Descendez-vous d’un roi ? Comment connaitre ses origines royales avec un test ADN généalogique ?

Vous pensez descendre de la reine Victoria du Royaume-Uni ? de Léopold 1e de Belgique ? ou de Louis XIV ? Bien que longtemps on pensait les rois et les reines faits de sang bleu ou descendaient de Dieu, la science prouve pourtant qu’ils sont faits de chair et d’os. Aujourd’hui, pour une centaine d’euros, il est possible de vérifier votre appartenance à une famille royale. Apprenez tous sur l’ADN des familles royales !

Descendez-vous d’un roi ? (Photo : Pixabay)

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Quels sont les tests ADN à réaliser lorsqu’on pense être le descendant d’un prince ou d’un roi ?

Vous avez été adopté ? Une légende familiale indique qu’un de vos ancêtres était un enfant illégitime d’un roi ? S’il n’est pas simple de pouvoir l’affirmer, il est simple déjà, de pouvoir l’infirmer et d’écarter cette hypothèse. Grâce aux différents sites et laboratoires qui vendent aujourd’hui des kits pour tester son ADN dans un but de recherche généalogique, vous n’êtes plus qu’à un pas de connaître la vérité.

Peu importe où vous faites le test (Living DNA, My Heritage, FamilyTree DNA,…), vous obtiendrez toujours maximum trois résultats si vous êtes un homme et deux résultats si vous êtes une femme. Il y a le test autosomal, qui permet de comparer vos résultats avec les tests de centaines de milliers d’autres personnes qui ont réalisé le test, et ainsi établir des liens de parenté. Puis, il y a le test réalisé sur le chromosome X (ADNmt) que possèdent les hommes et les femmes, et le test sur le chromosome Y (Y-ADN) que seuls les hommes possèdent. Par conséquent, si une femme veut connaitre le résultat aux trois tests, elle doit demander l’ADN de son père, de son oncle ou d’un frère, puisqu’elle n’a pas de chromosome Y.

Les tests ADN sur le chromosome X (aussi appelé test mitochondrial) et sur le chromosome Y permettent de repérer des mutations génétiques qui ont été héritées depuis des générations, en ligne directe soit féminine (X), soit masculine (Y). Bien souvent, dans notre culture, symboliquement, l’étude du chromosome Y est plus recherchée puisqu’elle permet de suivre une lignée masculine, autrement dit, celle qui correspond (la plupart du temps et s’il n’y a pas d’adultère) à notre nom de famille.

Le test autosomal, qui lui permet de connaitre les marqueurs de votre profil ADN, a surtout une utilité (pour les non-scientifiques et non-généticiens) uniquement lorsque les résultats sont traités par une base de données. C’est ce que fournit la majorité des sites d’étude ADN généalogique. Grâce à la comparaison de marqueurs, en fonction des similitudes entre les différentes personnes dans la base de données, il est possible de retrouver des cousins.

Si vous connaissez déjà tout du test autosomal et des haplogroupes, nous vous conseillons de lire l’article qui liste l’ensemble des haplogroupes des familles royales et en particulier, l’article sur l’étude ADN des descendants des Saxe-Cobourg, pour ceux qui auraient des doutes sur leurs origines d’appartenance à la famille royale belge. Pour les autres, lisez la suite.

Comment découvrir son appartenance royale avec un test ADN généalogique ?

Bien entendu, la méthode la plus simple et fiable pour pour certifier ses origines (quelles qu’elles soient, royales ou pas) est de réaliser un test ADN comparatif directement avec le membre de la famille que l’on pense être le plus proche. Ces tests en laboratoire sont très règlementés dans la plupart des pays européens, et prélever de l’ADN d’une personne sans son consentement, sans une décision de justice ou sans un but médical est illégal.

Les kits d’étude ADN sont vendus sur Internet dans un but généalogique. Ils sont envoyés par courrier en Europe puis renvoyés pour analyse aux États-Unis, ce qui permet de contourner cette législation. Néanmoins, ces tests ne vous donneront des réponses à vos questions, que si d’autres personnes proches ont eux aussi réalisé les tests et se retrouvent dans une base de données. Ceci dit, tout n’est pas perdu !

En effet, nous avons des connaissances suffisantes pour supposer les haplogroupes des principales familles royales régnantes et non régnantes, ce qui vous permettra au moins d’infirmer vos suppositions ou au contraire, permettre de poursuivre vos recherches. Également, il existe des personnes dont la descendance d’une famille royale est avérée, et qui se trouvent dans les bases de données. Qu’est-ce qu’un hapologroupe ? Comment s’y prendre ? On y arrive !

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Quels sont les haplogroupes royaux ?

Après avoir renvoyé votre test au laboratoire, il faudra attendre quelques semaines voire plus d’un mois pour obtenir vos résultats. Une fois l’analyse terminée, le site présentera trois résultats via sa plateforme mise à disposition. Le premier est le résultat autosomal. Le site vous proposera alors une liste de personnes qui partagent un certain nombre de marqueurs communs et sont donc des cousins plus ou moins éloignés.

Les deux autres réponses sont des codes. Une suite de lettres et de chiffres qui détermine votre appartenance à certains groupes sur l’étude du chromosome Y et la même chose pour le chromosome X. Des groupes-types, qui regroupent des personnes ayant les mêmes mutations génétiques ont été mis au point. On appelle cela des haplogroupes.

Sans rentrer dans les détails scientifiques – de nombreux articles existent sur Internet et sont très bien faits sur le sujet – , on peut simplifier en expliquant : théoriquement, on le sait, les êtres humains proviennent de l’est de l’Afrique. Ils se sont répartis un peu partout dans le monde au fil des millénaires. Au bout d’un certain temps, des transformations génétiques se créent au sein des populations qui n’ont plus de contacts avec d’autres, si bien que les groupes, à présent répartis à différents endroits du monde ont commencé à présenter des différences génétiques.

Grâce aux fouilles archéologiques et à différentes données ADN récoltées à différentes périodes de l’histoire, il est possible de retracer une sorte de parcours migratoire réalisé par nos ancêtres préhistoriques depuis l’Afrique jusqu’à aujourd’hui. Les personnes qui possèdent les mêmes différentiations génétiques se retrouvent dans les mêmes haplogroupes. Il existe des hapologroupes mitochrondriaux (X) et des haplogroupes pour le chromosome Y. Chaque haplogroupe est représenté par une lettre suivi d’un ou plusieurs chiffres, en fonction des subdivisions qui sont propres à chaque groupe. En réalité au fil du temps, d’autres transformations ont été remarquées dans certains groupes, permettant de les subdiviser encore en sous-groupes, etc, etc. Chaque subdivision restreint encore plus son appartenance.

Une fois les explications scientifiques données, vous allez voir que ce qu’il faut comprendre n’est pas compliqué. Dans le cas de notre étude spécifique sur l’appartenance à une famille royale, l’ADN mitochondrial ne nous intéressera pas. En effet, rappelez-vous, avec les résultats du test X, on ne peut connaitre son appartenance qu’à un haplogroupe qui met en lumière l’évolution génétique en ligne matrilinéaire. Autrement dit, l’haplogroupe X indique l’héritage génétique de votre mère, qu’elle a elle-même hérité de sa mère, puis de sa mère, et ainsi que de suite, jusqu’à ce qu’on remonte à ce qu’on appelle l’Ève-mitochondriale (qui serait une mère commune théorique).

Pourquoi l’ADN mitochondrial ne nous intéresse pas ? Pour deux raisons. La première est que dans la plupart des monarchies traditionnelles européennes, jusqu’à il y a peu, la loi salique était d’application. Par conséquent, seul un homme pouvait monter sur le trône et la plupart du temps, les titres n’étaient pas transmis par les femmes, y compris dans la noblesse. Tout comme, jusqu’à peu, même chez les roturiers, l’enfant recevait le patronyme de son père à la naissance et non celui de sa mère. La deuxième raison est qu’il faudrait connaitre l’appartenance mithochondriale de la princesse supposée être votre aïeule, ainsi que tous les haplogroupes des ancêtres intermédiaires jusqu’à vous pour prouver votre ascendance.

En effet, prenons un exemple. Si vous pensez être le petit-fils d’une princesse par votre père. Pour le prouver, connaitre votre résultat mitochondrial ne servira à rien puisqu’il indique celui de votre mère. Donc il faut connaitre le résultat mitochondrial de votre père, qui correspond au résultat de sa propre mère. Une fois que l’on a ce résultat, il faut évidemment se débrouiller pour connaitre le résultat de votre grand-mère pour vérifier la correspondance. Le conseil pour ceux qui pensent avoir un ancêtre royal féminin est d’avoir un peu de chance, et peut-être qu’avec le résultat autosomal vous retrouverez des cousins proches ou éloignés, qui par triangulation et recherches généalogiques à côté, vous permettront de confirmer vos doutes.

Si vous pensez avoir un père, un grand-père, un arrière-grand-père ou même un aïeul éloigné qui était membre d’une famille royale, les choses sont plus simples. Attention, rappelez-vous, une fois de plus que ce n’est possible que si vous descendez de ce présumé roi ou prince, en ligne patrilinéaire exclusivement.

Dans ce cas, il suffit de comparer vos résultats aux haplogroupes royaux connus. Grâce à différents tests ADN réalisés récemment par des contemporains ou sur des fouilles archéologies, des reliques, lors d’exhumations ou dans un autre cadre scientifique, on connait l’haplogroupe de la plupart des familles royales régnantes ou anciennes. Ces haplogroupes sont certifiés pour la plupart, car des membres connus de ces familles ont récemment partagé les résultats de leurs tests. C’est par exemple le cas des descendants de la famille de Saxe-Cobourg. Par conséquent, on est à peu près certain à 100% de connaitre l’haplogroupe (et ses sous-clades) des membres de la famille royale belge, de la famille royale britannique ou encore de la famille royale bulgare, qui descendent toutes en ligne masculine du duc François de Saxe-Cobourg.

Si vous pensez être le fils illégitime ou l’enfant caché d’un membre de la famille royale belge ou de la famille royale britannique, nous vous conseillons de lire notre article complet sur l’étude ADN des Saxe-Cobourg.

Pourquoi nous ne sommes pas certains à 100% de certains haplogroupes ? Tout simplement parce que ces haplogroupes ont été attribués par déduction. Si des fouilles archéologiques ont été réalisées sur le cadavre d’un roi du 15e siècle, on peut aisément connaitre sa généalogie présumée et dire que tous ses descendants mâles partagent le même haplogroupe que lui. Sauf que parfois, la généalogie diffère de la biologie. On parle ici des enfants adultérins ou illégitmes, que l’on appelait autrefois des bâtards.

En effet, si une reine a eu un enfant issu d’une relation extraconjugale et qu’elle n’a jamais révélé son adultère, on risque d’avoir des surprises. L’enfant appartiendra à l’haplogroupe de son géniteur et tous ses descendants mâles auront le même haplogroupe. En résumé, grâce à certains contemporains qui ont également réalisé des tests ces dernières années, on peut donner avec certitude l’haplogroupe de certaines familles, d’autres sont donnés mais avec plus de réserve car au plus il y a des générations qui nous séparent du sujet testé, au plus il y a des possibilités de trouver des aïeux qui ont fauté !

Si vous êtes intéressés par l’ADN des familles royales, nous vous conseillons de lire notre article complet qui liste l’ensemble des caractéristiques génétiques et des haplogroupes des familles royales

Connaitre son haplogroupe suffit-il pour déterminer son origine royale ?

Bien entendu, connaitre son haplogroupe n’est pas suffisant pour être certain d’être le descendant d’une personne précise, quelle qu’elle soit. Il existe seulement des dizaines d’haplogroupes, qui sont eux-mêmes divisés en des centaines de sous-clades et certains tests génétiques précis permettent (en échange de payer des suppléments) d’étudier certains marqueurs spécifiques sur des mutations connues, ce qui permet d’affiner encore plus les subdivisions et donc se retrouver au sein d’une catégorie partagée par un nombre de personnes restreintes.

Mais la majorité du temps, le site Internet qui réalise votre test génétique vous dira que votre haplogroupe Y est, par exemple, E-M34. Comme Napoléon, certes, mais comme des millions d’autres personnes qui ne sont pas reliées à lui. Rappelons que le but de cet article était bien d’aider certaines personnes qui ont été adoptées ou qui ont une légende familiale qui les relie à une famille royale.

Dans ce cas, le résultat de l’haplogroupe permet au moins d’infirmer et d’écarter formellement cette piste. En effet, si vous pensiez descendre en ligne masculine de la famille Bonaparte et que votre haplogroupe est I2a1b, vous pouvez être certain à 100% que vous ne descendez pas des Bonaparte (en tout cas en ligne masculine ! via une ancêtre féminine, tout est encore possible). Au contraire, si le résultat correspond, cela permet de continuer à faire des recherches pour confirmer la supposition. Bien souvent, en se tournant vers le résultat autosomal, vous pourrez par triangulation avec d’autres personnes présentes dans la base de données, établir des cousinages. Mais attention, la base de données ne distingue pas la connexion précise avec ce cousin. Il se pourrait donc que vous découvriez une origine royale là où vous ne vous en doutiez pas !

Attention : Cet article a une vocation informative. Les tests ADN généalogiques, bien que sérieux et accessibles, sont interdits dans de nombreux pays. Renseignez-vous sur la législation en vigueur. Cet article n’est pas promotionnel et n’a pas pour vocation à vous inciter à acheter un test. Agissez en connaissance de cause. Outre la curiosité concernant une supposée appartenance à une famille royale, qui était le but de l’article, souvenez-vous que certains résultats peuvent être troublants et que certains « surprises » peuvent s’avérer être déstabilisantes. Si ces tests sont interdits, dites-vous qu’il y a peut-être une raison.

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine a été concepteur-rédacteur et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français. Spécialiste de l'actualité des familles royales, Nicolas a fondé le site Histoires royales dont il est le rédacteur en chef. nicolas@histoiresroyales.fr