La reine Elizabeth en guerre contre son ancien majordome

Décidément, Buckingham n’aime pas que l’on s’attribue des qualificatifs royaux sans y avoir droit. En début d’année, le Palais avait été intraitable concernant l’interdiction d’utiliser les termes « Sussex Royal » par le prince Harry et son épouse, qui en faisaient usage sans problème avant leur décision d’abandonner leurs fonctions royales. Il en va de même pour Grant Harrold, le majordome le plus célèbre du Royaume-Uni. Cet ancien valet de seulement 42 ans, incollable sur l’étiquette, dirige une entreprise de conseils et forme des majordomes, utilisant le nom de marque « The Royal Butler », une dénomination qui ne plait pas à la reine Elizabeth, qui souhaite l’interdire.

Grant Harrold fut le majordome du prince Charles pendant 7 ans. Il souhaite enregistrer son nom de marque « The Royal Butler » mais les avocats de la reine Elizabeth sont intervenus pour rejeter sa demande (Photo : capture YouTube/The Royal Butler)

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L’ancien majordome du prince Charles dispense des formations « royales » qui déplaisent à Buckingham

Grant Harrold est très souvent invité sur les plateaux télé. Considéré en Angleterre comme « Monsieur Étiquette », il est incollable sur le protocole et ses interventions regorgent toujours d’anecdotes concernant la famille royale. Son savoir, il le doit aux nombreuses années passées à servir la famille royale. Il n’a que 42 ans et pourtant il fut le majordome du prince Charles et de la duchesse de Cornouailles de 2004 à 2011.

Depuis qu’il a arrêté de travailler au service de Sa Majesté, le majordome joue sur sa notoriété pour développer ses activités. Il est surnommé « The Royal Butler » (le « majordome royal », en français), et mise sur cette appellation pour créer une marque. Il a un compte Instagram certifié, il est suivi par près de 32 000 abonnés sur Twitter et possède une chaine YouTube suivie par plus de 13 000 abonnés. Dans ses vidéos, il délivre des conseils pour dresser une table, servir des convives, s’adresser aux personnes importants, mettant en scène ses teckels pour illustrer ses propos.

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Le majordome ne s’arrête pas à une notoriété en ligne, puisqu’il a également fondé une « école » pour dispenser son savoir. Il a deux programmes de formation, l’un est un stage d’étiquette, l’autre un stage pour former des majordomes. Il les dispense au palais Blenheim, résidence du duc de Marlborough, en présence de la princesse Katarina de Yougoslavie, grande-nièce du duc d’Édimbourg. Les cours portent le nom de « The Royal School of Etiquette » et « The Royal School of Butlers ». Autant le dire tout de suite, Buckingham Palace est furieux que le majordome utilise le terme « Royal » pour qualifier ses cours qui n’ont aucun lien avec la famille royale.

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Grant Harrold va devoir se battre contre les avocats de la reine Elizabeth

« C’est une bataille de David contre Goliath », explique un proche du majordome au Dailymail, qui a été mis au courant du conflit qui oppose Grant Harrold à son ancien employeur. Pourtant, il y a encore quelques semaines, l’ancien majordome ne tarissait pas d’éloge envers le prince Charles lors d’une interview avec Dailymail, en février 2020. Le prince Charles est « un employeur gentil, bienveillant et passionné ». La duchesse de Cornouailles, quant à elle, est une femme « qui a les pieds sur terre ».

« Pourquoi diable ne pourrait-il pas se faire appeler le majordome royal ? C’est ce qu’il a été. Que va faire le Palais ensuite ? Interdire aux pubs de s’appeler le Royal Oak ou demander au club du Reading FC d’arrêter de se faire appeler « les Royals » ? », continue le proche du majordome. Jusqu’à présent, Buckingham ne se souciait pas trop de l’appellation choisie par l’ancien majordome du prince Charles. Mais lorsqu’il a voulu enregistrer son nom de marque à l’office de la propriété intellectuelle britannique (IPO), sa demande a été rejetée. Le refus est dû à l’intervention du bureau du Lord Chambellan, travaillant pour Buckingham. Le Palais a fait savoir son refus à travers le bureau d’avocats Farrer & Co, qui représente les intérêts de la reine Elizabeth.

Buckingham n’a pas voulu commenter et les avocats du majordome lui ont conseillé de ne pas s’exprimer sur le sujet. Il compte néanmoins pouvoir s’opposer au rejet d’enregistrement du nom de marque. Une audience préliminaire devrait avoir lieu dans le courant du mois entre les deux parties afin de déterminer la suite de la procédure.

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Sources : Dailymail, The Royal Butler

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef - Rédacteur sénior

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés par passion. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales.