Le courrier d’Elizabeth II écrit pendant la plus grosse crise politique en Australie sera rendu public

La Haute Cour d’Australie s’est prononcée en faveur d’une historienne qui souhaite connaitre les dessous de la plus grande crise politique qu’ait connue l’Australie. Les courriers envoyés par la reine Elizabeth à son gouverneur général australien dans les années 70 peuvent être rendus publics et ils devraient être lus prochainement. Il s’agit d’environ 200 courriers échangés entre la reine Elizabeth et Sir John Kerr. Le contenu des lettres permettra de connaitre l’implication ou la connaissance de la reine Elizabeth dans le limogeage du gouvernement australien 1975.

Les lettres de la reine Elizabeth bientôt rendues publiques (Photo : capture ITV)

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Les échanges entre la reine Elizabeth et son gouverneur général bientôt publics

La Haute Cour australienne s’est prononcée à la majorité en faveur de la demande de l’historienne Jenny Hocking, qui souhaitait casser les précédentes décisions de la justice, qui avaient déclaré personnels et confidentiels les échanges de courrier entre la reine Elizabeth et Sir John Kerr. John Kerr fut gouverneur général de l’Australie entre 1974 et 1977. Le gouverneur général est la personne qui représente physiquement le monarque britannique dans les autres pays dont il est également chef d’État. En 1975, le gouverneur général John Kerr ordonna le renvoi du Premier ministre Gough Whitlam et de son gouvernement. Le limogeage a ensuite provoqué la plus grande crise politique et constitutionnelle du pays.

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Que savait la reine Elizabeth concernant le limogeage du gouvernement australien en 1975 ?

L’affaire a intéressé le New York Times, qui rappelle dans ses colonnes que le limogeage d’un gouvernement élu par les Australiens par la seule volonté d’une personne représentant « l’autorité d’un monarque britannique a déclenché une crise politique qui a poussé de nombreuses personnes à demander à l’Australie de rompre ses liens constitutionnels avec la Grande-Bretagne et de créer une république avec un président australien. Les soupçons d’un complot de la CIA persistent ».

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La lecture des lettres est déjà retardée

Jenny Hocking, historienne et biographe de Gough Whitlam, avait déclaré qu’elle s’apprêtait à lire les 211 courriers en question, dès que les mesures sanitaires le permettraient. Cette semaine, la mauvaise nouvelle est tombée pour elle, qui se bat devant la justice depuis 4 ans pour que ces lettres soient rendues publiques. Il faudra finalement attendre au minimum 90 jours pour que les Archives nationales fournissent les courriers. Il se pourrait également que des parties soient censurées. Les Archives sont en possession du courrier depuis 1978 et comme tout document d’État, il pouvait être rendu public au bout de 31 ans. Cependant, un accord convenu entre Buckingham, le gouvernement australien et les Archives nationales permettait que les lettres restent confidentielles jusqu’en 2027. Et encore, à cette date, il aurait fallu l’accord de la reine Elizabeth et de son gouverneur général pour qu’elles soient rendues publiques. Les précédentes actions en justice de Jenny Hocking qui visaient à mettre fin à cet accord, avaient échoué. La Haute Cour australienne lui a donné raison, à six voix contre une.

Le principal mouvement antimonarchique australien s’est félicité de la nouvelle, bien qu’il soit déçu du retard annoncé dans la lecture des lettres. L’Australian Republic Movement a été fondé en 1991. Il est dirigé par le journaliste activiste Peter FitzSimons. Si nous ne connaissons pas l’ampleur du mouvement, il est suivi par 37 000 personnes sur Facebook et 20 000 personnes sur Twitter.

Sources : The New York Times et Young Witness

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef - Rédacteur sénior

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés par passion. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales.