Les veuves du roi des Zoulous reçoivent six voitures des autorités sud-africaines

Le roi Goodwill Zwelithini est décédé en mars dernier à 72 ans, laissant derrière lui la nation zouloue endeuillée et six veuves éplorées. Sa disparition a déclenché une véritable guerre de succession (financière et dynastique). Mais les six épouses du roi n’ont pas tout perdu. Cette semaine le Premier ministre de la province de KwaZulu-Natal a honoré sa promesse en offrant une voiture à chacune des reines.

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Le gouvernement provincial respecte sa promesse en soutenant les veuves du roi des Zoulous

Ce vendredi, le Premier ministre de la province sud-africaine de KwaZulu-Natal, Sihle Zikalala, a dévoilé les six SUV que le gouvernement provincial offre aux reines des Zoulous, les six veuves du roi Goodwill Zwelithini. Les voitures ont été déballées devant le Premier ministre et les journalistes, à Ulundi, sous les applaudissements des reines. Notons que l’une des veuves, la reine Mantfombi, est décédée depuis lors. Il n’est pas précisé si ce sont bien ses héritiers qui se sont partagés sa voiture.

Le gouvernement a offert six Toyota Prados noires aux veuves (et probablement aux héritiers de l’une des veuves). Le cadeau est une promesse respectée par les autorités, une promesse faite au roi avant son décès. «Nous avons pensé qu’il était important que nous réalisions tout ce que nous nous étions engagés à faire envers Sa Majesté le roi Goodwill Zwelithini», a déclaré le Premier ministre à News24. L’autre promesse faite au roi est la rénovation de ses différents palais. Les chantiers de rénovation vont aussi avoir lieu prochainement.

«Nous avions convenu de terminer l’achat des voitures pour les reines, et c’est ce que nous faisons aujourd’hui. Nous avions également convenu que nous terminerions les rénovations des palais. Nous avons également présenté des entrepreneurs qui feront ce travail», explique Sihle Zikala. Les voitures respectent les plafonds imposés par les lois sud-africaines, à savoir que les hauts fonctionnaires et les hauts représentants politiques du pays ne peuvent recevoir des voitures valant plus de 800 000 rands, soit environ 47 000 euros. «Chacune des voitures ici coûte moins de 800 000 rands», assure le Premier ministre.

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Une voiture pour chacune des reines

Le roi Goodwill Zwelithini, véritable figure paternelle de la nation zouloue pendant ses 52 ans de règne, était marié à six femmes et on compte environ 28 enfants. Le 27 décembre 1969, au début du règne de Goodwill Zwelithini, il a épousé Sibongile Winifred Dlamini, qui est connue comme la reine Dlamini. En 1974, le roi des Zoulous a épousé sa deuxième femme, connue comme la reine Bhule. En 1977, pour unir la famille royale zouloue à la famille royale swazie, le roi a épousé la princesse Mantfombi Dlamini, connue depuis comme la reine Mantfombi. Elle était la fille du roi du Swaziland et la sœur de l’actuel roi du pays (appelé Eswatini depuis 2018). En 1988, le roi a épousé Thandekile “Thandi” Jane Ndlovu, connue comme la reine Thandekile. En 1992, le roi Goodwill Zwelithini a épousé sa cinquième femme, la reine Nompumelelo Mchiz. Il y a sept ans, le roi a épousé sa sixième femme, la reine Zola Zelusiwe Mafu.

Depuis quelques mois, l’un des fils du défunt roi officie en tant que nouveau roi. Le début de règne du roi Misuzulu est toutefois controversé, non reconnu par une partie de la famille royale. Des démarches sont en cours auprès des tribunaux compétents pour faire invalider son ascension sur le trône. À la mort du roi Goodwill Zwelithini, c’est l’une de ses veuves, la reine Mantfombi qui a été désignée pour assurer la régence durant la période de deuil et le temps que la famille désigne le successeur du roi. La régence de la reine Mantfombi est elle-même accusée de fraude, la signature du testament du défunt roi aurait pu être imitée. La reine Mantfombi n’a assuré la régence que quelques semaines. Elle est décédée de façon mystérieuse avant de désigner le successeur du roi. Le testament de la reine Mantfombi désignait son fils, Misuzulu, comme le successeur.

La reine Mantfombi Dlamini est décédée le 29 avril 2021 à 65 ans. Ici photographié avec son époux, le roi Goodwill Zwelithini, lors d’une visite à Londres (Photo : Suzan/PA Photos/ABACAPRESS.COM)

En début d’année, le gouvernement provincial de KwaZulu-Natal a accordé un budget de 66 millions de rands (3,7 millions d’euros) au fonctionnement de la monarchie zouloue. Il s’agissait d’une diminution de budget de plus de 5,2 millions de rands, soit plus de 300 000 euros, par rapport à l’année précédente. Le Premier ministre a rappelé cette semaine que cette diminution ne signifiait pas que le gouvernement diminuait son soutien à la maison royale mais il s’agissait simplement d’une estimation revue à la baisse car les coûts des événements organisés durant l’année seraient inférieurs, à cause des conditions sanitaires. Le Premier ministre ajouté qu’il était «à la fois dans l’intérêt du gouvernement du KwaZulu-Natal, ainsi que dans celui des habitants du KwaZulu-Natal, que la famille royale soit soutenue et prise en charge».

L’article 212 de la constitution sud-africaine reconnait un certain nombre de royaumes traditionnels, dans lesquels les monarques occupent un réel rôle de médiateur au niveau local et un rôle symbolique, en tant que garant de la préservation culturelle de leur tribu. Le roi Misuzulu Zulu est le souverain du peuple zoulou, anciennement regroupé dans le Zoulouland, qui aujourd’hui fait partie de la province sud-africaine du KwaZulu-Natal. Parmi les royaumes traditionnels, celui des Zoulous est le plus important en terme de population. La population étant majoritairement regroupée dans la province du KwaZulu-Natal, la famille royale zouloue a été attribuée comme souveraine de ce territoire, le roi des Zoulous agissant comme un monarque constitutionnel. Par exemple, c’est le roi qui ouvre chaque nouvelle année parlementaire, comme en Norvège, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni.

Après des siècles de clans et tribus dirigés par un chef, le royaume des Zoulous (ou Empire zoulou) fut un État reconnu lorsqu’il acquit son indépendance en 1816. Au milieu de son règne, en 1883, le roi Cetshwayo kaMpande vit son royaume devenir le Zoulouland et passer sous le contrôle britannique. Lorsque l’Afrique du Sud prit son indépendance en 1961, la nouvelle république reconnut également une liste de royaumes traditionnels. Les Zoulous représentent un cinquième des habitants d’Afrique du Sud. L’ancien roi des Zoulous était également propriétaire d’un dixième de la population sud-africaine, possédant d’innombrables terres et propriétaire dans tour le pays avec sa fiduciaire dont le souverain en était l’unique mandataire. La succession de la fiducie qui gérait ces biens est également en cours d’examen devant la justice.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr