Princesse Aiko : la fille de l’empereur du Japon porte son diadème et sa robe de gala pour célébrer sa majorité

C’était un moment très attendu pour les observateurs royaux, la princesse Aiko est apparue pour la première fois avec un diadème sur la tête et vêtue de sa robe blanche, ce dimanche 5 décembre. Deux attributs qu’elle portera dorénavant lors des cérémonies officielles de la Maison impériale. La fille unique de l’empereur Naruhito a célébré sa majorité en procédant aux différentes cérémonies habituellement réservées lors du passage à l’âge adulte des membres de la famille impériale.

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Premières photos de la princesse Aiko de Toshi avec son diadème et sa robe de gala

Ce mercredi 1e décembre, la princesse Aiko fêtait ses 20 ans, âge de la majorité légale au Japon. Actuellement à l’université Gakushuin, où elle suit un cursus en langues et en histoire japonaise, la célébration de son anniversaire était repoussée au weekend afin de ne pas déranger son planning scolaire.

Ce dimanche 5 décembre, différentes cérémonies protocolaires étaient au programme pour la jeune femme, des cérémonies répétées à l’occasion de chaque passage à l’âge adulte des membres de la famille impériale. Pour les princesses, c’est aussi l’occasion de porter pour la première fois leur diadème et leur robe de gala. Le diadème est habituellement une création faite pour la princesse et la robe de gala est toujours blanche. Le diadème quant à lui est toujours uniquement serti de diamants.

La parure de la princesse Aiko est composée d’un collier, de boucles d’oreilles, d’un bracelet et d’un diadème. Les bijoux sont toujours sertis uniquement de diamants (Photo : Pool/Jiji Press/ABACAPRESS.COM)

La princesse Aiko, fille unique de l’empereur Naruhito, qui ne pourra jamais succéder à son père à cause de la loi salique qui est toujours en vigueur au Japon, n’a quant à elle pas reçu un diadème conçu pour elle. La crise sanitaire ayant entrainé une crise économique, une politique d’austérité a été mise en place au Japon et des restrictions budgétaires ont été imposées à la Maison impériale.

La princesse Aiko a donc hérité du diadème de sa tante qui avait dû s’en séparer à son mariage, en 2005. Les princesses de la famille impériale du Japon perdent leur statut, leurs fonctions et leurs privilèges à leur mariage, considérées alors comme appartenant à la famille de leur époux. Elles doivent donc aussi rendre les bijoux qui leur avaient été offerts grâce une cagnotte de l’État.

Première photo de la princesse Aiko dans sa tenue reçue pour sa majorité, avec le diadème de sa tante Sayako sur la tête, après sa rencontre avec l’empereur Naruhito au Palais impérial ce 5 décembre 2021 (Photo : Pool/Jiji Press/ABACAPRESS.COM)

La princesse Aiko a donc porté pour la première fois ce dimanche le diadème de sa tante, l’ancienne princesse Sayako, titrée princesse de Nori, dorénavant connue comme Sayako Kuroda. Ce diadème a une origine incertaine. Probablement confectionné pour le 20e anniversaire de la princesse Sayako en 1989, il s’agirait (peut-être) déjà un héritage mais il est plus vraisemblable que ce soit une réplique d’un ancien diadème. Le diadème aux motifs végétaux, très délicat et avec un gros diamant central, ressemble très fortement à un ancien diadème porté par la princesse Masako de Nashimoto, devenue princesse héritière Bangja de Corée en 1920.

La princesse Sayako (centre) porte le diadème dont vient d’hériter la fille de l’empereur ce 5 décembre (Photo : capture d’écran vidéo)
La princesse Masako, devenue princesse héritière Bangja de Corée, porte ici le diadème identique à celui que recevra la princesse Sayako puis la princesse Aiko (Photo : domaine public)

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Cérémonies d’anniversaire des 20 ans de la fille unique de l’empereur Naruhito

Ce dimanche, c’est dans sa nouvelle tenue de gala que la princesse Aiko a visité les Sanctuaires impériaux dans la matinée. Les cérémonies consistent à déposer des offrandes aux ancêtres et aux divinités. Comme toujours lorsqu’il s’agit de la famille impériale, les cérémonies en tant que telles ne sont pas publiques.

Après s’être recueillie dans le sanctuaire, la princesse Aiko a été reçue en audience par son père, l’empereur Naruhito, 61 ans, qui a succédé à son père sur le trône de Chrysanthème en 2019. Lors de cette audience, la princesse Aiko a reçu le grand cordon de l’ordre de la Précieuse couronne. Sa mère, l’impératrice Masako assistait à la cérémonie. Peu après midi, la princesse Aiko est sortie sur le porche du Palais impérial pour se laisser photographier par les journalistes.

La princesse Aiko a été reçu dame grand cordon de l’ordre de la Précieuse couronne à l’occasion de sa majorité (Photo : Pool/Jiji Press/ABACAPRESS.COM)

Par la suite, la princesse a rejoint la voiture qui l’attendait et elle a été emmenée jusqu’à la résidence temporaire de ses grands-parents. L’abdication de l’empereur émérite Akihito en 2019 étant une première en 200 ans au Japon, c’est pourquoi le protocole a dû aussi être quelque peu aménagé pour la première fois. La princesse Aiko a donc également rendu une visite à l’ancien empereur, son grand-père. La princesse Aiko a seulement été photographiée à travers les vitres de la voiture qui la conduisait jusqu’à la résidence de l’empereur émérite Akihito et de l’impératrice émérite Michiko. À cause de la crise sanitaire, elle n’avait plus vu ses grands-parents depuis un an et neuf mois, comme le rapporte la presse nippone.

La princesse Aiko se rend en voiture jusqu’à la résidence temporaire de ses grands-parents, l’empereur émérite Akihito et l’impératrice émérite Michiko (Photo : Pool/Jiji Press/ABACAPRESS.COM)

Plus tard dans la journée, la princesse Aiko retournera au Palais impérial où seront réunis les autres membres de la famille impériale. Elle les saluera un à un, y compris quelques hauts représentants politiques du pays, parmi lesquels le Premier ministre, Kishida Fumio.

La dernière princesse japonaise à avoir fêté ses 20 ans en respectant les mêmes cérémonies était la princesse Kako, le 29 décembre 2014. La princesse Kako est la deuxième fille du prince héritier Fumihito. La princesse Kako saluera sa cousine dans la journée et sera présente au Palais impérial ce dimanche, contrairement à sa sœur ainée, Mako, qui a quitté la famille impériale lors de son mariage en octobre. Mako a également quitté le Japon il y a quelques jours pour démarrer sa nouvelle vie aux États-Unis.

Depuis ce 1e décembre, sur la quinzaine de membres que comprend la famille impériale, il ne reste plus qu’un seul mineur. Il s’agit du prince Hisahito, 15 ans, qui est le fils du prince héritier et second dans l’ordre de succession au trône. 

Arbre généalogique de la famille impériale du Japon (Image : Histoires Royales, Photo : Imperial Household/Pool)

La princesse Aiko est née le 1e décembre 2001, fille du prince héritier Naruhito et de la princesse héritière Masako. Après quelques années, il semblait de plus en plus évident que le couple héritier n’aurait pas d’autre enfant. Fumihito, le frère cadet de Naruhito, le suit donc dans l’ordre de succession, la loi salique étant toujours d’application. À cette époque, Fumihito n’avait que deux filles. Sans héritier évident, le Japon avait entamé des discussions en vue d’abolir la loi salique afin de permettre aux femmes de monter sur le trône de Chrysanthème. La princesse Aiko était envisagée comme une héritière potentielle.

En 2014, Fumihito et son épouse Kiko ont finalement un troisième enfant, un fils, le prince Hisahito. Alors que les discussions sur l’abolition de la loi salique étaient déjà difficilement menées, la naissance d’un garçon mit un terme à tout espoir de voir cette loi abolie. Depuis lors, d’autres discussions du genre ont eu lieu, puis abandonnées en cours de route. Le prince Hisahito est toujours le potentiel héritier et il est le seul, à l’heure actuelle, encore capable de prolonger la dynastie. Derrière lui, dans l’ordre de succession, se trouve encore son grand-oncle, Masahito, âgé de 86 ans, sans enfant.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr