Delphine de Saxe-Cobourg : « Je ne demande plus rien : mon but n’était pas d’abîmer Albert II »

Depuis le 1e octobre, l’artiste Delphine Boël s’appelle Delphine de Saxe-Cobourg et porte le titre de princesse de Belgique, suite à la décision de justice de la Cour d’appel de Bruxelles qui met fin à 7 ans de combat en reconnaissance de paternité. La fille du roi Albert II a accordé un entretien exclusif au journal Le Soir, suite à cette épopée judiciaire dont elle en sort apaisée.

S.A.R. Delphine de Saxe-Cobourg, princesse de Belgique, revient sur ces 7 années d’épopée judiciaire en quête de reconnaissance de paternité du roi Albert II (Photo : Olivier Polet/Reporters/ABACAPRESS.COM)

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La justice était une manière civilisée d’être reconnue comme Delphine de Saxe-Cobourg

La princesse Delphine a répondu aux questions de Martine Dubuisson dans un entretien à cœur ouvert, quelques jours à peine après la décision finale de justice, qui lui a permis d’adopter le nom de famille de son père biologique et de porter le titre de princesse de Belgique, au même titre que ses demi-frères et sa demi-sœur. Sa fille Joséphine et son fils Oscar deviennent eux aussi princesse et prince de Belgique.

Delphine de Saxe-Cobourg se souvient : « Quand j’ai commencé, j’étais dans un désespoir total. Je n’ai jamais cru que cela irait jusque-là. Je pensais plutôt qu’un moment, il y aurait un geste d’Albert, qu’il dirait que ce serait peut-être une bonne idée de communiquer, de voir comment on pourrait s’arranger. »

La princesse Delphine affirme avoir tenté à de nombreuses reprises de contacter le roi Albert II pour établir le dialogue et régler cette affaire en privée. Le Roi étant très entouré et le dernier coup de téléphone qu’elle a pu avoir avec lui, durant lequel il lui a raccroché au nez en lui disant qu’elle n’était pas sa fille, l’ont finalement poussée à régler cette histoire de « la manière la plus civilisée (…) que la loi s’en occupe. Que la loi dise si j’avais raison ou pas. »

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Depuis ses 17 ans, âge auquel sa mère, la baronne Sybille de Selys Longchamps lui a révélé l’identité de son père, Delphine Boël s’exprimait à travers l’art. Mais à la naissance de sa fille, Joséphine O’Hare, elle aussi devenue princesse de Belgique suite à l’action en justice, « tout est sorti et je me suis demandé comment on pouvait traiter un enfant comme ça. Et j’ai eu ce besoin. » C’est alors qu’elle s’est lancée dans son combat judiciaire qu’elle ne souhaitait pas aussi violent à l’encontre du Roi : « Mon but n’était d’ailleurs pas d’abîmer Albert. Mon Dieu non ».

Delphine Boël entourée de ses trois avocats : l’avocat principal Me Marc Uyttendaele (gauche), Me Yves-Henri Leleu et Me Alain De Jonge (Photo : histoiresroyales.fr)

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La princesse Delphine a terminé son combat

Depuis 1999, lors de la sortie du livre sur la reine Paola, dans lequel son existence a été révélée au grand public, Delphine est sous les feux des projecteurs, malgré elle, alors qu’elle avait pris soin de taire son secret toute sa vie, même à ses proches et à ses amis. Delphine de Saxe-Cobourg parle d’une « célébrité de la honte. J’étais toujours un peu la scandaleuse, le linge sale, la fauteuse de troubles. Grâce au système judiciaire qui m’a donné raison, qui a confirmé que c’était la chose juste à faire, c’est comme si je peux maintenant vivre vraiment. J’existe. Et j’ai surtout le droit d’exister. »

Delphine, dont les relations avec sa mère ont également été détériorées ses dernières années suite à ce long combat, explique également avoir été la cible d’insultes et de messages violents de la part de certaines personnes qui ne comprenaient pas sa démarche. Que ces personnes soient rassurées, la nouvelle princesse l’affirme : « Je ne demande plus rien. »

Delphine n’attend pas à être invitée aux repas de famille ni aux événements officiels. Elle comprend que chacun a besoin maintenant de guérir mais pour sa part, la démarche s’arrête ici. Si on en croit ses réponses, on comprend également qu’elle ne demandera ni dotation ni sa place dans l’ordre de succession. Delphine confirme : « Je ne suis plus du tout en attente et je ne demande plus rien », ni du roi Philippe ni de la part de son père.

Delphine pense à sortir un livre (Photo : Abacapress.com)

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Pour conclure, Delphine de Saxe-Cobourg, qui continuera à signer ses œuvres d’un simple « Delphine », pense à écrire un livre. Elle a confirmé à demi-mot à la journaliste que le projet était en cours de réflexion. « L’écriture, comme l’art, va permettre d’avoir un certain pardon. Je pense que je dois le faire pour que ça finisse vraiment.  »

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Source : Lire l’interview sur Le Soir+

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr