Trois générations de Cadaval : la complicité intergénérationnelle des duchesses

La duchesse douairière, la duchesse et la future duchesse de Cadaval se sont accordées une promenade au bord de la plage de Comporta, entre deux occupations estivales. La rénovation du palais de Cadaval à Évora, la collection de sacs brodés de la duchesse et le nouveau projet immobilier à Carvalhal, ont de quoi bien occuper les trois générations de Cadaval dont le nom résonne dans tous l’Alentejo depuis plus de six cents ans.

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Trois duchesses de Cadaval sur la plage de Comporta

Au début de l’été, la princesse Isabelle d’Orléans a célébré sa première communion. La jeune fille de presque dix ans, portait à son cou la croix des Asturies que son parrain, le roi Felipe VI, lui avait offert à son baptême. La petite fête familiale organisée après la réception du sacrement de la fille du prince Charles-Philippe d’Orléans et de Diana Álvares Pereira de Melo était l’occasion unique pour se réunir après une année de crise sanitaire. La petite princesse avait alors pu retrouver ses tantes et ses deux grands-mères. Des retrouvailles qui faisaient du bien à toute la famille, toujours très soudée.

Détente sur la plage de Comporta. Complicité et moments de partage intergénérationnels (Photo : David Nivière/Abacapress)

Quelques semaines plus tard, on retrouve Isabelle, sa mère Diana et sa grand-mère Claudine, toujours aussi proches. Elles se tenaient par la main et se jetaient des regards complices lorsqu’elles marchaient pieds nus sur le sable de l’interminable plage de Comporta. Cette fois-ci, les trois générations de Cadaval profitaient d’un moment de répit, durant cet été rempli de projets.

Trois générations de duchesses qui mènent de nombreux projets entre Évora et Comporta (Photo : David Nivière/Abacapress)

«Nous avons quitté Évora où il faisait plus de 40 degrés, vous imaginez la joie d’être ici !», s’exclame Diana Álvares Pereira de Melo, 11e duchesse de Cadaval, à la journaliste de Point de Vue qui l’a interrogée sur la plage. La duchesse de Cadaval, sa mère Claudine Marguerite Marianne Tritz, veuve du 10e duc de Cadaval et la petite Isabelle d’Orléans, fille unique de la duchesse, ne peuvent feindre une telle complicité. Les regards et sourires ne trahissent pas. Histoires Royales vous partage ces photos exclusives sur internet.

Diana Álvares Pereira de Melo, 11e duchesse de Cadaval, partage un moment tendre avec sa fille Isabelle, 10 ans (Photo : David Nivière/Abacapress)

Les projets des Cadaval dans l’Alentejo

« Moi et Isabelle sommes très complices et comme des partenaires», expliquait la duchesse Diana à Caras il y a quelques mois. Isabelle étant enfant unique, la duchesse a pris l’habitude de prendre sa fille partout avec elle et de l’inclure dans son travail. «Elle m’accompagne beaucoup dans mon quotidien et nous partageons de nombreux moments. Elle est aimante et a un grand sens esthétique. J’aime beaucoup l’écouter parler sans interférer et elle a généralement tout à fait raison dans ses jugements en termes d’esthétique. C’est très sensé». En termes d’esthétique, Diana et sa mère Claudine sont également en accord. L’une comme l’autre sont proches du célèbre décorateur Jacques Grange, comme elles l’ont confié à Point de Vue.

Claudine, veuve du duc de Cadaval, et sa petite-fille, la princesse Isabelle d’Orléans (Photo : David Nivière/Abacapress)

Dans les années 70 déjà, Jacques Grange a aidé Claudine et son époux à décorer leur maison d’Estoril. C’est donc tout naturellement à lui qu’ont pensé Diana et Claudine pour réaménager le restaurant de leur palais. Le palais des ducs de Cadaval surplombe la ville médiévale d’Évora. Le palais est la propriété des Cadaval depuis 600 ans, situé à côté des vestiges d’un temple romain du IIe siècle. Le palais a été construit sur les ruines d’un château maure au Moyen-Âge. L’église du palais est recouverte à l’intérieur d’azulejos peints dans la plus pure tradition. Le site officiel du palais nous apprend qu’il a servi de résidence temporaire aux rois Jean II, Jean IV et Jean V. (Jean IV est par ailleurs un ancêtre de la duchesse de Cadaval). Le palais a également été utilisé comme lieu d’emprisonnement du duc Fernand II de Bragance, accusé de conspiration contre le roi Jean II et décapité par la suite sur une place d’Évora, en 1483.

Claudine, Isabelle et Diana : leur palais à Évora

Lorsqu’elles ne sont pas à la plage, c’est au palais des ducs de Cadaval que les trois femmes supervisent les travaux en cours. Elles sont en train de refaire la toiture du palais et aménagent donc le nouvel espace du restaurant de ce lieu unique, ouvert au public. L’année prochaine le palais des Cadaval présentera une exposition à l’occasion des 60 ans de la maison de couture d’Yves Saint Laurent. Alexandra, la sœur de la duchesse de Diana travaille également à la préservation et à la valorisation de ce patrimoine familial.

Comme nous vous en faisions part récemment, la duchesse de Cadaval a sorti une collection de sacs bradés. Ces sacs de type clutch sont en raphia et brodés de motifs d’insectes, d’animaux marins ou de végétaux. Les sacs sont vendus dans une boutique qu’affectionne la duchesse Diana à Comporta. En plus, Point de Vue nous apprend qu’elle est impliquée dans le développement d’un projet immobilier à Carvalhal.

Les sacs brodés de la duchesse de Cadaval (Photo : Instagram)

Les ducs de Cadaval depuis les ducs de Bragance

En 1112, Alphonse de Bourgogne, fils d’Henri de Bourgogne devient comte de Portugal, puis Alphonse 1e, premier roi de Portugal en 1139. La dynastie des Bourgogne règnera sur le Portugal jusqu’en 1385. Monte sur le trône à cette date, Jean 1e, fils illégitime de Pierre 1e, et fonde la dynastie Aviz, du nom de l’ordre militaire dont il était le grand maitre. Les rois de la dynastie Aviz règneront jusqu’en 1580, remplacés par les Habsbourg, remplacés eux-mêmes en 1640 par les Bragance.

Jean 1e, premier roi de la dynastie Aviz, aura deux enfants illégitimes avec Inès Pires : Alphonse et Béatrice. Il donnera à son fils Alphonse le titre de duc de Bragance sans savoir qu’il venait de créer-là l’une des plus puissantes branches de la famille. Les Bragance monteront sur le trône en 1640 avec Jean IV.

Jean 1e avait fait d’Álvares Pires de Castro le 1e connétable de Portugal en 1382. Un titre créé pour la première fois dans le pays. Le connétable était autrefois le second homme du pays, qui secondait le roi et le remplaçait en cas d’absence. Pour ses services rendus, le fils d’Álvares, Pedro de Castro, sera à son tour distingué par Jean 1e, et sera fait seigneur de Cadaval et Peral. Un titre héréditaire pouvant être transmis également à travers les branches féminines. Son fils Jean sera le 2e seigneur de Cadaval et sa petite-fille Jeanne, la 3e dame de Cadaval.

Jeanne de Castro, 3e dame de Cadaval épousera Ferdinand, 2e duc de Bragance, fils d’Alphonse de Bragance et petit-fils du roi Jean 1e. Jeanne transmettra son titre de Cadaval à son fils, Álvaro, devenant à présent un titre de la famille de Bragance. Álvaro fut aussi créé seigneur de Tentúgal. Álvaro transmit à son tour ses titres à son fils Rodrigo.

Rodrigo, né à Évora en 1468, est connu comme Rodrigo de Melo, abandonnant le patronyme de Bragance. Le nom de Melo est celui de sa mère, Filipa. Il est considéré comme le fondateur de la maison de Cadaval. Sa seigneurie de Tentúgal est élevée en comté par le roi en 1504 et Jean III le crée aussi marquis de Ferreira en 1533. Rodrigo de Melo a épousé Leonor de Almeida Pereira en 1510. Elle laissera le nom Pereira à sa descendance.

Les titres de marquis de Ferreira et de comtes de Tentúgal se transmettent de père en fils sur plusieurs générations, ayant toujours avec eux d’autres titres subsidiaires, dont celui de seigneur de Cadaval. En 1648, Nuno Álvares Pereira de Melo voit sa seigneurie élevée au rang de duché par Jean IV en récompense pour son rôle durant la guerre de Restauration. Il devient donc le 1e duc de Cadaval. Comme son père, il était aussi devenu connétable de Portugal. Les titres de comte de Tentúgal et marquis de Ferreira, désormais inférieurs, deviennent des titres subsidiaires. Les titres subsidiaires sont habituellement portés par l’héritier.

L’arbre généalogique complet des ducs de Cadaval depuis la branche de Bragance. Ils descendent d’une branche féminine des seigneurs de Cadaval de la famille de Castro (Image : Histoires Royales – Reproduction interdite)

Les titres ont été transmis de génération en génération, restant toujours dans le giron de la famille Pereira de Melo, et ce jusqu’à l’abolition de la monarchie en 1910. Ils continuent à être transmis par courtoisie.

Le 10e duc de Cadaval a eu 4 filles, deux de son premier mariage civil et deux de son second mariage, civil et religieux. L’aînée de son deuxième mariage, Diana, a hérité du titre principal et a été reconnue comme duchesse de Cadaval par le duc de Bragance, prétendant au trône du Portugal. Néanmoins, l’aînée du premier mariage, demi-sœur de Diana a reçu un nouveau titre créé pour elle, celui de duchesse de Cadaval-Hermès, et a hérité des titres subsidiaires.

L’arbre généalogique de Diana de Cadaval et la parenté avec son époux, jusqu’à Louis XIV (Image : Histoires Royales – Reproduction interdite)

En 2008, la duchesse Diana Álvares Pereira de Melo a épousé le prince Charles-Philippe, duc d’Anjou, descendant des rois de France et cousin du comte de Paris, actuel prétendant au trône de France. La duchesse de Cadaval est une lointaine cousine du prétendant au trône du Portugal, qui est aussi le parrain de la petite Isabelle d’Orléans.

Charles-Philippe d’Orléans et son épouse Diana sont plusieurs fois apparentés. Ils descendent tous les deux du roi Robert II de France (972-1031), Charles-Philippe via la succession des rois de France, Diana via la maison royale portugaise de la dynastie de Bragance. Les Bragance descendent de la maison de Bourgogne, elle-même descendante de Robert II de France par son plus jeune fils, le duc de Bourgogne. Le plus proche ancêtre commun entre Diana et Charles-Philippe est le roi François 1e des Deux-Siciles.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr