Le prince Emmanuel-Philibert de Savoie est retourné au palais royal de Venaria, ancienne résidence de ses ancêtres. Ce lieu ravive aussi des souvenirs personnels au petit-fils du dernier roi d’Italie. C’est dans la chapelle de ce palais que son père fut exposé en chapelle ardente avant ses funérailles en 2024. Le prince Emmanuel-Philibert était de retour au palais royal de Venaria dans un contexte festif, à l’occasion du gala de bienfaisance du chapitre annuel des ordres dynastiques de la Maison royale de Savoie. Plusieurs membres de familles royales étrangères étaient également présents.
Gala des ordres dynastiques de la Maison royale de Savoie à Turin
Le samedi 26 septembre 2026, dames et chevaliers des ordres dynastiques de la Maison royale de Savoie se sont retrouvés à l’auditorium Giovanni Agnelli pour accueillir les nouveaux membres des ordres présidés par le chef de la famille royale italienne, le prince Emmanuel-Philibert de Savoie. Le prince a remis les diplômes et distinctions aux nouveaux membres et l’assemblée générale s’est tenue dans la foulée. En soirée, le prince et ses sympathisants ont participé au grand gala annuel au palais royal de Venaria.

Le chapitre annuel des ordres dynastiques de la Maison royale de Savoie a lieu à Turin, lors de ce week-end. Il s’agissait d’une grande première pour le prince Emmanuel-Philibert de Savoie, depuis qu’il dirige la famille royale. Son père, le prince Victor-Emmanuel, unique fils du roi Humbert II, est décédé en février 2024. Le prince Victor-Emmanuel avait présidé ses deux premiers chapitres annuels à Rome en 2024 et 2025. Cette année, c’est dans la capitale industrielle italienne qu’avait lieu ce grand rendez-vous.


Turin est un lieu hautement symbolique pour la famille. Cette ville fut la capitale des États de Savoie à partir de 1563, lorsque le duc Emmanuel-Philibert de Savoie fit transférer la capitale initiale de Chambéry vers Turin. Les ducs de Savoie, également princes de Piémont depuis 1418, sont ensuite devenus rois de Sardaigne en 1720, puis rois d’Italie en 1861. Le prince Victor-Emmanuel est né pendant le règne de son grand-père et son père fut le dernier roi d’Italie, contraint à l’exil en 1946. Aujourd’hui, Emmanuel-Philibert dirige la famille et maintient un lien fort avec les ordres dynastiques dont il est le grand maître.

La soirée de gala s’est déroulée dans le palais situé à Venaria Reale, une localité au nord de Turin. L’ancien palais royal est l’un des musées les plus visités du Piémont et est classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997. Ce bâtiment baroque, sis ironiquement sur la place de la République, a été construit entre les 17e et 18e siècles comme un bâtiment de chasse de la famille de Savoie, d’où son nom « Vénerie ». Ce palais ravive aussi des souvenirs très personnels au prince Emmanuel-Philibert. C’est ici, avant les funérailles du prince Victor-Emmanuel, que les Italiens s’étaient déplacés pour se recueillir une dernière fois devant la dépouille du prétendant au trône d’Italie La chapelle ardente était aménagée dans l’église du palais, dédiée à Saint-Hubert, patron des chasseurs, construite à partir de 1716. Les funérailles du prince Victor-Emmanuel avaient eu ensuite lieu dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin. Il repose à présent dans la crypte royale de la basilique de Superga, dans la même ville.


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Le palais royal de Venaria : un lieu chargé d’histoire et de souvenirs personnels pour Emmanuel-Philibert
Le gala, toujours organisé dans la soirée du samedi, est l’occasion pour les dames et chevaliers de contribuer aux œuvres soutenues par les ordres. Le dîner caritatif était donné cette année en faveur des œuvres de l’hôpital pédiatrique reine Margherita de Turin. Rappelons que les généreuses contributions au gala de l’année dernière à Rome avaient permis à la clinique ambulatoire Mère de la Miséricorde de l’Aumônerie apostolique, d’acquérir un nouvel appareil de radiologie.


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Le prince héritier Leka d’Albanie, petit-fils du roi Zog 1er, la princesse Victoria Romanovna, épouse du grand-duc héritier George Mikhaïlovitch de Russie, le duc Georg-Borwin de Mecklembourg-Strelitz et son fils, le duc Michael, ou encore le prince Stéphane Belosselsky-Belozersky ont assisté au gala. Des membres de la noblesse italienne et des proches de la famille du prince Emmanuel-Philibert étaient également présents, dont sa fidèle cousine, la princesse Hélène de Yougoslavie, qui était accompagnée de son époux, Stanislas Fougeron, et de son fils, Léopold Gaubert. Ce beau monde était réuni sous le regard de Johannes Theo Niederhauser, grand chancelier des ordres dynastiques de la Maison royale de Savoie, qui est également l’oncle maternel par alliance du prince Emmanuel-Philibert.

Les ordres dynastiques sont des ordres chevaleresques qui ont évolué au fil du temps. Les souverains décoraient leurs proches et valeureux chevaliers, puis les ordres sont devenus nationaux lorsque les pouvoirs des monarques se sont institutionnalisés. Les rois décernaient alors les insignes de ces ordres comme des distinctions. La Maison de Savoie décerne l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare, l’ordre civil de Savoie, l’ordre du Mérite de Savoie et l’ordre suprême de la Très Sainte Annonciade. Après l’abolition de la monarchie en Italie, en 1946, le chef de famille est resté le grand maître des ordres familiaux, appelés dorénavant ordres dynastiques.

L’ordre de Saint Maurice était un ordre de la famille de Savoie, du nom de son saint patron, depuis le 15e siècle. L’ordre de Saint Lazare est la continuité de l’ordre des chevaliers hospitaliers installés dans les léproseries de Jérusalem. Lorsque le roi Louis VII de France participa à la deuxième croisade, en 1146, il découvrit le fonctionnement de cet ordre et fut impressionné par les compétences des chevaliers hospitaliers. Il ramena en France des chevaliers de Saint Lazare, qu’il installa à Boigny pour y ouvrir une commanderie. Les chevaliers feront des émules et d’autres commanderies ouvriront un peu partout en Europe. Le Prieuré de Capoue se détacha de Boigny jusqu’à devenir indépendant et s’unira en 1572 à l’ordre de Saint Maurice. En novembre 1572, le pape Grégoire XIII a réuni les deux ordres dans une bulle papale, devenant l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare, dont les ducs de Savoie en sont les Grands Maîtres héréditaires.

Le chef de la famille royale de Savoie est garant du maintien des ordres dynastiques, à savoir l’ordre suprême de la Très sainte Annonciade, l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare et l’ordre civil et du Mérite de Savoie. Après l’abolition de la monarchie italienne en 1946, les ordres ont continué à appartenir à la famille de Savoie mais sont dorénavant détachés de toute juridiction étatique. Le grand maître des ordres est le chef de famille. Les ordres continuent à distribuer des distinctions, en fonction des mérites humanitaires et caritatifs des membres. Les ordres de la Maison de Savoie fonctionnent parallèlement avec leurs œuvres de bienfaisance qui sont actives dans le monde entier.
La famille de Savoie descend d’Humbert aux Mains-Blanches. Ses descendants ont régné en Savoie dès l’an 1000. Le titre de comte de Savoie fut créé en 1033. Le comté de Savoie devint un duché en 1416. Au même moment, les ducs de Savoie obtiendront la principauté du Piémont et entameront une expansion vers le sud. Le duc de Savoie et prince de Piémont deviendra ensuite roi de Sicile en 1713. Il échangera la Sicile contre le royaume de Sardaigne en 1720. Enfin, le roi Victor-Emmanuel II de Sardaigne deviendra le premier roi d’Italie lors de l’unification de la péninsule en un seul grand royaume en 1861.