Olghina di Robilant : la dernière petite amie de Juan Carlos est décédée

Olghina di Robilant, fille du comte Carlo Nicolis di Robilant, est décédée à 87 ans, le 26 novembre 2021. La journaliste aristocrate fut notamment connue pour avoir été le dernier amour du jeune Juan Carlos, futur roi d’Espagne, avant son mariage avec Sofia. Figure de l’aristocratie, des scènes de sa vie glamour et fantasque se retrouvent dans le film La dolce vita de Felini. La presse espagnole a longtemps rapporté que Juan Carlos pouvait être le père de sa première fille.

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Une aristocrate italienne pas assez bien pour le futur roi d’Espagne

Olga Nicolis di Robilant e di Cereaglio est née le 3 novembre 1934 à Venise. Olghina di Robilant est la fille d’un comte italien et de l’Américaine Caroline Kent. Son grand-père, le comte Edmondo Nicolis, avait épousé la comtesse Valentina Mocenigo, elle-même fille du comte Anfrea Mocenigo et de la princesse Olga de Windisch-Grätz.

Sa famille possédait le somptueux Palazzo Mocenigo, loué au 19e siècle à Lord Byron, où il écrira des parties de sa célèbre pièce Don Juan. C’est dans ce cadre exceptionnel qu’Olghina vivra ses premières années. Pendant la Seconde Guerre mondiale, son père rejoint la résistance, et la famille vivra à Rome, puis aux États-Unis.

La famille rentre en Europe vers 1946 et Olghina séjournera au Portugal et en Italie, lorsqu’elle est en congé de son pensionnat en Suisse. Au Portugal, la famille retrouve notamment la famille royale de Savoie en exil et la famille royale d’Espagne, qui vit à Estoril, dans la villa Giralda. Les Robilant aimaient se retrouver à Estoril où la tante d’Olghina vivait avec son époux, António Caetano lvares Pereira de Melo, marquis de Cadaval et fils du 8e duc de Cadaval. C’est à cette période, au milieu des années 50, que la jeune Olghina tombe sous le charme d’un prince espagnol, Juan Carlos, fils du comte de Barcelone et petit-fils du dernier roi Alphonse XIII. Il avait 18 ans et elle 22. 

Olghina di Robilant sur une plage de Venise en 1958 (Photo : Mario De Biasi\Mondadori via Getty Images)

«Un béguin est né entre des compagnons de tablée. Je suis tombée amoureuse comme une collégienne. C’était une relation heureuse, amicale, sans prétention, sans compromis», expliquait l’aristocrate à El País, il y a quelques années lorsqu’elle revenait sur son flirt avec Juan Carlos. Au même moment, Juan Carlos gagnait les faveurs de Franco, qui pensait en faire son héritier. Il fallait une épouse de son rang pour ce jeune prince peut-être amené à restaurer la monarchie en Espagne. Si Juan Carlos avait un certain béguin pour Olghina, sa famille avait choisi pour lui Marie-Gabrielle de Savoie, fille du roi Humbert II.

Juan Carlos et Sofia, quelques jours avant leur mariage en 1962 (Photo : DDP Images/ABACAPRESS.COM)

Des lettres écrites par Juan Carlos à la belle italienne, qui ont été rendues publiques, prouvent de son désarroi mais il est obligé de s’y résigner. C’est finalement la princesse Sophie de Grèce qui fut préférée à Marie-Gabrielle. Sophie était la fille du roi Paul 1e de Grèce, un roi régnant, contrairement à Humbert II qui avait été déposé en 1946. Olghina avait été vivement critiquée lorsqu’elle avait vendu ces lettres d’amour à Oggi, en 1988 : «Tu sais que je suis amoureux de toi comme aucune autre fille à ce jour», lui écrivait Juan Carlos. «Mais tu sais aussi que, malheureusement, je ne peux pas t’épouser.»

