Quel est le profil génétique des familles royales ? Quel est l’haplogroupe Y-ADN des rois européens ?

Quels sont les haplogroupes de familles royales ? Grâce à différentes études menées ces dernières années avec l’aide des descendants de rois, nous connaissons différents profils génétiques des familles royales régnant actuellement.

Pour ceux qui partiraient de zéro, et qui n’ont aucune idée de ce qu’est un test autosomal, un résultat mitochondrial ou un haplogroupe, nous vous conseillons d’abord de lire cet article qui explique comment un test ADN généalogique permet de savoir si on a un ancêtre royal.

Trois descendants de Louis XII ont donné leur ADN ce qui permet de connaitre l’ADN des rois de France (Image : Domaine public)

Lire aussi : Un descendant royal illégitime demande une exhumation pour effectuer test ADN

L’haplogroupe issu des tests sur les descendants de François de Saxe-Cobourg

Nous avons réservé un article complet à l’étude de ce cas. Nous vous conseillons de lire cet article qui explique quelle est l’origine ADN de la famille royale belge et de la famille royale britannique.

Pour résumer cet article, rappelons que la famille royale belge, la famille royale britannique, la famille royale bulgare, une partie de l’ancienne famille royale portugaise, ont toutes pour ancêtre commun le duc François de Saxe-Cobourg-Saalfeld, dont la dynastie prendra la nom de Saxe-Cobourg-Gotha sous le règne de son fils Ernest. Le duc François est le père du futur roi Léopold 1e, premier roi des Belges, et le grand-père du prince Albert, époux de la reine Victoria. Depuis la reine Victoria, seuls des hommes ont régné au Royaume-Uni jusqu’à la reine Elizabeth, par conséquent, ils sont tous du même haplogroupe que les Saxe-Cobourg. C’est également le cas en Belgique.

Deux descendants du duc François, – l’un est un descendant de la reine Victoria, l’autre du roi Léopold 1e – ont accepté de donné leur ADN, il y a une dizaine d’année, pour le besoin d’une enquête. Ils sont tous les deux de l’haplogroupe R1b-U106 (Z305+). Tous les membres masculins de la famille royale belge sont donc de ce groupe jusqu’à la génération actuelle (exceptés les enfants de la princesse Astrid). Et tous les membres de la famille Windsor sont de ce groupe, jusqu’à la reine Elizabeth.

Les descendants de la reine Elizabeth sont de l’haplogroupe du prince Philip, duc d’Édimbourg, qui est lui-même né dans la famille royale grecque. Le prince Charles et ses fils sont donc du même haplogroupe que la famille royale grecque, et par extension que la famille royale danoise… qui est également à l’origine de la dernière famille impériale russe. Il s’agit du point suivant.

L’haplogroupe des descendants des Oldenbourg

En mai 1891, alors qu’il était héritier du trône, le futur tsar Nicolas II a échappé à une tentative d’assassinat à Osaka, au Japon. Éraflé au visage avec un sabre, il saignera abondamment. Le sang séché sur une chemise sera analysé. Il s’agit de l’haplogroupe R1b.

En 1998, lors de l’analyse ADN qui a permis d’identifier les corps de Nicolas II et de sa famille, révélés en 1991, on a fait appel à des membres de la famille connus pour comparer l’ADN. Pour l’étude sur les chromosomes Y, on fit appel au prince Nicolas Romanovitch Romanov (décédé en 2014) et à son frère Dimitri Romanovitch Romanov (décédé en 2016), tous les descendants de Nicolas II étant morts. Dimitri et son frère Nicolas sont les arrière-petits-fils de Nicolas 1e. Cela veut donc dire que les tsars entre Nicolas 1e et son arrière-petit-fils Nicolas II sont tous légitimes, à savoir Alexandre II et Alexandre III.

Les autres haplogroupes que l’on peut déduire à partir de Nicolas II

L’haplogroupe de la famille impériale de Russie est le même que celui de la famille royale danoise. La famille Romanov s’est éteinte à la mort de l’impératrice Elisabeth 1e en 1761. Le nouveau tsar Pierre III est issu de la maison Holstein-Gottorp. Il s’agit d’une branche de la famille d’Oldenbourg.

Par supputation, en considérant que toutes les filiations généalogiques soient également biologiques (pas d’adoption, pas d’adultère féminin), il est possible d’attribuer ce même haplogroupe à tous les membres masculins de la famille Oldenbourg, ce qui donne l’haplogroupe de plusieurs familles royales.

L’haplogroupe de la famille royale danoise

En ligne masculine directe, Nicolas II était un descendant du roi Frédéric 1e de Danemark. En effet, la dynastie Romanov, depuis Pierre III était danoise. Pierre III était le fils du duc Charles-Frédéric de Schleswig-Holstein-Gottorp, lui-même arrière-arrière-arrière-petit-fils d’Adolphe. Adolphe était le fils du roi Frédéric 1e de Danemark. Son fils aîné, Christian, issu de son premier mariage lui succéda au trône de Danemark, alors que ses fils issus de son deuxième mariage se partagèrent d’autres territoires, c’est ainsi qu’Adolphe devint le premier duc de Schleswig-Holstein-Gottorp.

Par supputation, on peut donc dire que tous les rois danois depuis Frédéric 1e, né en 1471 et mort en 1533, sont du même haplogroupe que Nicolas II de Russie, R1b. Tout comme, par supputation, si aucun roi n’est issu d’une non-paternité, tous les rois danois de la famille Oldenbourg sont du même haplogroupe, soit jusqu’au père de la reine Margrethe II. Lorsque l’actuel prince héritier Frederik montra sur le trône, l’haplogroupe de la famille royale danoise sera celui de son père, le prince Henri, dont on ne connait pas les détails génétiques.

L’haplogroupe de la famille royale grecque

En 1863, la Grèce a élu son nouveau roi des Hellènes. C’est le prince Guillaume de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg, second fils du roi Christian IX de Danemark qui fut choisi. Guillaume choisit pour nom de règne Georges 1e. Il descend lui aussi en ligne masculine de Frédéric 1e, mentionné précédemment. Un suppose donc qu’il a l’haplogroupe R1b.

Le prince Guillaume, fils du roi Christian IX de Danemark, sera élu roi des Hellènes. Il est issu d’une branche de la famille Oldenbourg (Image : Domaine public)

L’haplogroupe de la famille royale de Norvège

Comme expliqué précédemment, c’est le second fils de Christian IX a qui on a vu offrir le trône grec. Son premier fils lui a naturellement succédé sur le trône danois, en 1906. Il s’agit de Frédéric VIII. Frédéric VIII aura lui aussi deux de ses fils qui deviendront rois. Son fils aîné, Christian X lui succèdera au Danemark en 1912, tandis que son deuxième fils, Haakon, sera élu pour devenir roi de Norvège en 1909, lors de la scission entre la Suède et la Norvège. Il deviendra Haakon VII. Il est le grand-père de l’actuel roi, Harald V. Tout comme nous avons supposé que la famille royale danoise, qui descend du frère d’Haakon est de l’haplogroupe R1b, la famille royale norvégienne l’est également.

L’haplogroupe des Bourbon

La famille de Bourbon étant largement étudiée, le profil génétique est connu, bien que sujet à controverse. L’étude menée par Larmuseau et son équipe de généticiens en 2013 sont catégoriques. L’haplogroupe des Bourbon est R1b-U106 (Z381+). L’étude a été menée grâce à trois donneurs vivants. Un descend de Louis-Philippe 1e et deux autres de Philippe V d’Espagne (petit-fils de Louis XIV). Ils descendent tous les trois de Louis XIII.

Ce résultat remet en question une autre étude, celle réalisée sur la tête présumée d’Henri IV. Cette étude ADN indiquait qu’il appartenait au groupe G2a. Cette thèse était renforcée par le résultat obtenu sur un mouchoir qu’on dit avoir été trempé dans le sang de Louis XVI lors de son exécution. Le mouchoir a ensuite été conservé dans une gourde et était en possession d’une famille en Italie. Le sang séché sur le mouchoir indiquait aussi l’haplogroupe G2a.

Néanmoins, le résultat mtADN, sur l’ascendance féminine de la tête d’Henri IV, ne correspondait pas à l’haplogroupe de ses ancêtres féminins. L’ADN mitochondrial d’Anne de Bourbon-Parme, épouse du roi Michel 1e de Roumanie, a été comparé sans succès avec celui de la tête d’Henri IV, qui est pourtant lié à elle en ligne matrilinéaire.

L’étude la plus récente, réalisée par Larmuseau à la KULeuven (université de Louvain, en Belgique), a été réalisé en comparant l’ADN de trois membres vivants de la famille : Sixte-Henri et Axel de Bourbon-Parme, et Jean-Henri d’Orléans-Bragance. Sixte-Henri et Axel descendent de Philippe V et sont des cousins ayant le même arrière-grand-père. Jean-Henri d’Orléans-Bragance, quant à lui, descend de Louis-Philippe 1e. Leur cousinage est éloigné puisque leur ancêtre commun est Louis XIII. Leurs résultats sur leur chromosome Y indiquent une forte correspondance, ce qui prouve qu’il n’y aucune rupture entre la filiation généalogique et biologique au moins entre les générations qui les séparent. Entre Sixte-Henri de Bourbon-Parmi et Louis XIII, il y a treize générations.

L’étude menée par Philippe Charlier peut être lue ici et celle menée par Larmuseau ici. La récente étude de Gérard Lucotte, à lire ici, confirme la théorie que le profil génétique de Sixte-Henri et ses cousins est bien celui des Bourbon. Les différentes preuves et la rigueur de l’étude la plus récente nous poussent à croire que l’haplogroupe est bien R1b-U106 (Z381+).

On peut donc supposer également que la famille royale d’Espagne actuelle est de l’haplogroupe R1b-U106 (Z381+). Il en va de même pour la famille grand-ducale luxembourgeoise. En 1919 la grande-duchesse Charlotte a épousé le prince Félix de Bourbon-Parme. Ils ont eu 6 enfants. L’actuel grand-duc est leur petit-fils. La famille grand-ducale, qui porte le nom dynastique de Nassau, est génétiquement Bourbon.

Selon les nomenclatures et les réformes d’écriture, R-U106 correspond aussi à R1b1a1a2a1a1. R1b-M269 est souvent donné comme haplogroupe de base.

Le crâne détenu par Joseph-Émile Bourdais est sujet à controverse. Il ne serait pas celui d’Henri IV (Photos : WikiCommons/Domaine public)

Les autres haplogroupes des familles royales

L’haplogroupe de la famille royale des Pays-Bas

L’haplogroupe Y du monarque actuel, le roi Willem-Alexander, n’est pas connu. La loi salique étant abolie depuis plusieurs générations, trois reines se sont succédé entre 1890 et 2013, ayant pour conséquence que l’hapologroupe Y change à chaque génération. Le roi Willem-Alexander a pour père Claus van Amsberg, dont on ne connait pas le profil génétique.

L’haplogroupe de la famille princière monégasque

Depuis Rainier III, la famille Grimaldi appartient en réalité génétiquement à la famille de Polignac. Le profil génétique des Polignac n’étant pas connu, il n’est pas possible de donner l’haplogroupe de la famille princière monégasque.

L’haplogroupe de la famille royale de Suède

L’haplogroupe de la famille royale de Suède est inconnu, étant celui des Bernadotte, un profil génétique non étudié jusqu’à présent. On sait par contre que l’haplogroupe mitochondrial (mtADN) du roi Carl XVI Gustaf est H.

Résumé des haplogroupes des familles royales régnantes

  • Belgique : R1b-U106 (Z305+)
  • Danemark : jusqu’à Frédéric IX : R1b, après Margrethe II : inconnu
  • Espagne : R1b-U106 (Z381+)
  • Liechtenstein : Inconnu
  • Luxembourg : R1b-U106 (Z381+)
  • Monaco : Insonnu
  • Norvège : R1b
  • Pays-Bas : Inconnu
  • Royaume-Uni : jusqu’à George VI : R1b-U106 (Z305+), après Elizabeth II : R1b
  • Suède : Inconnu

On remarque que les haplogroupes commencent tous par R1b. Ce n’est pas un hasard. Il s’agit du groupe génétique le plus courant en Europe. Dans certaines régions d’Europe, jusqu’à 80% de la population est regroupé dans cet haplogroupe selon Eupédia. Il n’y a rien d’étonnant que les familles royales soient issues de ce groupe, dont les ancêtres sont présents en Europe depuis très longtemps. Selon iGenea, vers -9000 les ancêtres de ce groupe se trouvaient déjà à la Mer noire.

(Image : WikiCommons)

Note : Les résultats indiqués sur cette page ont été supputés sur base de tests ADN réalisés par des descendants de certaines familles royales. Les arbres génétiques peuvent s’avérer erronés si l’histoire a connu des naissances adultérines ou des adoptions. Des cas de non-paternité sont à prévoir.

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr

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