La princesse Amalia serait prête à renoncer au trône par amour et pour ses principes

Il y a quelques semaines, un vent de panique a parcouru les Pays-Bas. Et si l’héritière du trône épousait une femme, devrait-elle abdiquer ? La réponse du Premier ministre se voulait rassurante sur le sujet. Mais l’avis de l’intéressée sur un mariage d’amour a de quoi relancer la discussion. La princesse Catharina-Amalia a fait savoir qu’elle serait prête à renoncer au trône si l’élu de son cœur ne trouvait pas grâce aux yeux du parlement.

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L’amour plus fort que la raison d’État ?

Il y a quelques semaines, le Premier ministre Marke Rutte a rassuré les parlementaires qui lui avaient adressé une lettre formelle, lui demandant son avis sur le mariage homosexuel potentiel de la princesse Catharina-Amalia, héritière du trône des Pays-Bas. La question surgissait alors que la princesse d’Orange est sur le point de fêter ses 18 ans et donc de devenir légalement responsable et prête à monter sur le trône en cas de malheur soudain.

Si la princesse Catharina-Amalia est légalement autorisée à épouser une femme, comme n’importe quel autre citoyen néerlandais, la vraie question est de savoir si le parlement donnera son approbation à une telle union. Rappelons que, comme dans toutes les monarchies européennes actuelles, l’une des conditions pour figurer dans l’ordre de succession est notamment l’obligation de recevoir l’approbation du parlement ou du gouvernement avant le mariage.

La princesse Catharina-Amalia et sa mère, la reine Máxima (Photo : Hollandse Hoogte-ANP/ABACAPRESS.COM)

Aux Pays-Bas, plusieurs princes et princesses ont par le passé perdu leur place dans l’ordre de succession suite à un mariage non approuvé. On pense par exemple au mariage de la princesse Irène, tante du roi Willem-Alexander, qui s’est mariée dans la foi catholique avec le prince Charles-Hugues de Bourbon-Parme. On se souvient aussi du scandale évité de justesse lors de la demande d’approbation du mariage du prince Willem-Alexander avec Máxima Zorreguieta, fille d’un ministre argentin ayant été en fonction sous le régime dictatorial.

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La princesse Amalia parle de la restriction de sa liberté

Qu’en pense la princesse Amalia ? Elle répond à cette question dans le livre biographique officiel qui lui est consacré à l’occasion de son 18e anniversaire. Le livre parle des passions et des aspirations de l’héritière du trône, en se basant sur des rencontres entre l’auteure Claudia de Breij et la princesse. «Claudia de Breij a eu plusieurs conversations avec la princesse d’Orange pendant l’été 2021», explique le Service d’information du gouvernement. Durant ces conversations à cœur ouvert, la fille ainée du roi Willem-Alexander a par exemple dévoilé sans tabou qu’elle était suivie par un psychologue.

L’auteure Claudia de Breij a rencontré la princesse Amalia à plusieurs reprises pour écrire sa biographie (Photo : SAR la princesse d’Orange)

Concernant l’amour, la princesse Amalia a déclaré : «Si c’est l’homme qui me soutient, que j’aime, avec qui je veux passer ma vie et que le Parlement n’approuve pas, eh bien, nous devrons simplement voir ce que je fais». La princesse Amalia ne pense pas être capable de renoncer à son amour, pour la raison de l’État. «Je ne peux pas faire un choix à mes frais». Selon elle, si elle n’a pas la personne qui l’aime à ses côtés et que le parlement ne lui accorde pas cette confiance, alors elle ne peut «pas donner le meilleur pour [son] pays».

Dans ce livre, elle indique aussi comprendre que son statut l’empêche de garder le nom de son partenaire secret même si elle considère que ce genre de choses restent de l’ordre du privé. Elle revient aussi sur sa notion de liberté et sur certaines libertés dont elle est privée. Elle parle par exemple de la liberté de s’exposer sur les réseaux sociaux comme le font ses amis ou l’obligation plus tard de devoir signer des lois à l’encontre de ses principes moraux.

Là aussi, l’héritière du trône pense ne pas être capable de signer une loi qui iraient contre ses principes. «Qui sait, de manière purement hypothétique, dans dix ans, je devrai peut-être signer des lois sur la censure. Je ne pourrai pas [le faire]. Je ne peux rien signer qui empêcherait la liberté d’expression. Ce n’est pas possible pour ma conscience».

Malgré ces quelques opinions, peut-être dues à son jeune âge, la princesse affirme aussi dans ce livre qu’elle n’a jamais été rebelle. Elle se dit prête à accepter les règles du jeu. «Quoi que ce soit, je ne peux rien faire de toute façon sans l’approbation du gouvernement, l’approbation du pays». Elle comprend et dit avoir accepté la tâche qui lui reviendra. «La monarchie est tellement plus grande que moi. Je suis née dans une vie et je l’ai acceptée. C’est toujours un peu difficile. Mais d’un autre côté, je l’ai déjà pleinement accepté».

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr