enfants. Plusieurs de ses femmes ont disparu ou ont fui. Il pratique toujours la danse du roseau, cette cérémonie durant laquelle toutes les vierges du royaume sont invitées à danser nues devant lui, un événement culturel qui attire des milliers de touristes chaque année.

La princesse Sikhanyiso et son fils, Phiko, avec le papa de son fils (Photo : Instagram/hrhprincesssikhnayiso)

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Officiellement, la danse des roseaux est pratiquée pour promouvoir la virginité et donc inciter les jeunes femmes à ne pas avoir de rapports sexuels avant le mariage, notamment pour endiguer la transmission du VIH. Dans ce pays où les relations sexuelles hors mariage sont considérées comme honteuses, la princesse Sikhanyiso est pourtant devenue maman il y a un an. La princesse Sikhanyiso est maman de Phikolwezwe «Phiko» Kukhanya Phasika Elihu Dlamini, né le 10 avril 2020. Elle n’est pas mariée avec le papa de son fils.

Intriguée par qui pourrait être le successeur du roi Mswati III, la journaliste devra se satisfaire de la réponse de la princesse : «En Eswatini, cette conversation est sacrée. Le processus de succession en Eswatini est à la fois héréditaire et électif. La dynastie de la Maison Dlamini remonte à 400 ans et c’est une lignée intacte, donc ce sera quelqu’un… qui est né de la Maison Dlamini. Un mâle. Je n’ai donc pas de détails précis sur qui ce sera.»

En Eswatini, le roi est un monarque absolu mais il partage son rôle symboliquement avec sa mère. La reine mère, appelée la Reine Éléphante dans le pays, a autant d’importance que le Roi. Il existe plusieurs critères pour qu’une des nombreuses femmes du Roi devienne la mère du prochain Roi. L’une des conditions est que cette femme ne doit avoir qu’un seul fils avec le Roi.

«Ce n’est en aucun cas discriminatoire. Chaque famille a ses propres règles et nous vivons en acceptant ces règles et en tirons le meilleur», assure la princesse. Le roi Mswati III était le 67e enfant du roi Sobhuza II mais le seul fils de la reine Ntombi, actuelle reine mère du pays.

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr