Le sultan d’Oman est mort : Qui pour succéder à Qabus ibn Saïd ?

Qabus ibn Saïd est mort à 79 ans, dans la nuit du vendredi 10 janvier 2020. Il souffrait du cancer de l’intestin depuis 2014. Il devait être hospitalisé en Belgique de décembre 2019 à fin janvier 2020. Alors que son traitement était programmé à l’Hôpital universitaire de Leuven pour deux mois, il avait décidé d’un commun accord avec les médecins d’arrêter le traitement au bout d’une semaine à peine. Depuis son retour précipité dans son pays, les rumeurs sur son état de santé ne prédisaient rien de bon.

Le sultan Qabus ibn Saïd était le bâtisseur du sultanat, depuis son accession au trône en 1970. Il avait fait de se pays austère, misérable et sous le joug d’un monarque absolu (son père), un des pays du Golfe les plus convoités pour son économie maritime et pétrolière et par les touristes. Mise à jour : Son successeur est son cousin, Haitham ben Tarik.

Le sultan Qabus ibn Said est décédé des suites de son cancer

Le diwan de la Cour royale du sultanat d’Oman a publié un communiqué suite à la mort de leur sultan, à l’âge de 79 ans. « Au peuple de notre pays bien aimé et de tous ses districts, à toutes les nations arabes et islamiques du monde entier, c’est avec des cœurs remplis de foi en Allah et en sa Providence, et avec grand regret et une profonde tristesse, bien que plein de satisfaction et de soumission absolue à la volonté d’Allah Tout-Puissant, que le diwan de la Cour royal pleure Sa Majesté le sultan Qabus ibn Saïd, qui est décédé vendredi, le 14 de Jumada Al-Ula, le 10 janvier 2020. » Une période de deuil de 3 jours a été déclarée et tous les drapeaux seront en berne pendant deux semaines.

Qui est l’héritier du sultan Qabus ibn Saïd ?

Mise à jour : Le nouveau sultan d’Oman est Haitham ben Tarik al-Saïd

Sans descendance, le sultan n’a pas d’héritier. L’ibadisme, branche de l’islam en vigueur dans le pays, interdit également de désigner un prince héritier du vivant du souverain. Après sa mort, la famille royale devait se concerter pour désigner le prochain sultan. La Constitution omanaise exige de dévoiler son nom dans les trois jours suivant la mort du sultan.

Depuis sa mort, la famille royale avait pour mission d’arriver à un accord sur le nom de l’héritier. Si aucun accord n’était possible, il était prévu d’ouvrira les lettres sous scellées dans lesquelles le défunt sultan avait désigné deux héritiers sur lesquels les membres du gouvernement devaient trancher. Le doute planait aussi sur une possibilité de coup d’État de la part du pouvoir militaire qui en aurait profité pour proclamer une république.

Au bout de quelques heures seulement, le cousin de Qabus ibn Saïd, Haïtham ben Tarik, a été désigné par la famille royale omanaise pour devenir le nouveau sultan. Âgé de 65 ans, il fut ministre de la Culture du pays. Son père, oncle du sultan Qabus, fut Premier ministre pendant plusieurs années et son frère, Asad, fut Vice-premier ministre.

D’autres noms que celui de Haitham ben Tarik ont circulé, bien qu’il faisait partie des noms les plus probables.

Asad ben Tarik Al Saïd était désigné par la presse étrangère comme le probable successeur du sultan, lorsque celui l’avait désigné comme vice-Premier ministre en 2017. Asad ben Tarik est le frère de Haitham ben Tarik. Shihab ben Tarik, commandant des Forces armées du pays, également frère de Haitham ben Tarik était lui aussi envisagé. Le fils d’Asad ben Tarik, Taimour, proche de Qabus et responsable d’une institution scientifique faisait aussi partie des noms qui circulaient.

Qui était le sultan d’Oman ?

Quabus ibn Saïd est né le 18 novembre 1940. Il est le fils du précédent sultan Saïd ibn Taimour. Après avoir reçu une éducation royale austère au palais, il a pu partir étudier en Angleterre, à 16 ans, puis à l’Académie royale militaire de Sandhurst, Oman et le Royaume-Uni ayant toujours entretenu d’étroites relations, territoire anciennement sous le protectorat britannique.

Après avoir voyagé partout dans le monde et s’être ouvert à la modernité, il fut rappelé par son père, en 1965, à l’âge de 25 ans. Il retourne alors dans un pays misérable. Son père y règne en despote et Oman était à l’époque le plus pauvre des pays du Golfe où seulement 5% de la population était alphabétisé et tout le pays ne comptait qu’une dizaine de kilomètres de routes goudronnées. Son père était pris de crises de paranoïa, depuis qu’il avait échappé à une tentative d’assassinat. Il était en proie à des hallucinations et créait des lois excentriques, engendrant l’austérité dans le pays.

Qabus ibn Saïd, la vingtaine d’années, aurait été séquestré et maintenu au palais royal par son père, pendant plusieurs années, jusqu’en 1970, date à laquelle Qabus ibn Saïd al-Saïd devient le souverain du sultanat d’Oman, en renversant son père, lors d’un coup d’État.

Il fut marié à la hâte à sa cousine en 1972, dont il divorça en 1979. Ils n’eurent pas d’enfants et l’homosexualité du sultan n’était presque plus un secret. Son homosexualité ne fait pas du sultanat d’Oman un pays où l’homosexualité est dépénalisée. Néanmoins, il est le pays du Golfe le plus tolérant en la matière, bien que des arrestations d’homosexuels aient encore lieu.

Le sultan Qabus ibn Saïd fut le premier à exploiter les ressources pétrolières de son pays. Il a contribué à la modernisation du pays et à son développement économique. Bien que le Parlement n’a qu’un rôle consultatif, en 2003, la chambre basse du Conseil a été élue pour la première fois au suffrage universel direct. Le sultan Qabus ibn Saïd était aussi le Premier ministre du pays.

Le sultanat d’Oman est aujourd’hui surnommé la Suisse du Golfe. Ce pays de près de 5 millions d’habitants a une superficie supérieure à celle de l’Italie et presqu’aussi grande que la Pologne. Oman est aujourd’hui un riche pays maritime et pétrolier.

Cause de la mort du sultan Qabus ibn Saïd

Le sultan d’Oman devait se faire soigner en Belgique pour un cancer de l’intestin, dont il souffrait depuis 2014. Il avait choisi l’hôpital hôpital universitaire de Gasthuisberg. Un établissement très prisé par les patients du Moyen-Orient. À la surprise générale, alors que son traitement devait durer jusque fin janvier et que l’hôtel The Fourth de Leuven avait été réservé jusqu’à cette date, le sultan a quitté la Belgique après quelques jours seulement. L’hôtel de Leuven avait été réservé pour deux mois par le sultan, forçant même les autres clients à être relogés dans des hôtels aux alentours.

Pourtant, quelques jours après son arrivée en Belgique, on apprenait que le sultan mettait fin à son traitement et rentrait chez lui. « La prise en charge médicale a été arrêtée d’un commun accord entre l’hôpital et la délégation omanaise. Cette dernière a par ailleurs exprimé sa gratitude à l’égard du service », précise le journal Le Soir. Selon l’hôpital, la prise en charge du sultan s’est déroulée sans problème. L’établissement médical avait réservé un accueil au sultan, suivant le protocole mis en place en cas d’hospitalisation d’un chef d’État, sans pour autant fermer le service à d’autres patients. Après la décision d’arrêter le traitement, prise d’un commun accord entre l’établissement et le sultan, ce dernier a directement été reconduit jusqu’à l’aéroport de Zaventem, où il a pris un avion pour rentrer dans son pays.

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef - Rédacteur sénior

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés par passion. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales.