Quel est l’ADN de la famille royale issue des Saxe-Cobourg ? Haplogroupe de la famille belge et des Windsor

On connait avec quasi certitude l’haplogroupe de la famille de Saxe-Cobourg-Gotha et par conséquent de tous leurs descendants en ligne masculine, qui constituent la famille royale belge et la famille royale britannique. Vous pensez être l’enfant caché ou le fils illégitime d’un prince belge ou d’un roi britannique ? Afin de ne pas immédiatement couper court à cette hypothèse, vérifiez simplement que vous êtes du même haplogroupe qu’eux ! Votre haplogroupe est-il R1b-U106 ?

Quel est le profil génétique de la famille royale belge et de la famille royale britannique ? (Photo : Mischa Schoemaker/ABACA)

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Comment un test ADN généalogique peut aider un enfant caché à retrouver son origine royale ?

Tout d’abord, cet article n’a pas pour but d’entrer dans des considérations scientifiques ni destiné à des généticiens. Pour ceux qui partiraient de zéro, et qui n’ont aucune idée de ce qu’est un test autosomal, un résultat mitochondrial ou un haplogroupe, nous vous conseillons d’abord de lire cet article qui explique comment un test ADN généalogique permet de savoir si on a un ancêtre royal.

Pour les autres, voici un bref rappel tout de même pour vous aider. Grâce aux résultats du test sur le chromosome Y (Y-ADN), qui est l’un des trois résultats fournis par l’ensemble des sites de généalogie qui vendent des test ADN par kit en ligne, il est possible d’écarter directement les soupçons de ceux qui pensent être le descendant illégitime d’un roi. En effet, si votre résultat Y-ADN n’est pas identique à celui que l’on connait pour une famille royale précise, vous ne pouvez pas descendre en ligne masculine de cette famille.

Sans entrer dans les explications, les sites d’analyse ADN vous révèlent ce qu’on appelle votre haplogroupe. Il existe des dizaines d’haplogroupes, qui sont eux-mêmes subdivisés en sous-clades. Un haplogroupe est un groupe de personnes qui présentent les mêmes mutations génétiques, opérées au fil du temps, qui ont été héritées via le chromosome Y. Le chromosome Y ne pouvant être hérité que de son propre père (les femmes ayant deux chromosomes XX et pas de Y), on peut donc affirmer à 100% que toute relation filiale biologique en ligne masculine appartient au même haplogroupe.

Dans cet article, où nous nous intéressons à l’appartenance génétique aux Saxe-Cobourg, seule la connaissance de l’haplogroupe de l’Y-ADN a de l’importance. En effet, peu importe le nom dynastique choisi ou modifié, étant donné que la famille de Saxe-Cobourg applique la loi salique et que les familles royales qui en descendent n’ont eu que des souverains mâles (jusqu’à aujourd’hui mais ça ne sera plus le cas dans le futur), il est possible d’affirmer que tous les membres de la famille royale britannique (même si elle a changé son nom en Windsor) et que tous les membres de la famille royale belge sont génétiquement, en ligne patrilinéaire, des Saxe-Cobourg.

Bien entendu, au moment où une femme monte sur le trône, même si dynastiquement la famille royale garde son nom (Windsor ou de Belgique), génétiquement, le souverain suivant bascule dans l’haplogroupe de son père. Ainsi, ce qui suit dans cet article donne l’haplogroupe commun aux membres de la famille royale britannique jusqu’à la reine Elizabeth. Ses descendants, sont tous de l’haplogroupe R1b, commun à la famille royale grecque (dont est issu le prince Philip, duc d’Édimbourg), qui est elle-même originaire en ligne masculine de la famille royale danoise. En ce qui concerne la famille royale belge, elle partage le même haplogroupe que les Saxe-Cobourg, jusqu’à la future reine Elisabeth, actuelle duchesse de Brabant, fille du roi Philippe. Les descendants d’Elisabeth auront l’haplogroupe de leur père, tout comme les descendants de la princesse Astrid, pourtant membres de la famille royale belge et tous princes de Belgique, ont l’haplogroupe de leur père, à savoir celui de la famille impériale d’Autriche qui est vraisemblablement H.

Quel est l’haplogroupe des Saxe-Cobourg et de la famille de Wettin ?

Rendons à César ce qui est à César. La suite de l’article a été écrit grâce à l’immense travail de recherche mené en 2010 par Brad Michael Little (www.The-Kings-Son.com). Cet Australien pensait peut-être descendre d’un membre de la famille royale britannique, de par les différentes histoires qui courraient dans sa famille, ainsi que la ressemble physique troublante entre lui, son père et un certain membre de la famille Windsor. En trois tomes, il raconte son parcours, ses études génétiques et ses recherches généalogiques, qui ont fini par exclure son appartenance royale.

Son travail a cependant permis d’obtenir avec certitude l’haplogroupe des membres mâles descendant des Saxe-Cobourg. Mieux encore, des études supplémentaires menées en collaboration avec le Dr Iain McDonald, ont permis de remonter la lignées des Saxe-Cobourg jusqu’aux Wettin si l’haplogroupe de la Maison de Wettin est bien inchangé depuis le comte Dedi de Hassegau, mort en 957 jusqu’à aujourd’hui. Outre la famille royale belge, tous les descendants de la Maison de Wettin en ligne masculine sont de cet haplogroupe, y compris notamment les membres de l’ancienne famille royale de Bulgarie et les anciens membres de la famille royale portugaise.

Êtes-vous un Wettin ? Le fils caché d’un prince de Belgique ? Un membre illégitime de la famille de Windsor ? Nous ne pouvons pas l’affirmer. Mais une chose est certaine, si vous n’avez pas pour haplogroupe R1b-U106, vous n’avez pas pour ancêtre en ligne patrilinéaire un Saxe-Cobourg. Grâce aux études poussées de Brad Michael Little, il est même possible d’affiner ce résultat. En effet, l’haplogroupe se subdivise en sous-clades en fonction d’autres transformations génétiques propres à un groupe d’individus étudiés. Les sites généalogiques permettent l’étude plus approfondie en fonction des possibilités techniques de leur laboratoire et du prix. Parfois, pour un coût supplémentaire, on vous propose une étude de certains marqueurs plus précis.

Ainsi, le résultats ADN plus précis des Saxe-Cobourg/Wettin est R1b-U106 (branche Z381 > Z156 > Z305 > DF98+). Selon les nomenclatures et les réformes d’écriture, R-U106 correspond aussi à R1b1a1a2a1a1. R1b-M269 est souvent donné comme haplogroupe de base. Ici vous pouvez en savoir plus sur les migrations de la population appartenant à cet haplogroupe. Comme tous les êtres humains, ces ancêtres préhistoriques sont partis de l’Afrique de l’Est, pour rejoindre l’extrême est de l’Europe et du Caucase. On les retrouve dans la steppe pontique dès l’Âge de Bronze et aux portes de l’Europe de l’est en -2500. Par la suite, ce groupe se détache des autres (qui eux vont vers les zones celtiques ou italo-ibérique), alors que ce groupe s’installe dans un territoire proto-germanique, dans le nord-ouest de l’Europe. Ce groupe était déjà installé aux environs de -500, dans la région que dirigera l’un de ses membres bien des siècles plus tard. Par exemple, le comte Dedi de Hassegau, qui est le plus ancien membre connu et ancêtre de la famille de Wettin, (on connait sa date de sa mort en 957) était actif à Hassegau, un « gau » (territoire) de ce qu’on connaitra comme la Saxe.

Comment connait-on ces résultats ?

Ces résultats ont été obtenus grâce à deux membres connus issus de la famille de Saxe-Cobourg. Ces deux personnes sont Alarich von Eppinghoven et Simon Coburg. Alarich est décédé en 2018, Simon est quant à lui un jeune homme né en 1985 en Suisse. Ils ont pour ancêtre commun le duc François, souverain de Saxe-Cobourg-Saalfeld (qui deviendra Saxe-Cobourg-Gotha sous le règne de son fils). Le duc François est le père du futur roi Léopold 1e, premier roi des Belges. Il est également le grand-père du prince Albert, qui épousera la reine Victoria. Léopold est le fondateur de la dynastie belge et Albert, bien que n’étant que le prince consort, est le fondateur de la dynastie britannique actuelle.

Alarich von Eppinghoven était le fils de Heinrich-George von Eppinghoven, qui lui-même était le fils de Georges-Frédéric von Eppinghoven, fils illégitime mais reconnu, de Léopold 1e. Léopold 1e avait fait de ses enfants illégitimes avec Arcadie Claret des barons von Eppinghoven. Quant à Simon Cobourg, il est le fils du prince Adrian de Saxe-Cobourg-Gotha, lui-même fils du prince Frédéric-Josias, qui fut le chef de la famille de Saxe-Cobourg-Gotha jusqu’à sa mort en 1998. Son père était Charles-Édouard, le dernier duc à avoir régné sur le duché de Saxe-Cobourg, jusqu’à l’abolition de la monarchie dans l’Empire allemand. Charles-Édouard était également le petit-fils d’Albert et Victoria, d’origine un prince britannique, il fut appelé à succéder au duché allemand.

Attention toutefois ! La totalité de cet article pourrait être remis en cause si une reine avait fauté. En effet, ce que prouve ces tests est qu’Alarich et Simon sont bien cousins, qu’ils ont bien le même haplogroupe et qu’ils ont bien comme ancêtre commun le duc François. Cela veut aussi dire que Léopold 1e est bien le fils légitime biologique du duc François et que le prince consort Albert est bien le petit-fils du duc François, donc son père, Ernest, était également bien le fils du duc François.

En conclusion, Léopold et Albert sont bien des Saxe-Cobourg, ainsi que tous les ancêtres qui séparent Alarich et Simon de leurs deux aïeux. Il existe malgré tout une infime possibilité que l’haplogroupe de la famille royale belge ou des Windsor ne soit pas R1b-U106. Si ce n’est pas le cas, cela voudrait dire qu’une épouse a eu un enfant adultérin. Dans la branche de la famille régnante en Belgique, en ligne masculine directe depuis Léopold, jusqu’au roi Philippe, il faut donc confirmer que le prince Philippe, comte de Flandre est bien le fils biologique de Léopold 1e, qu’Albert 1e est bien le fils biologique du comte de Flandre, que Léopold III est bien celui d’Albert 1e, qu’Albert II est bien celui de Léopold III et que Philippe est bien celui d’Albert II. La lignée masculine des Saxe-Cobourg continue à travers les descendants masculins du roi Philippe (le prince Gabriel et le prince Emmanuel) et ceux du prince Laurent (le prince Nicolas et la prince Aymeric).

Attention : Cet article a une vocation informative. Les tests ADN généalogiques, bien que sérieux et accessibles, sont interdits dans de nombreux pays. Renseignez-vous sur la législation en vigueur. Cet article n’est pas promotionnel et n’a pas pour vocation à vous inciter à acheter un test. Agissez en connaissance de cause. Les informations personnelles mentionnées concernant des personnes vivantes se basent sur des données et des informations connues de tous et déjà rendues publiques, notamment à travers la publication de livres.

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr

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