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La fille d’Olghina née de père inconnu

Cette histoire entre le futur roi Juan Carlos et Olghina di Robilant a beaucoup intéressé la presse espagnole. Le célèbre journaliste et spécialiste des familles royales espagnol Jaime Peñafiel va plus loin, en écrivant cette anecdote reprise dans El Nacional. « QuandJuan Carlos se rendit de Lisbonne à Lausanne pour demander la main de Sofia, il rencontra Olghina à Rome. Il a passé la nuit avec elle dans un modeste petit hôtel». Le journaliste raconte alors que pendant leurs ébats, Juan Carlos aurait perdu dans le lit la bague qu’il devait tendre à Sofia pour faire sa demande. «Elle s’était perdue entre le couvre-lit et les draps Juan Carlos et Sofia se sont mariés en 1962.

En 1959, Olghina di Robilant a accouché en France d’une fille prénommée Paola. Célibataire à l’époque, la presse à scandale a fait de Juan Carlos le père de sa fille. Jamais Olghina n’a révélé l’identité du père de sa fille. En 1966, elle a épousé l’artiste Antonello Aglioti. Ils auront une fille, Valentina, née en 1972. Dans les années 80, Olghina expliquera qu’elle a gardé secret l’identité du père de sa fille pour le protéger. Il s’agirait d’un Romain marié.

Olghina di Robilant a écrit plusieurs romans et autobiographies, ici Sangu Blu (Sang bleu) (Photos : DR, capture Amazon/Mondadori)

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Sa vie a inspiré La dolce vita de Felini

L’aristocrate italienne a eu une vie professionnelle bien remplie, travaillant pour divers titres de presse en Italie. Olghina a publié plusieurs romans, plusieurs autobiographies et elle tenait son blog, Olgopinions, depuis 2001. En juillet 2021, l’aristocrate de 86 ans écrivait : «Après une longue période d’absence, je compte enfin me remettre à écrire sur ce blog». Son dernier article datait de 2018. En 2019, un bref message avait été publié par le webmaster pour remercier les lecteurs : «Malheureusement, pour le moment il lui est impossible de continuer à écrire», prévenait le gestionnaire du site.

Un autre épisode célèbre de la vie d’Olghina se déroula à son 24e anniversaire. Lors de cette fête, organisée au restaurant Il Rugantino de la Via Veneto à Rome, une strip-teaseuse turque prénommée Aïché Nana, a surpris les convives et la bonne société. Cet épisode qui a fait scandale dans la noblesse italienne a inspiré le réalisateur Federico Felini, qui transposa ce moment dans une scène de son film La dolce vita. Felini s’inspira aussi de sa baignade dans la fontaine de Trevi, après avoir perdu un pari, pour en faire une scène de son film,où l’on voit Anita Ekberg marcher habillée dans l’eau.

Anita Ekberg dans La dolce vita de Felini reproduit une scène inspirée de la vie d’Olghina di Robilant (Photo : domaine public)

Olghina n’avait jamais été tendre envers Felini et son film : «Il ne comprenait rien à son époque, aux coutumes et à l’atmosphère insouciante de cette période. Le déclin représenté dans sa Dolce Vita n’était pas celui de 1958», affirmait Olghina, comme le rapporte Corriere delle Sera. «Je l’ai dit à Federico, qui s’est mis en colère. Mais ensuite nous avons fait la paix». El Mundo ajoute qu’elle a eu des aventures avec certains des hommes les plus en vue de «son époque comme Alain Delon ou Tony Curtis et même avec des écrivains comme Truman Capote et Ernest Hemingway».

C’est sa fille, Valentina, qui vit à Milan qui a annoncé le décès de sa mère : « Elle est morte à côté de ses affaires et de son chien bien-aimé. Maintenant repose en paix ». Olghina est morte de suite d’une maladie à 87 ans, le 26 novembre 2021, à Limido Comasco, dans la province de Côme, où elle avait déménagé, après avoir passé la première partie de ses années années de retraite à Bolgheri, en Toscane.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr