Le petit-fils de Mandela prend position dans la guerre du trône au royaume des Thembu

Depuis la sortie de prison du roi Buyelekhaya Dalindyebo en décembre dernier, les murs du palais de Bumbane ne font que trembler. En sortant de prison, le roi a découvert que son fils, le prince Azenathi avait pris son trône et se prétendait être le roi des Thembu, un royaume traditionnel reconnu de plein droit par la constitution sud-africaine. Le roi Dalindyebo, fou de rage a tenté d’assassiner son fils à la hache en pleine nuit. Il y a quelques jours, le roi a abattu ses dernières cartes en répudiant son fils et exigeant un test ADN, prétendant ne pas être son père biologique. On apprend que d’éminents chefs de clans, dont Zwelivelile “Mandla” Mandela, petit-fils de Nelson Mandela prennent position et soutiennent le roi décrié à la suite d’une réunion exceptionnelle réunissant tous les chefs des familles royales des Thembu.

Le roi Buyelekhaya Dalindyebo des Thembu et son fils, le prince Azenathi

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À l’issue d’une réunion des chefs de clans, ils soutiennent le roi Dalindyebo

Les autorités sud-africaines ne savent pour le moment pas comment agir. Qui est le roi du royaume des AbaThembu ? Si les autorités préfèrent que la question soit réglée localement, il est fort probable qu’elles finissent par être impliquées et de devoir trancher. À présent, le roi Buyelekhaya Dalindyebo a réussi à mettre de son côté un grand nombre de chefs de clans, à l’issue d’une réunion extraordinaire à la résidence du roi à Mthatha, le palais de Bumbane étant actuellement occupé par Azenathi. A notamment pris part à cette réunion, Nkosi Zwelivelile Mandla Mandela, chef du conseil traditionnel de Mvezo, petit-fils de Nelson Mandela. Nelson Mandela est né dans la famille royale des Thembu, un royaume indépendant connu comme le Thembuland jusqu’à la colonisation britannique, appartenant au peuple xhosa.

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Le plus étonnant est que Mandla Mandela fut l’un des premiers à demander la destitution du roi Buyelekhaya Dalindyebo, faisant partie des chefs de clans ayant écrit une lettre à l’ancien président sud-africain Jacob Zuma. À présent, Mandela se serait rallié à la cause du roi. Parmi les chefs présents à la réunion organisée à huis-clos à la résidence roi (le palais étant occupé par Azenathi), il y avait Zanemvula Matanzima, dirigeant du Thembu occidental, qui est pourtant un opposant habituel du roi. Nkosi Thanduxolo Mtirara, chef de la famille royale des Ngangelizwe était également présent.

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Même Mandla Mandela change de camp

Seul Mandela a réagi à la sortie de la réunion privée : « Aujourd’hui était un jour de joie et de bonheur alors que les familles royales des AbaThembu se réunissaient à la résidence du roi à Mthatha pour une réunion historique après une longue période d’acrimonie. La réunion fait suite à la libération du roi AbaThembu, Sa Majesté Dalindyebo. » Le communiqué ne peut être plus clair quant au soutien apporté au roi, dans la guerre qui l’oppose à son fils. « Les Madibas ont accepté de mettre tous les désaccords et leurs querelles de côté et ont décidé de traiter en interne toutes les questions qui pourraient survenir à l’avenir et non dans le domaine public. Toutes les familles royales sont unies derrière le roi AbaThembu et souhaitent qu’il prenne la place qui lui revient sur le trône. »

Le roi des Thembu à sa sortie de prison en décembre 2019

Il y a quelques jours, le roi Buyelekhaya Dalindyebo a tenté de répudier son fils dans une lettre qui lui était adressé à lui et la mère du prince. Le roi espère que son fils héritier, le prince Azenathi ne soit pas son fils biologique, afin de pouvoir l’empêcher définitivement d’accéder au trône. Un trône dont s’est déjà emparé le prince Azenathi, qui a demandé à se faire appeler roi, profitant du séjour en prison de son père. Le roi avait été condamné à 12 ans de prison pour « agression aggravée », « kidnapping », « incendie criminel » et « prévarication ». Il avait été relâché après 4 ans, suite à une réduction de peine accordée par le président sud-africain Cyril Ramaphosa. Après avoir été relâché de prison, le roi Buyelekhaya Dalindyebo a violemment réagi à la prise de pouvoir de son fils, tentant au mois de mars de le tuer à la hache. Finalement, le prince Azenathi aurait accepté de se soumettre à un test ADN seulement si les 6 autres enfants du roi acceptaient eux aussi de s’y soumettre.

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Source : City Press News 24

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr