Felipe VI bientôt détrôné par son frère Albert 1e ?

La coalition indépendantiste basque de gauche EH Bildu a souhaité adresser trois questions au gouvernement, concernant l’éventualité de remplacer le roi Felipe VI, 52 ans, par son supposé demi-frère, Albert Solá Jiménez, 63 ans. Le groupe politique basque se base sur certains documents prouvant la compatibilité ADN d’Albert Solá et du roi émérite Juan Carlos à 99,99%. Albert Solá clame depuis des années être le fils caché de Juan Carlos. Il serait l’aîné des enfants de Juan Carlos, entrainant des questions quant à sa légitimité dans l’ordre de succession si sa filiation venait à être reconnue par la justice. Le Conseil du Congrès des députés a apposé son veto à la demande du groupe basque.

Un groupe parlementaire veut questionner le gouvernement sur la légitimité dynastique d’Albert Sola (Photos : WikiCommons, DR)

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Le fils aîné de Juan Carlos peut-il prendre la place de Felipe ?

Les trois questions formulées par la coalition EH Bildu n’atteindront jamais le gouvernement. Le groupe parlementaire souhaitait questionner l’exécutif quant à la suite à envisager s’il s’avérait que le garçon de café Alberto Solá Jiménez était bien le fils naturel de l’ancien roi Juan Carlos. Le Conseil du Congrès des députés a mis son veto, le 14 d’octobre 2020, jugeant les demandes trop impertinentes. Les questions ne seront pas transmises au gouvernement car elles « violent la courtoisie parlementaire ».

Rappelons que l’article 57 de la Constitution espagnole indique clairement les conditions pour figurer dans l’ordre de succession au trône d’Espagne d’où la réponse du Conseil du Congrès, qui évoque un manque de « courtoisie ». Le mariage d’un « ayant droit » sans avoir reçu le « consentement du Roi et des Cortes Generales, sera exclu de l’ordre de succession à la Couronne, tout comme ses descendants ». Concernant ce point, précisons qu’Albert Sola est marié sans avoir demandé le consentement royal.

Un groupe parlementaire s’interroge sur la légitimité du fils caché de Juan Carlos

La première question à laquelle EH Bildu voulait une réponse, concernait la connaissance de l’existence du test ADN qu’Alberto Sola prétend avoir réalisé et dont les services secrets espagnols (CNI) en seraient les instigateurs. « Le gouvernement a-t-il ces informations ? », était la première question. « Si ces faits sont vrais, et au vu de l’article 57.1 de la Constitution espagnole, et que cet homme est né avant le monarque actuel, supposeriez-vous qu’Albert Solà, est constitutionnellement, le chef légitime de l’État ? ». Enfin, troisième question : « Cela signifierait-il que Felipe VI devrait être remplacé par Albert Ier ? Comment ce processus doit-il se dérouler ? ».

Le député basque Jon Inarritu a réagi sur Twitter suite au refus de transférer les questions de son parti vers l’exécutif. Il écrit que toutes les questions concernant la famille royale font systématiquement l’objet d’un veto. « Ce qui est nouveau » c’est le motif de refus avancé. « Le devoir de courtoisie parlementaire » est « inventé ». « En quoi est-ce contraire à la courtoisie de poser une question constitutionnelle ? »

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Le test ADN d’Albert Sola dévoilé

Les questions du groupe indépendantiste basque font suite à la divulgation dans les médias des résultats du test ADN d’Alberto Solá Jiménez. Cela fait des dizaines d’années que l’homme prétend être le fils de Juan Carlos. En 2007, il aurait réalisé un test ADN, à la demande des services de renseignements (CNI). Ce test confirmerait à 99,99% sa filiation avec le roi Juan Carlos. Fin 2019, des bruits couraient que l’ex-commissaire José Manuel Villarejo s’apprêtait à publier des informations à son sujet. Pour le devancer, Albert a alors décidé en juin 2020 de rendre publics les documents des tests ADN. C’est le média elcierredigital.com qui a pu les publier en exclusivité.

Ces documents, s’ils sont authentiques, proviendraient d’un laboratoire qui a réalisé un test de paternité en utilisant un verre dans lequel aurait bu l’ancien chef d’État. Albert Solá explique comment le CNI lui a demandé de passer le test. « En 2007, le directeur général du CNI de Barcelone m’a personnellement suggéré de réaliser ces analyses. C’était par l’intermédiaire d’un ancien membre du CNI avec qui j’ai eu des contacts, Antonio Rodríguez. Ils sont venus de Barcelone pour le faire. Devant moi, ils ont appelé leurs collègues de Madrid. Ils leur ont demandé une faveur et que ce soit fait le plus rapidement possible ». Ils voulaient «qu’ils leur envoient tout objet utilisé par le roi (Juan Carlos I). Finalement, ils ont envoyé un verre directement au laboratoire de Lérida où les analyses seraient effectuées ».

Deux semaines plus tard, « ils m’ont mis en contact avec le directeur du laboratoire de Lleida, Jaime Buj. Ils m’ont appelé «le Petit Prince». Buj confirme alors la séquence des événements : le CNI lui a remis une grande enveloppe scellée avec un verre à l’intérieur. Le directeur du laboratoire m’a dit qu’il ne savait pas de qui il s’agissait vraiment, mais que dans les analyses il avait appelé la personne qui buvait dans ce verre « individu B », alors qu’il me qualifiait «individu A» ».

Albert Solá Jiménez et sa demi-sœur, la Belge Ingrid Sartiau, en 2012, lors de leur rencontre, alors qu’ils allaient porter ensemble leur affaire devant la justice (Photo : Tura Soler/Reporters/ABACAPRESS.COM)

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Albert Solá Jiménez forcé à renoncer à ses droits

Albert Solá explique qu’après avoir reçu les résultats, le CNI s’est à nouveau présenté à lui, cette fois-ci avec une caméra. Il lui a été demandé de déclarer face caméra, renoncer à tous ses éventuels droits. « Les tests ont été effectués en échange de l’enregistrement vidéo de ma démission de la couronne espagnole pour toujours. Je n’ai jamais rien voulu, bien sûr j’ai démissionné en faveur de la l’actuel roi Felipe VI. Ni signature ni rien, nous avons enregistré ma démission devant une caméra. J’ai payé 150 euros pour ce test ADN afin d’avoir une preuve directe des analyses ».

En 2012, Albert Solá s’était tourné vers la justice pour obtenir sa reconnaissance de paternité. À l’époque, Juan Carlos était encore le souverain et était protégé par une immunité, la personne du roi étant inviolable. Sa demande ira jusqu’aux plus hautes instances juridiques du pays, après l’abdication de Juan Carlos. Le Tribunal Suprême a rejeté sa demande, arguant que l’ADN n’avait pas été donné volontairement. La demande était également conjointe à celle d’Ingrid Sartiau, une Belge qui elle aussi revendique être la fille du roi Juan Carlos.

Selon Albert Sola, sa mère aurait vécu une histoire d’amour avec Juan Carlos, entre 1954 et 1956, alors que le fils du comte de Barcelone fréquentait l’Académie militaire de Saragosse. Albert prétend que sa mère biologique, fille d’un éminent banquier de Barcelone, a été contrainte de l’abandonner à trois mois, pour des raisons politiques. Il aurait alors été adopté. Après avoir longtemps vécu au Mexique, Albert est retourné en Espagne et s’est installé à La Bisbal d’Empordà, non loin de Gérone. Au fil des années, il aurait inondé Juan Carlos de courrier, ayant envoyé plus d’une centaine de lettres à son père.

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Sources : Moncloa, El Cierre Digital

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr

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