Guillaume II : le dernier empereur d’Allemagne

Frédéric Guillaume Victor Albert de Hohenzollern était le dernier empereur allemand et le dernier roi de Prusse. Fils de Frédéric III et de la « Kaiserin » Victoria (fille de la reine Victoria du Royaume-Uni), il a régné sous le nom de Guillaume II. Il est né le 27 janvier 1859 dans le château de Postdam et est mort à Doorn, aux Pays-Bas, le 4 juin 1941. Durant son règne, l’élément le plus marquant reste son désaccord avec Bismarck. Le souverain prônant une politique expansionniste, son chancelier préférant une politique fondée sur le calcul des forces et l’intérêt national.

Histoire du dernier empereur d’Allemagne, Guillaume II de Prusse (Photo : Domaine public)

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Qui est Guillaume II ?

Guillaume II appartenait à la Maison de Hohenzollern et devint le souverain de l’Empire allemand durant l’Année des trois empereurs. En effet, trois empereurs se sont succédés en 1888. Il était décrit comme un homme intelligent et cultivé, mais qui avait tendance à être indécis, impulsif, impatient et enclin à la précipitation. Il a succédé à son père, Frédéric III d’Allemagne. Le règne de Frédéric III n’a duré que quelques mois, en 1888.

Guillaume II de Prusse en 1895 (Photo : Domaine public)

Guillaume II a étudié à Kassel, au Friedrich gymnasium puis il a fait quatre trimestres à l’Université de Bonn où il a fait des études de droit et de politique. En tant que descendant de la famille royale de Prusse, il n’a pas été épargné par le devoir d’intégrer la société militaire, comme se devait tout homme de l’aristocratie prussienne. En février 1881, il a épousé Augusta Victoria de Schleswig-Holstein avec qui il a eu sept enfants.

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Une relation tendue entre Guillaume II et Bismarck

Le règne de Guillaume II a débuté avec un climat social agité, mais qui a surtout été marqué par un changement complet de la politique traditionnelle. Pendant les premières années de son règne, le nouvel empereur était très apprécié de l’Allemagne et a même réussi à faire accroître l’économie. Il s’est beaucoup investi dans le domaine militaire et multipliait sans cesse les voyages. Le seul point de divergence concernait la politique russe.

La mésentente avec le chancelier Otto von Bismarck (Photo : Domaine public)

En effet, si le chancelier Otto von Bismarck prônait la politique étrangère pacifique et soulignait l’importance d’une bonne entente avec la Russie, Guillaume II, lui, s’y était fortement opposé. Le souverain préférait troquer la Realpolitik de Bismarck contre la Weltpolitik expansionniste et colonialiste. En clair, il voulait une approche agressive pour permettre à l’Allemagne de garder sa place de leader sur l’échelle internationale. En février 1889, le jeune empereur promet un soutien allemand à l’Autriche-Hongrie au cas où un conflit avec la Russie venait à se déclarer.

Par ailleurs, le jeune empereur avait, au début de son règne, l’intention d’aider les ouvriers. Il tint sa promesse en faisant voter par le Reichstag une importante loi sociale sur les ouvriers. De l’autre côté, Bismarck propose une loi pour renforcer l’antisocialisme.

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La démission forcée de Bismarck

En mars 1890, Bismarck fut contraint de démissionner sur insistance de Guillaume II et c’est le général Léo von Caprivi qui reprit ses fonctions. Mais les relations avec Guillaume II se sont rapidement détériorées ce qui l’a conduit à démissionner à son tour. Quant à Bismarck, il s’est efforcé de maintenir un certain équilibre d’intérêts entre la Russie, la France et l’Allemagne. Cependant, après la démission de Bismarck, la Russie et la France se sont rapidement rapprochées en isolant l’Allemagne.

Également, le prince héritier Frédéric a décidé de rompre l’alliance avec la Russie et de s’allier avec l’Autriche-Hongrie et l’Italie pour former la Triple Alliance. Lorsque les pays alliés ont refusé de négocier avec lui, une révolution a éclaté en Allemagne, en 1918. Guillaume II a pris la décision d’abdiquer après avoir perdu le soutien de ses sujets et surtout de l’armée allemande, à l’issue de la Première Guerre mondiale. Avec l’abdication de l’empereur allemand, toute la monarchie allemande s’effondre en même temps. L’ensemble des États souverains sont touchés et l’Empire allemand n’est plus.

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Source : Universalis

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Hervina

Hervina est une passionnée d'histoire et de familles royales. Elle partage avec Histoires Royales ses connaissances et ses anecdotes sur les têtes couronnées.