La jument de la fille de l’infante Elena au cœur de l’enquête pour fraude fiscale de Juan Carlos

La semaine dernière, la presse espagnole a révélé l’existence d’une enquête pour fraude fiscale menée en grand secret concernant l’utilisation de cartes de crédit opaques par le roi Juan Carlos et sa famille. À présent, El Confidencial est en mesure de donner un exemple d’une dépense suspecte de l’ancien roi et de sa fille Elena. En 2015, l’infante Elena aurait acheté une jument pour sa fille Victoria de Marichalar. Pourtant, ce n’est pas Elena qui a mis la main au portefeuille, mais le généreux ami mexicain de Juan Carlos, qui a largement financé la vie de la famille royale entre 2015 et 2018.

Victoria Federica de Marichalar est impliquée dans l’enquête pour fraude fiscale qui concerne son grand-père. Sa jument Dibelunga n’a pas été achetée par l’infante Elena. Ici, Elena, Juan Carlos et Victoria assistent à une corrida à Séville en 2016 (Photo : Look Press Agency/ABACAPRESS.COM)

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L’infante Elena n’a pas offert la jument Dibelunga à sa fille Victoria

Une enquête pour fraude fiscale est en cours depuis des mois. Le roi Juan Carlos est une nouvelle fois au cœur d’une enquête, qui la semaine dernière a été renvoyée à la Cour suprême. Ce sont des dépenses importantes du lieutenant-colonel de l’armée de l’air Nicolás Murga Mendoza, ancien aide de camp du roi émérite Juan Carlos, qui ont déclenché les soupçons. L’homme considéré comme le bras droit de Juan Carlos, retirait régulièrement des sommes trop importantes pour son pouvoir d’achat. Les enquêteurs soupçonnent que l’homme était envoyé sur le terrain pour réaliser des achats au nom de Juan Carlos, en utilisant des cartes de crédit opaques, elles-mêmes liées à des comptes cachés alimentés par le multimillionnaire mexicain Allen de Jesús Sanginés-Krause.

Le journal El Confidencial révèle à présent qu’une dépense importante a alerté les enquêteurs. Il s’agit de l’achat d’un cheval en 2015. Quelques mois plus tard, Victoria de Marichalar, fille de l’infante Elena, faisait ses débuts dans le milieu équestre. Dans les années qui ont suivi, la petite-fille de Juan Carlos a participé à de nombreuses compétitions en Espagne, sur le dos de sa jument Dibelunga.

Le problème est que la jument Dibelunga n’a pas été achetée par l’infante Elena, comme l’avait laissé sous-entendre la Zarzuela à l’époque. Pour ne pas se justifier, le Palais royal avait évoqué un achat privé concernant une mineure, Victoria étant encore adolescente à l’époque. Toujours selon le média El Confidencial, cette jument achetée à l’éleveur Maihorses était proposée à un prix de vente de 10 000 euros. En plus de l’achat de la jument par l’ami mexicain de Juan Carlos, ce dernier a également financé l’entretien du cheval.

L’annonce postée sur Facebook pour la vente de Dibelunga (Photo : capture d’écran Facebook)

L’annonce mise en ligne sur Facebook par l’éleveur Maihorses indique que la jument née en 2007 a « un caractère extraordinaire ». Ce qui a certainement séduit l’infante Elena est que la jument Dibelunga est « propre et sûre, adaptée à tous les types de cavaliers, sautant actuellement les obstacles de 0,80 et 1 mètre avec des enfants ».

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Allen Sanginés-Krause a acheté et payé l’entretien du cheval de Victoria de Marichalar

Allen Sanginés-Krause, ancien cadre chez Goldman Sachs, a payé les soins, la nourriture, les entrainements et les déplacements du cheval de Victoria, pour qu’elle puisse s’adonner à sa passion équestre, un hobby qu’elle partage avec sa mère. « Ni les paiements ni la jouissance des fonds transférés par l’homme d’affaires mexicain n’ont été déclarés à l’administration fiscale par le monarque ni par le reste des prétendus bénéficiaires de l’argent », explique le média espagnol. Si le parquet anti-corruption a ouvert une enquête, c’est que les sommes supposées non-déclarées, sont supérieures à 120 000 euros dans une seule année d’exercice fiscal, comme le prévoit la loi espagnole.

D’autres dépenses ont été couvertes par l’ami mexicain de Juan Carlos, comme les voyages de l’ancien souverain avec sa maitresse Marta Gaya. Un voyage dans les îles grecques en 2017, et des dépenses de la reine émérite Sofia lorsqu’elle vivait à Londres, ont également été payées par le généreux mexicain.

Le nom de Nicolás Murga Mendoza, l’aide de camp du roi émérite apparait dans l’enquête des cartes de crédit (Photo : capture d’écran)

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Trois enquêtes en cours contre Juan Carlos

Actuellement, le roi émérite Juan Carlos est visé par trois enquêtes. La première n’aura pas de conséquence en Espagne. Il s’agit des dons provenant d’Arabie saoudite. Juan Carlos a reçu 100 millions de dollars de la part du roi Abdelaziz d’Arabie saoudite sur un compte en Suisse. Les fonds ont été reçus en 2008 et transférés à sa maitresse Corinna Larsen, en 2012. Par conséquent, Juan Carlos est protégé par une immunité en tant que chef d’État. La deuxième enquête concerne l’utilisation de cartes de crédit opaques liées à des comptes approvisionnés par son ami mexicain. Les faits reprochés ont eu lieu après l’abdication de Juan Carlos, en 2014. Il peut donc être poursuivi pour fraude fiscale. La troisième enquête, qui n’est encore qu’à l’état embryonnaire, concerne un compte en banque suspect de 10 millions d’euros sur l’île de Jersey.

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Sources : El Confidencial, Vanitatis

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr

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