Les maitresses du défunt marquis de Bath bientôt expulsées de Longleat ?

Le marquis de Bath, Alexander Thynn, est décédé le 7 avril dernier, des suites du coronavirus. Cet aristocrate anglais, mort à 87 ans, est bien connu des tabloïds britanniques. Depuis toujours, sa vie colorée et exubérante a permis d’écrire des kilomètres de lignes à son sujet. Bien que marié depuis 1969 à la Hongroise Anna Gael, le marquis est réputé pour avoir eu au moins 75 maitresses, des femmes qu’il appelait des wifelets et qui vivaient dans les dépendances de la demeure familiale, la propriété de Longleat. Aujourd’hui, ses dernières maitresses pleurent la mort de celui qui les entretenait et elles risquent l’expulsion, le fils d’Alexander, Ceawlin, n’ayant jamais apprécié les frivolités de son père.

La Longleat House, construite au 16e siècle pour John Thynne, ancêtre des marquis de Bath (Image : WikiCommons)

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La vie de l’excentrique marquis polygame

Alexander Thynn, 7e marquis de Bath, était un artiste, un homme haut en couleurs, y compris dans sa façon excentrique de s’habiller. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, derrière cette allure folklorique, cet homme gérait l’une des plus belles propriétés britanniques. La famille Thynne (Alexander a fait enlever un « e » en 1976) a fait construire la propriété de Longleat au 16e siècle. Le chef de famille, qui portait un titre de baronnet depuis le 17e siècle, qui est devenu un titre de vicomte et enfin celui de marquis de Bath en 1789, est également le propriétaire de Longleat.

Un parc safari a été aménagé autour de Longleat (Photo : WikiCommons)

Depuis 1966 le domaine de Longleat, qui entoure la magnifique demeure, abrite un parc sur le thème du safari, ouvert au public et permettant de générer des revenus considérables. Un train circule dans le parc et permet de traverser les enclos des rhinocéros ou des tigres. Pour la petite histoire, les wagonnets du train portent les prénoms des petits-enfants du marquis et celui de son fils, Ceawlin. Ceawlin, qui portait le titre subsidiaire de son père, celui de vicomte Weymouth, jusqu’à sa mort, est à présent le 8e marquis de Bath. Son épouse, Emma, d’origine nigériane devient par ailleurs la première marquise britannique d’origine africaine.

Ceawlin Thynn, devenu 8e marquis de Bath, à la mort de son père. Ici avec son épouse Emma, leur fils John Alexander, devenu vicomte Weymouth et Henry Richard Thynn

La mort d’Alexander Thynn va peut-être provoquer des changements dans l’organisation du parc à thème. Que va en faire son héritier ? Toujours est-il que concernant la Longleat House, le nouveau marquis de Bath compte bien en prendre possession et par conséquent, se débarrasser des invitées encombrantes de son défunt père. Il faut dire que les relations entre Ceawlin et son père ont parfois été compliquées. Avec sa mère aussi, d’ailleurs. Ni Alexander ni Anna Gael n’ont assisté au mariage de leur fils avec Emma, pour des raisons différentes. La maman de Ceawlin n’a jamais accepté que son fils épouse une roturière d’origine africaine, quant au père de Ceawlin, il avait simplement un différend avec son fils concernant la gestion de Longleat…

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Que vont devenir les maitresses du marquis de Bath ?

Les maitresses du marquis commencent à parler. L’une d’elle s’est exprimée dans la presse britannique. Alexander Thynn les appelait lui-même ses wifelets, qu’on pourrait traduire en « femmelettes ». Une d’elles explique à Daily Mail : « C’est moi qui aie eu la plus longue relation, la plus émotionnelle, la plus sexuelle ». Amanda Doyle, 55 ans, a accepté de parler dans la presse car elle veut faire connaitre sa situation depuis la mort de son amant. Elle vit à Longleat depuis 2004 et elle était connue comme étant la « femmelette 69 ». Elle avait rencontré le marquis de Bath il y a 23 ans lors d’une soirée de Tommy Hilfiger.

Amanda Doyle, il y a 15 ans, lorsqu’elle essayait de tomber enceinte d’Alexander Thynn

« On était des âmes sœurs. Il était toute ma vie ». Amanda revendique être la numéro un dans son cœur, malgré qu’elle soit la 69e. Pourtant, Daily Mail a également interviewé Trudi Juggernauth-Sharma, la numéro 68, qui elle aussi prétend être la « maitresse favorite » et la dernière que la marquis continuait à voir sur la fin de sa vie. « Je connaissais Lord Bath mieux que quiconque au monde », se targue la numéro 68, âgée de 60 ans. Elle raconte avoir eu le coup de foudre en 1998, lorsqu’elle l’a aperçu engloutir un maquereau lors d’une réception londonienne.

Trudi Juggernauth-Sharma avec le marquis de Bath

Le domaine de Longleat est tellement grand, que le marquis pouvait héberger plusieurs de ses maitresses, sans les obliger à se côtoyer. « Je n’ai aucun lien avec elles », rétorque Trudi lorsqu’on lui demande quelle est sa relation avec les autres wifelets. Au moment de sa mort, 3 femmelettes vivaient encore sur le domaine, Amanda, Trudi et Mariella Antonella. Cette dernière ne veut pas s’exprimer dans la presse. Durant les dernières années de sa vie, le marquis de Bath vivait reclus dans ses appartements, accessibles par une porte fermée avec un code. Les relations avec ses maitresse étaient devenues platoniques et les prouesses sexuelles de l’ancien coureur de jupons ne se devinaient plus qu’à travers la galerie de portraits de ses 75 maitresses pendus au mur d’un couloir. L’une des salles de la Longleat House a également comme peinture murale des représentations du kama sutra.

Le marquis de Bath et Mariella Antonella en 1998

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« Il y avait beaucoup de jalousies et de coups bas. Tellement de femmes se jetaient à ses pieds, pensant pouvoir avoir quelque chose. Quelques unes restaient avec lui à la maison mais c’était moi qui était dans son lit », raconte Amanda. «Je ne les ai jamais vues comme des menaces. Il m’aimait sincèrement. » Selon Amanda, il y a une quinzaine d’années, elle aurait suivi un traitement afin d’avoir de nombreux bébés avec la marquis, par fécondation in-vitro. Une période qu’aurait très mal vécu sa rivale, Trudi. Amanda a fini par tomber enceinte en 2008, mais elle a fait une fausse-couche et perdu le bébé.

Amanda raconte que le marquis ne lui a jamais « dit qu’il était désolé. Je ne lui ai pas demandé de quitter sa femme. Je ne comptais pas sur lui pour l’argent et j’avais gardé ma dignité et mon indépendance. Alexander a toujours voulu avoir autant d’enfants de moi que la médecine nous le permettrait. » Par ailleurs, le marquis a bien eu un enfant illégitime en 1999 avec une de ses wifelets. L’identité de cet enfant a été rendu public bien des années après sa naissance.

Le sort des trois wifelets restantes est à présent incertain. Elles vivent à Longleat depuis plus de 10 ans et elles n’ont nulle part d’autre où aller. Elles ont vu leur quotidien changer dès le mois de mars, alors qu’Anna Gael, marquise de Bath, et épouse légitime d’Alexander est revenue en Angleterre. Anna Gael, qui a toujours accepté la polygamie de son mari, vivait quant à elle la plupart du temps à Paris, avec son amant. Lorsque le confinement a été annoncé, elle est retournée à Longleat. Selon Amanda, la marquise n’aurait pas vu son époux lors des derniers instants de sa vie, n’échangeant que par téléphone. Le marquis a ensuite été contaminé par le covid-19 et a été emmené à l’hôpital. Il y mourut et c’est un ami de la famille qui a annoncé la nouvelle à Anna Gael.

Cela fait déjà 6 ans que Ceawlin aide son père à gérer le domaine. Ils ont néanmoins eu de nombreux différends à ce sujet. Que va-t-il advenir des wifelets ? Selon Amanda, le marquis lui aurait offert un cottage sur le domaine et par conséquent celui-ci lui reviendrait. Elle aurait entamé des procédures pour faire reconnaitre son droit à la propriété. Mais Trudi se montre bien moins optimiste, comprenant que même si elle aussi a « hérité » d’un logement, légalement rien ne prouve que celui-ci lui appartient.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr