Le roi Juan Carlos demande l’immunité contre les accusations de harcèlement de son ancienne maitresse

En décembre 2020, Corinna zu Sayn-Wittgenstein, ancienne maitresse du roi Juan Carlos, avait demandé à la justice britannique une injonction d’éloignement, se sentant menacée par l’entourage du père de Felipe VI. Une plainte pour harcèlement et surveillance illégale avait été déposée par ses avocats. Ce lundi 6 décembre, l’avocat de Juan Carlos a demandé à la justice britannique de faire jouer l’immunité de l’ancien souverain.

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L’ancien roi d’Espagne invoque l’immunité devant la justice britannique

En décembre 2020, une plainte pour harcèlement et surveillance illégale a été déposée par les avocats de Corinna Larsen, connue également comme Corinna de Sayn-Wittgenstein-Sayn depuis son deuxième mariage, à l’encontre du roi émérite Juan Carlos I, père de l’actuel chef d’État espagnol.

Corinna, consultante bien connue dans les hautes sphères monégasques, exigeait une injonction d’éloignement. L’ordonnance restrictive avait pour but d’interdir le roi émérite de la contacter, de la suivre, de la diffamer ou de s’approcher à une distance de 150 mètres. Dans sa plainte, Corinna accuse le roi émérite de « surveillance secrète et manifeste » qui aurait été exercée par des agents des services de renseignement espagnols du CNI autour de ses résidences à Londres et à Monaco, à partir de 2012. Elle demande une compensation financière non spécifiée pour dommages et réparation.

Ce 6 décembre, l’ancien roi d’Espagne «a invoqué devant la justice britannique le droit à l’immunité que lui conférerait son statut de membre de la famille royale», explique Le Figaro. Corinna zu Sayn-Wittgenstein-Sayn était en relation avec l’ancien monarque entre 2004 et 2009. Après leur rupture, ils sont restés en contact et bons amis, jusqu’à ce que Juan Carlos tente de recoller les morceaux, selon les documents remis à la justice britannique. Elle aurait alors «clairement indiqué son refus», et l’ancien roi aurait adopté «comportement relevant du harcèlement», affirme-t-elle, l’accusant d’avoir «organisé» une série d’actes malveillants, lui causant «détresse et anxiété».

Le Figaro précise que Juan Carlos «rejette les allégations faites contre lui», comme l’a déclaré son avocat Daniel Bethlehem, «affirmant par ailleurs qu’en vertu de la loi sur l’immunité de l’État de 1978, Juan Carlos ne pouvait être jugé devant les tribunaux anglais, mais seulement par la Cour suprême espagnole.» L’audience préliminaire, qui consiste à juger de la recevabilité de l’immunité, dure jusqu’à ce mardi. La décision du juge sera rendue à une date ultérieure.

Le roi Juan Carlos invoque l’immunité devant la justice britannique. Ici, le roi Juan Carlos avec Corinna (Photo : Schroewig/DPA/ABACAPRESS.COM)

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Pour rappel, le roi Juan Carlos a reçu un don de la part du défunt roi d’Arabie saoudite Abdelaziz al Saoud en 2008. Ce don de 100 millions de dollars a été transféré sur un compte en Suisse appartenant à la Fondation Lucum, une société panaméenne du roi Juan Carlos. En 2012, Juan Carlos aurait transféré la somme sur un compte de la banque Gonet & Cie au Bahamas, un compte appartenant à sa maitresse Corinna.

Dès le début de la plainte, Corinna rappelle le contexte de sa relation sentimentale avec le roi Juan Carlos. Lorsque l’argent a été transféré sur son compte, en 2012, ils n’étaient plus ensemble depuis plusieurs années. Corinna a rompu avec Juan Carlos en 2009, lorsqu’elle a appris qu’elle n’était pas sa compagne exclusive.

Elle est toutefois restée proche et amie avec lui, Juan Carlos ayant notamment agi comme un père pour son fils. En 2011, lorsque le roi était à l’hôpital, Corinna était à son chevet et ce dernier lui aurait fait part de sa volonté de la protéger elle et son fils en l’inscrivant sur son testament. Depuis lors, elle affirme faire l’objet de surveillances illégales du CNI, le service de renseignement et de contre-espionnage espagnol.

En avril 2012, alors qu’ils entretenaient une relation amicale, Juan Carlos a insisté pour offrir un voyage à Anastasia et Alexander, les enfants de Corinna. Il a organisé le fameux voyage au Botswana. Rapidement, les choses sont mal tournées puisque le roi s’est cassé la hanche et il a été nécessaire de le rapatrier en Espagne. Ce voyage privé, durant lequel le roi aurait tué un éléphant de 50 ans, a fait le tour du monde, révélant au passage qui était Corinna.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr