Alerte à la bombe : un Français s’en prend au prince de Liechtenstein

« Je suis prêt à tuer quelqu’un », a déclaré un Français d’un ton très calme, en anglais, en s’adressant au téléphone à la secrétaire du Palais princier de Vaduz. L’homme qui souffre de troubles schizophréniques, a ensuite déposé deux colis suspects au Liechtenstein, dont l’une devant le bâtiment du parlement. L’homme désespéré, qui reprochait à la famille princière de l’ignorer, a été condamné à une peine de prison.

Le schizophrène voulait attirer l’attention de la famille princière en déposant des colis suspects à Vaduz Le prince souverain Hans-Adam II et son fils, le prince héréditaire Alois de Liechtenstein (Photo : Fürstenhaus)

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Un Français a déposé deux bombes factices à Vaduz

Le 9 septembre 2020, un quinquagénaire a déposé deux colis suspects, l’un devant le parlement d’État, l’autre devant la banque LGT, à Vaduz. L’alerte à la bombe a provoqué un blocage total dans les rues de la capitale de la principauté du Liechtenstein, jusqu’à ce que les équipes de la police découvrent qu’il s’agissait de paquets contenant simplement du sucre. L’homme qui a déposé les bombes factices a rapidement été arrêté par la police, après avoir pris tranquillement un bus et être descendu quelques arrêts plus loin.

Hier, s’est déroulé le procès de cet homme, qui a avoué les faits, et s’est expliqué à la barre. Outre les deux colis suspects, l’homme a également proféré des menaces de mort à l’encontre de la famille princière et a dégradé des bâtiments publics. Au tribunal, l’homme d’origine française admet qu’il ne s’attendait pas à ce que la police s’en mêle. « Je voulais juste l’attention de la famille princière », explique-t-il devant le juge, comme le rapporte le journal local Vaterland. Tenant des propos confus, l’accusé avoue souffrir de schizophrénie depuis des années, et prétend également être en bons termes avec la famille princière, qu’il connaitrait depuis les années 80.

Un homme a déposé un colis suspect devant l’entrée du parlement (bâtiment au toit en pente au fond). À l’avant-plan le bâtiment du gouvernement. En hauteur, on devine le château qui surplombe Vaduz (Photo : WikiCommons)

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Le schizophrène voulait attirer l’attention de la famille princière

Le poseur de fausses bombes est un ancien banquier, qui a perdu son travail il y a quelques années, à cause de sa maladie mentale. Selon lui, lorsqu’il travaillait à la banque, il aurait conseillé la famille princière sur des placements à réaliser auprès de Microsoft. Pour ses bons services, l’homme estime que la famille princière devrait le remercier. Depuis lors, il tente par tous les moyens d’attirer l’attention du prince souverain Hans-Adam II ou de son fils, le prince héréditaire Alois.

Le Français serait arrivé au Liechtenstein deux jours avant de poser ses bombes factices. Il venait de passer des vacances en Autriche, où il aurait vécu un épisode difficile, vivant reclus dans sa chambre d’hôtel. Avant de passer à l’acte, espérant enfin attirer l’attention de la famille, il a d’abord tenté d’avoir le souverain au téléphone. L’homme a appelé le château de Vaduz et est tombé sur la secrétaire. Il s’est exprimé en anglais. « Il a dit qu’il était très en colère contre le prince et le prince héréditaire », a déclaré la secrétaire, appelée à témoigner hier au tribunal. D’une voix calme, il aurait finalement dit au téléphone : « Je suis prêt à tuer quelqu’un ».

L’homme a proféré des menaces à l’encontre de la famille princière au téléphone avec la secrétaire du château de Vaduz (Photo : Domaine public)

C’est alors que l’homme s’est rendu dans un magasin de la capitale où il a volé six bouteilles de vin blanc. Il les a ensuite jetées sur la façade du parlement. Le secrétaire d’État, inquiété par le bruit des éclats de verre, a ouvert la fenêtre et a demandé à l’homme d’arrêter de briser les bouteilles sur la façade. En colère, il a ensuite visé le ministre avec une bouteille, ratant sa cible. Selon lui, il voulait seulement l’effrayer parce qu’il n’avait aucune intention de le rencontrer, rappelant que le but de la manœuvre n’était pas d’attirer son attention mais uniquement celle de la famille princière.

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Il a été jugé en possession partielle de ses moyens au moment des faits

L’homme a admis tous les faits, rappelant tout de même qu’il n’est pas coupable car il souffre de schizophrénie. Dans son discours peu clair, l’accusé raconte à la fois ne vouloir aucun mal à la famille, car il dit entretenir de bonnes relations avec elle, et à la fois vouloir attirer son attention coûte que coûte. Il demande également qu’on lui fasse suivre un traitement approprié, ne pouvant prendre que quelques médicaments depuis qu’il est incarcéré en septembre dernier.

Le schizophrène a été jugé au tribunal de Vaduz (Photo : Asurnipal/WikiCommons)

Le rapport psychiatrique de l’expert confirme l’état psychologique trouble de l’accusé. Le médecin confirme également qu’un traitement approprié lui permettrait d’améliorer son état. Cependant, le psychiatre exclut le fait qu’il ait agit uniquement lorsque son état mental était altéré. Pour lui, le fait qu’il ait déclaré avoir spécifiquement choisi du vin blanc pour ne pas faire de taches avec le vin rouge, prouve qu’il avait de la suite dans les idées et était assez lucide pour commettre des actes délibérés.

L’avocat de l’accusé a plaidé en rappelant la vie difficile de cet homme, traumatisé dans son enfance par le divorce de ses parents et les agressions sexuelles dont il a été victimes. Le juge a rendu son verdict, condamnant l’homme à 20 mois d’emprisonnement dans un établissement pénitentiaire médicalisé, considérant l’homme comme étant en partie en possession de ses moyens au moment des faits.

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Source : Vaterland

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef - Rédacteur sénior

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr