La reine Ngā Wai Hono i te Pō Paki a participé aux grandes célébrations annuelles organisées à l’occasion de son accession au trône. La jeune femme, qui a succédé à son père il y a deux ans, a prononcé un discours fort, dans lequel elle exhorte les Maoris à s’élever « au-dessus de la pauvreté, de la dépendance, de la conviction que quelqu’un d’autre doit déterminer leur avenir ».
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Un discours fort à l’occasion du deuxième anniversaire de règne de la reine Ngā Wai Hono i te Pō Paki
La reine Ngā Wai Hono i te Pō Paki a succédé à son père, le roi Tuheitia Paki, décédé en août 2024. Le 5 septembre 2024, elle devenait la nouvelle des reines de Maoris, au cours d’une cérémonie de couronnement organisée en même temps que les funérailles de son père. Ce 5 septembre 2026, la jeune reine de 29 ans a prononcé un discours à l’occasion de son deuxième anniversaire de règne. « Au-delà du titre, nous sommes aussi des enfants qui ont perdu un parent », a déclaré la reine. « Je connais ce chagrin. En tant que fille, je pleure encore mon père. Il n’y a pas de moyen d’éviter cela. Avec le temps, nous apprenons à porter à la fois le chagrin et la responsabilité. Telles la rosée du matin, laissons nos larmes couler pour eux, puis que ceux d’entre nous qui restent se tournent à nouveau vers la vie ».
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Le roi des Maoris ou la reine des Maoris représente les intérêts des Maoris, à travers le Kīngitanga, le mouvement monarchiste maori, lui-même soutenu par plusieurs partis et représentants politiques. Par tradition, le souverain britannique, et en particulier Charles III, reconnaît le roi des Maoris. La reine Ngā Wai Hono i te Pō Paki porte le titre traditionnel de Te Arikinui, ce qui signifie chef suprême. Elle est aussi, civilement, un sujet du roi Charles III, qui est le roi de Nouvelle-Zélande et le chef d’État de ce pays. En mai dernier, elle s’était rendue à Buckingham pour rencontrer le roi Charles et à Windsor pour rencontre le prince William.


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La nouvelle reine a rendu hommage à son père. Selon elle, la « force vitale et principe de vie » (Mauri) de son père était « l’unité et la cohésion collective » (Kotahitanga). « Mon père portait et protégeait ce Mauri. À présent, il nous appartient à tous d’en prendre soin ». « Le Kotahitanga ne signifie pas que nous serons toujours d’accord. Il s’agit de savoir si nous pouvons être en désaccord sans nous rabaisser les uns les autres. Si nous pouvons nous interpeller sans nous diviser ». La reine explique qu’un individu n’est pas supérieur à un autre et qu’il serait préférable de consacrer « moins de notre énergie à nous battre les uns contre les autres et davantage à construire ce dont notre peuple a besoin. »

Cette notion de solidarité et de lutte pour l’égalité évoque aussi l’histoire du peuple maori. « Il nous rappelle ce qui nous a été pris, ce que nous avons enduré, et les générations façonnées par ces événements. J’ai grandi dans l’ombre du Raupatu, comme beaucoup de ceux de ma génération. » Le Raupatu est terme qui signifie la confiscation et la conquête par la force, évoquant directement ici l’action des colons européens.

« Nous avons appris à défier le gouvernement. Souvent, ce défi était nécessaire. Mais je ne veux pas que la prochaine génération n’hérite que de nos griefs. Raupatu fait partie de notre histoire. Il ne doit jamais en devenir la limite. Nous portons Raupatu en nous. Nous le porterons toujours. Mais nous ne pouvons pas laisser son fardeau déterminer où nous allons ». La reine poursuit : « Nous sommes les descendants de Raupatu. Mais nous devons aussi devenir des Toa o te Rauora. » Le terme Rauora signifie la renaissance, le renouveau, le regain vital. « C’est l’expression pleine et entière de qui nous sommes et de ce que nous pouvons devenir. C’est notre peuple qui possède des logements, qui se construit une fortune, qui crée des entreprises et des institutions, qui forme des dirigeants et qui détermine son propre avenir. »

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« Notre passé ne doit pas nécessairement déterminer notre avenir »
La reine explique que la nation de Rauora « est aussi le peuple maori qui regarde au-delà des défis d’aujourd’hui vers les possibilités de demain, en jouant un rôle de premier plan dans la technologie, l’innovation, l’entrepreneuriat, la science, l’énergie et des secteurs d’activité encore à imaginer.
Rauora, ce n’est pas simplement avoir une place dans l’avenir. C’est avoir la force, la confiance et l’imagination nécessaires pour le façonner. Un peuple animé par le potentiel. Voilà ce qu’est Rauora.»

« La question qui se pose à nous n’est plus seulement de savoir ce qui nous est arrivé. C’est aussi : que ferons-nous maintenant ? Quand déciderons-nous que ce dont nous avons hérité ne sera pas ce que nous transmettrons ? Quand dirons-nous : « La trajectoire change avec nous » ? C’est aujourd’hui que je dis : la confiscation faisait partie du monde dans lequel je suis né, mais la confiscation n’est pas tout ce que je suis. Je ne laisserai pas les circonstances dans lesquelles je suis né déterminer les limites de ma vie. J’apprendrai. Je travaillerai. Je dirigerai. Je construirai. Et je laisserai quelque chose de plus fort à ceux qui viendront après moi. Aujourd’hui, libérons-nous de ce fardeau, c’est maintenant à notre tour. Levez-vous. Élevez-vous au-dessus de la pauvreté, de la dépendance, de la conviction que quelqu’un d’autre doit déterminer notre avenir. Il y aura des succès. Il y aura des revers. Mais nous ne sommes pas impuissants. Nous sommes les descendants de Raupatu. Soyons désormais les champions de Rauora. »
La reine des Maoris a conclu son discours par ces mots : « L’heure est venue de guider et de fortifier une génération courageuse, capable et prête. Et l’heure est venue de cesser de croire que notre avenir repose entièrement entre les mains du gouvernement. Le gouvernement a des responsabilités. Ces responsabilités doivent être honorées. Mais nous avons également des responsabilités envers nous-mêmes et envers ceux qui viendront après nous. Nous devons construire notre propre demeure. Allons à la rencontre de ce qui nous attend. Allons construire l’avenir que méritent nos descendants. Nous connaissons les défis qui nous entourent. Mais nous savons aussi qui nous sommes. Nous savons d’où nous venons. Et notre passé ne doit pas nécessairement déterminer notre avenir. Nous pouvons changer de trajectoire. »