Ce prince néerlandais de 5 ans qui pourrait détrôner Leonor d’Espagne

Ce 24 avril 2021, le prince Carlos Enrique de Bourbon-Parme fête ses 5 ans. Il porte le titre accordé à l’héritier de la famille, celui de prince de Plaisance. Fils du prince Carlos Javier et de la princesse Annemarie, son père est le cousin germain du roi des Pays-Bas. C’est pourtant en Espagne que le prince Carlos Javier aimerait légitimer son héritier. Qui est ce jeune prince que certains considèrent comme l’héritier du trône d’Espagne ?

Le roi Willem-Alexander et son filleul, le prince Carlos Enrique, lors de son baptême en 2016. Ici avec la princesse Annemarie et le prince Carlos Javier, et leurs deux filles, les princesses Luisa et Cecilia (Photo : Albert Nieboer/DPA/ABACAPRESS.COM)

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L’héritier carliste fête ses 5 ans

Le prince Carlos Enrique est né le 24 avril 2016. Troisième enfant du prince Carlos Javier (ou Charles-Charles) et de son épouse Annemarie, mais seul fils légitime de Carlos Javier, il est aussi le petit-fils de la princesse Irène des Pays-Bas et l’arrière-petit-fils de la reine Juliana. Sa grand-mère, la princesse Irène, sœur de l’ancienne reine Beatrix et tante de l’actuel roi Willem-Alexander, a perdu ses droits dynastes lors de son mariage avec le prince Charles-Hugues de Bourbon-Parme, en 1964.

Pourquoi une telle sanction pour la princesse Irene ? Une sanction habituellement réservée aux mariages inégaux ? Tout simplement car son époux était le chef de la branche parmesanne de la famille des Bourbon-Parme. À ce titre, il ne cachait pas ses prétentions au trône de Parme mais surtout au trône d’Espagne… ce qui pose problème quand son épouse est la sœur d’une reine régnante.

Le prince Charles-Hugues de Bourbon-Parme et son épouse, la princesse Irène des Pays-Bas (Photo : WikiCommons)

Le prince Carlos Javier a hérité des prétentions de son père à sa mort en 2010. Les prétentions au trône de Parme et de Plaisance sont simples. Il est l’arrière-petit-fils du duc Robert 1e, qui fut le dernier souverain du duché de Parme et de Plaisance, lorsqu’en 1859 le territoire fut unifié à l’Italie.

Il existe une autre prétention, quelque peu plus controversée… celle au trône d’Espagne. Il existe en Espagne les Carlistes. Les partisans de ce mouvement ne reconnaissent pas la légitimité de la famille royale espagnole actuellement sur le trône. Le mouvement carliste est relativement complexe pour les non-initiés, principalement à cause des dissidences au sein du courant. Il existe un parti politique mais aussi plusieurs mouvances, qui soutiennent la prétention au trône d’Espagne de candidats différents, en fonction de différents critères.

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Le fils de Charles-Xavier 1e a 5 ans

C’est dans les années 1830 qu’apparait le mouvement carliste qui refuse de reconnaitre le règne de la reine Isabelle, qui a succédé à son père, Ferdinand VII, en 1833. Selon les partisans carlistes, cette transmission du trône à une femme par le biais d’une Pragmatique sanction, déroge à la loi salique établie par Philippe V en 1713. Selon eux, c’est Charles de Bourbon, frère de Ferdinand VII qui aurait dû lui succéder, d’où le nom «carliste» qui fait référence à l’allégeance à Charles. Charles s’autoproclamera Charles V et a toujours refusé de reconnaitre le règne de sa nièce, âgée de deux ans quand elle monte sur le trône. Le mouvement carliste est à l’origine de trois guerres civiles.

Les descendants de «Charles V» se sont succédé, jusqu’en 1936, à la mort d’Alphonse-Charles, décédé sans héritier. Il avait lui-même désigné comme «régent» Xavier de Bourbon-Parme, le neveu de sa femme. Alphonse-Charles était donc le dernier Bourbon de la branche aînée des rois d’Espagne. Le mouvement se scinde en deux, ceux qui considèrent Xavier comme son héritier, il s’agit des xaviéristes et ceux qui voient en son successeur le nouvel ainé de la famille. À l’époque, il s’agissait du roi Alphonse XIII, ce qui légitimait son règne. Charles-Hugues a succédé à Xavier, dans la branche xaviériste. Aujourd’hui, c’est Carlos Javier, connu comme «Charles-Xavier 1e» qui a succédé à son père en 2010. Depuis 1975, Sixte-Henri, frère de Charles-Hugues a une fois de plus scindé le mouvement en fondant son propre courant, plus traditionaliste.

Les prétentions de Charles (ou «Charles-Xavier 1e) au trône d’Espagne ne sont pas toujours claires. Il a par exemple prêté serment en 2019 dans la cathédrale de Valence, acceptant «les droits historiques inchangés du peuple valencien» et confirme sa prétention sur l’ancien royaume de Valence. En interview, le prince a récemment fait savoir qu’il avait du respect pour le roi Felipe VI avec qui il entretient des relations cordiales.

Pourtant, en 2020, le prince Carlos Javier expliquait à Vanitatis : «Je suis au service des Espagnols. Je le dois à l’Espagne, aux Espagnols, comme aiment à dire les carlistes … et, bien sûr, aux devoirs qui m’ont été imposés d’être à la tête de la dynastie carliste, sans jamais renoncer à aucun d’eux ni à mes droits, comme tous mes ancêtres l’ont toujours fait.» Autrement dit, le prince est disponible si on vient le chercher. Il estime d’ailleurs qu’une transition en sa faveur ou en faveur de tout autre régime devrait de toute façon se faire par un référendum.

Dans cette même interview, le prétendant au trône évoquait sa succession par son fils légitime, le jeune Carlos Enrique, titré prince de Plaisance. «Mon fils Carlos Enrique, malgré son jeune âge, est tout à fait conscient des droits et des devoirs que notre famille a envers l’Espagne et les Espagnols.»

La princesse Catharina Amalia, héritière du trône des Pays-Bas, au baptême de Carlos Enrique, dans les bras de sa maman, la princesse Annemarie (Photo : Albert Nieboer/DPA/ABACAPRESS.COM)

Aussi connu comme le prince des Asturies, titre réservé à l’héritier de la couronne espagnole, le prince de Plaisance a plus d’un point commun avec sa lointaine cousine, la princesse Leonor, actuelle héritière du trône. Par exemple, comme Felipe VI, le prince Carlos Javier a épousé une journaliste, Annemarie Gualthérie van Weezel.

Le prince Carlos Javier présente son héritier au peuple de Parme, lors d’une visite à la basilique Di Santa Maria della Steccata, quelques mois après sa naissance (Photo : Albert Nieboer/DPA/ABACAPRESS.COM)

Quant à Carlos Enrique, il entretient de bonnes relations avec son cousin, le roi des Pays-Bas et assure ne pas aborder de questions dynastiques lors des repas de famille. Le roi Willem-Alexander est même le parrain du petit héritier, Carlos Enrique.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr