La nouvelle crypte royale très moderne où reposeront les prochains défunts de la famille royale des Pays-Bas

Ce lundi 12 décembre 2022, la presse était invitée à visiter la nouvelle crypte royale située sous la Nieuwe Kerk de Delft. L’aménagement de la crypte a nécessité des importants travaux archéologiques, scientifiques et historiques. L’espace paisible, sobre et moderne permettra d’accueillir 24 cercueils des défunts de la famille royale dans le futur.

Lire aussi : L’hôtel des Invalides : un hospice militaire haut lieu de l’histoire royale de France

Les deux caveaux de la crypte royale de Delft ont presque atteint leur capacité maximale

Face à l’hôtel de ville de Delft, de l’autre côté de la grand-place, se trouve la Nieuwe Kerk. Cette église est connue pour abriter le caveau de la famille d’Orange-Nassau, la dynastie qui règne depuis le 16e siècle sur les Pays-Bas, aujourd’hui avec ses rois et ses reines, autrefois en tant que stathouders des Provinces-Unies. Dans le chœur de l’église se trouve le mausolée de Guillaume le Taciturne (1533-1584) et sous le chœur, on trouve l’entrée de la crypte royale.

La Nieuwe Kerk se trouve face à l’hôtel de ville de Delft (Photo : Robin Utrecht/Shutterstock/ISOPIX)
Le mausolée de Guillaume le Taciturne, qui repose dans la Nieuwe Kerk depuis 1584, se situe dans le chœur de l’église (Photo : Robin Utrecht/Shutterstock/ISOPIX)

Lire aussi : Philippe, Albert II, Astrid et Delphine se recueillent devant les tombes de leurs ancêtres dans la crypte royale

La crypte royale comprend la quasi-totalité des souverains néerlandais et des membres de leur famille depuis Louise de Coligny, quatrième épouse de Guillaume le Taciturne, décédée en 1620. La crypte se compose de deux pièces différentes, l’ancien et le nouveau caveau, reliées par un couloir. Dix personnes reposent dans l’ancien caveau et trente-cinq cercueils sont entreposés dans le nouveau caveau. Les deux espaces ayant atteint leur capacité maximale, des travaux de grande ampleur ont été entrepris pour construire une nouvelle crypte. En réalité, il reste encore une place dans le deuxième caveau.

Image de l’intérieur du deuxième caveau (Image : M. de Haenen, L’illustration Européenne/Domaine public)

Lire aussi : La reine Margrethe II visite l’église danoise de Londres lors de son traditionnel séjour privé en Angleterre avant Noël

Plus d’un demi-millier de dépouilles ont été déterrées

Entre 1396 et 1829, des citoyens de Delft ont été enterrés, là où la nouvelle crypte vient d’être creusée. Les spécialistes s’attendaient à découvrir environ 10 cercueils enterrés les uns sur les autres, mais lors des fouilles, il s’est avéré qu’il y en avait parfois jusqu’à 23. Au Moyen Âge, il s’agissait « d’un cimetière où les pauvres habitants de Delft étaient enterrés. Pour les riches, il y avait une place dans l’église près de l’autel ou du tombeau », expliquait l’archéologue Steven Jongma à NOS, en septembre 2021, alors qu’ils n’avaient encore creusé qu’1,5 mètre dans le sol.

(Photo : Erfgoed Delft – Marianne van der Quast)

En tout, ce sont 581 dépouilles qui ont été découvertes dans le sol, ainsi qu’un charnier qui comptait plus de deux cents ossements en tous genres, probablement une fosse commune. Des travaux archéologiques et des recherches ADN vont maintenant avoir lieu sur les dépouilles et les ossements qui seront enterrés ailleurs.

(Photo : Erfgoed Delft – Marianne van der Quast)

Lire aussi : L’Église Notre-Dame de Laeken

Le nouveau caveau royal était ouvert à la presse avant d’être fermé définitivement au public

Ce lundi 12 décembre, la presse était invitée à visiter le nouveau caveau de la crypte royale. Cet espace sobre et paisible n’a rien à voir avec les caves voûtées de certaines cryptes, ni les pièces parfois richement décorées que l’on retrouve dans certains pays. Le Service d’information du gouvernement (RVD) explique que la construction est en béton et qu’une sous-couche de béton a été coulée pour assurer la stabilité de l’église au-dessus. Une nouvelle porte a également été placée, en remplacement de cette pierre pesant plusieurs centaines de kilos, qui fermait l’entrée de la crypte.

Le nouveau caveau de Delft permettra d’accueillir 24 cercueils des défunts de la famille royale (Photo : Mischa Schoemaker/ABACAPRESS.COM)
Deux murs d’armoires sont prévus pour y déposer des urnes (Photo : Mischa Schoemaker/ABACAPRESS.COM)

Les murs sont recouverts d’un enduit, les portes sont en acier de couleur bronze et les plinthes sont en laiton. L’État a financé le projet à hauteur de 4,1 millions d’euros, via les portefeuilles du ministère de l’Éducation, de la Culture et des Sciences et du ministère des Affaires générales. La famille royale a également participé au financement de la crypte.

La porte d’entrée principale du nouveau caveau (Photo : RVD – Frank Hanswijk)

Il semblerait qu’il reste encore une place dans l’ancien caveau. Les derniers membres de la famille qui y ont été enterrés sont le prince Claus, en 2002, époux de l’ancienne reine Beatrix, l’ancienne reine Juliana et le prince Bernhard, les parents de Beatrix, en 2004. Beatrix, qui a abdiqué en 2013 en faveur de son fils aîné, est âgée de 84 ans. Elle a encore deux sœurs, les princesses Irène et Margriet, qui ont respectivement 83 et 79 ans.

L’espace conçu par Van Hoogevest Architecten est sobre et clair (Photo : Mischa Schoemaker/ABACAPRESS.COM)

La crypte sera fermée au public et la visite de ce lundi était une occasion unique pour pénétrer dans les lieux qui seront réservés à la famille. On y découvre aussi deux murs dans lesquels sont encastrées des armoires en bois destinées à entreposer des urnes. Des fauteuils sont aussi installés dans les couloirs pour permettre de se recueillir confortablement. Le bureau d’architecte Van Hoogevest Architecten a été commissionné pour aménager l’espace.

Avatar photo
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr