Ingrid Sartiau garde espoir que Juan Carlos la reconnaisse comme sa fille : « J’ai des lettres qui le prouvent »

La Belge Ingrid Sartiau, qui se bat depuis des années pour que le roi émérite Juan Carlos la reconnaisse comme sa fille, ne perd pas espoir. La victoire de sa compatriote, Delphine de Saxe-Cobourg, qui a été reconnue par la justice belge (et par son père) comme étant la fille naturelle du roi Albert II, lui donne une lueur d’espoir, même si la justice espagnole s’est montrée moins clémente envers elle, jusqu’ici. Ingrid pourrait dégainer de nouvelles preuves, si on lui permettait de porter sa requête devant un tribunal : « J’ai des lettres ».

La fille cachée de Juan Carlos espère pouvoir obtenir la même reconnaissance que Delphine de Saxe-Cobourg de la part de son père biologique (Photo : Reproduite avec l’aimable autorisation d’Ingrid Sartiau)

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La cas de Delphine redonne de l’espoir à Ingrid Sartiau qui compte prouver sa filiation avec Juan Carlos

Ingrid Sartiau a répondu à une interview d’OKdiario afin de s’exprimer suite à la victoire de Delphine Boël, qui peut dorénavant s’appeler Delphine de Saxe-Cobourg et porter le titre de princesse de Belgique. Ingrid s’est dit« très heureuse pour Delphine et sa famille. » Pour obtenir gain de cause, celle qui prétend être la fille de Juan Carlos se rend bien compte que Delphine a obtenu sa victoire suite à « une grande bataille et son succès m’encourage à continuer (…) c’est dommage qu’il faille se battre pour gagner la reconnaissance ».

En Espagne, les tribunaux se sont montrés beaucoup moins favorables envers Ingrid Sartiau. Elle n’a pas encore eu la possibilité de porter son affaire en justice. En effet, en 2015, la Chambre civile de la Cour suprême a rejeté la possibilité de demander un test ADN à Juan Carlos, par 7 voix contre et 3. À l’époque, l’argument était l’interdiction de porter le Roi devant la justice, pourtant, cela faisait déjà un an que Juan Carlos avait abdiqué en faveur de son fils, et ne bénéficiait plus de l’immunité du souverain.

Les motivations d’Ingrid Sartiau avaient également été pointées du doigt, la justice estimant que sa requête cachait des intentions malhonnêtes. Pourtant, il y a quelques années, la Belge assurait qu’elle n’attendait aucune compensation financière : « Mon seul souhait est d’être reconnu, ce n’est pas une question d’argent. Je travaille comme tout le monde. S’il y avait une sorte d’héritage, cela devrait revenir au peuple espagnol ».

La fille d’Ingrid Sartiau avec son ancêtre présumé. Si Ingrid est bien la fille de Juan Carlos, elle est également la descendante du roi Louis XIV (Photo : Reproduite avec l’aimable autorisation d’Ingrid Sartiau)

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Ingrid Sartiau possède des lettres qui prouvent la paternité de Juan Carlos

« J’ai beaucoup de patience, je vais continuer à me battre », affirme Ingrid. Dans son interview avec Okdiario, elle explique ne pas désespérer d’un jour obtenir la reconnaissance qu’elle souhaite, même si actuellement le timing pose problème. Elle sait que le roi Juan Carlos est en exil et est en mauvaise posture.

Questionnée sur la démarche de Delphine, Ingrid explique qu’elle ne demande même pas le droit d’obtenir le nom de Bourbon, bien qu’elle pourrait l’accoler à son nom de famille actuel, car elle veut continuer à porter le nom de sa mère. Lilian Sartiau, qui aurait eu une relation il y a 54 ans avec Juan Carlos, est morte il y a quelques mois. Aucun titre de noblesse n’est demandé par Ingrid : « Je demande au roi Juan Carlos de m’écouter, de rencontrer mes enfants, de pouvoir lui dire que je vais avoir un petit-fils. Je veux l’amour de mon père, même si je sais que ce ne sera pas possible ».

Ingrid Sartiau, qui affirme qu’elle aurait entamé la même démarche si elle avait appris que son père était boucher, se sent maintenant prête à débarquer à Madrid, avec un dossier préparé par ses avocats. Si la situation sanitaire le permet, elle compte se rendre en Espagne d’ici la fin de l’année. « J’ai des lettres qui prouvent que Juan Carlos est bien mon père ». Elle espère pouvoir obtenir la reconnaissance de son géniteur, avant « qu’un jour je reçoive de mauvaises nouvelles. Comment lui dirais-je au revoir ? ».

Sur ses réseaux sociaux, Ingrid continue à envoyer des messages, dans l’espoir qu’ils finissent par atteindre son père biologique. Comme en juin de cette année, lorsqu’à l’occasion de la fête des pères, elle écrivait naïvement sous forme de poème : « On m’a dit c’est pour l’argent. On m’a dit c’est pour le titre. Mais je dis simplement. Bonne fête papa, malgré sa situation ».

Ingrid Sartiau prépare un dossier pour se présenter prochainement devant la justice espagnole (Photo : Reproduite avec l’aimable autorisation d’Ingrid Sartiau)

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Plusieurs personnes affirment aujourd’hui être le fils ou la fille illégitime de Juan Carlos. Un autre cas connu est celui de Albert Solá Jiménez, né en 1956. Albert Solá, quant à lui, ne croit pas que celui qu’il dit être son père biologique, reconnaitra un jour ses enfants illégitimes. La moins connue est María Alexandra, qui elle n’a pas encore porté son affaire en justice, mais elle aussi ne perd pas espoir. Elle a récemment expliqué en interview qu’elle pense que le roi Felipe demandera à son père de reconnaitre ses enfants illégitimes afin de prouver la transparence de la monarchie.

Sources : Okdiario, Marie-Claire

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef - Rédacteur sénior

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr