Reza Pahlavi appelle à la désobéissance civile et présente un nouveau traité pour l’Iran

Le prince héritier Reza Pahlavi, qui défend son pays d’origine depuis les États-Unis, a une fois de plus fait entendre sa voix. Cette fois-ci, le fils du dernier shah d’Iran, actuel prétendant au trône impérial, a enregistré un message vidéo solennel. Il appelle à la rébellion des Iraniens pour mettre fin à un régime « qui n’est pas réformable ».

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« Un avenir encore plus sombre va nous frapper »

Reza Pahlavi, 59 ans, continue à défendre son pays, de l’autre côté de l’Atlantique. Le fils du shah Mohammed Reza Pahlavi envoie très régulièrement des messages sur ses réseaux sociaux, en réaction aux tragiques événements qui secouent l’Iran. Cette semaine, le prince héritier a décidé d’envoyer un message fort, en enregistrant une allocution officielle dans laquelle il propose un pacte, un nouveau traité pour l’Iran.

« La raison pour laquelle je vous parle aujourd’hui est pour entamer un dialogue et présenter un nouveau traité, qui est une réponse à vos innombrables messages dans lesquels vous vous dites, à juste titre, préoccupés par le présent et l’avenir de l’Iran. Vous savez qu’un avenir encore plus sombre va nous frapper, si nous maintenons la domination islamique au quotidien », débute le prince Reza Pahlavi dans une vidéo qui dure 15 minutes.

« L’isolement, l’effondrement social, la discrimination, l’oppression, l’effondrement économique libre, la frustration et le désespoir ont été les seules réalisations des 41 années du régime islamique pour le peuple iranien. » La seule leçon à tirer de ces dernières décennies est claire pour le fils de l’impératrice Farah Diba. « Même les plus optimistes le reconnaissent aujourd’hui : ce système n’est pas réformable ! »

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Le prince Reza Pahlavi propose un nouveau pacte pour l’Iran

« Ma motivation pour présenter ce nouveau pacte n’est pas d’atteindre le pouvoir politique, mais d’essayer d’établir un système dans lequel le pouvoir n’est jamais monopolisé par un individu ou un groupe. » Reza Pahlavi affirme vouloir créer un pacte dans lequel tous les Iraniens seraient impliqués et entendus, « quels que soient leur sexe, leur appartenance ethnique, leur religion et leur orientation de pensée et de style de vie (…). La gouvernance individuelle et la structure pyramidale du pouvoir dans le monde d’aujourd’hui ne répondent pas aux besoins d’une société progressiste et dynamique. La prospérité et le progrès dans le monde d’aujourd’hui reposent sur l’établissement d’un gouvernement fondé sur la sagesse collective, la participation du public et la responsabilité civique. »

Reza Pahlavi se veut réaliste et ne tente pas de s’imposer comme le nouveau dirigeant d’un pays réformé. « Mon but est de mettre le pays sur la bonne voie (…). La première étape pour parvenir à une telle situation est la transition de la République islamique, qui est un symbole de monopole et d’accumulation de richesses et de pouvoir entre les mains d’un petit groupe. Aujourd’hui, non seulement nous savons ce que nous ne voulons pas, mais nous savons aussi clairement ce que nous voulons : une structure politique stable basée sur la volonté du peuple, dans laquelle le pouvoir sert le peuple et défend les intérêts nationaux, pas le monopole d’un groupe particulier. »

« Notre silence, notre indifférence et notre inaction aujourd’hui auront des conséquences bien plus catastrophiques pour le pays et les générations futures », prévient Reza Pahlavi. « La seule alternative acceptable est (…) un système dans lequel la loi dérive du vote libre du peuple. Il faut comprendre qu’aucune personne, aucun groupe ou aucune force ne peut nous sauver. Soit nous mettrons en sécurité ce navire secoué par la tempête, soit nous coulerons séparément. »

« Aujourd’hui, chacun de vous doit répondre à cette question vitale : où vous situez-vous sur cette ligne ? Du côté des ténèbres, de la ruine, de la corruption et de la frustration, ou du côté de la lumière, de la vie, de l’espoir, du progrès et de la prospérité ? De quel côté êtes-vous ? Du côté de la République islamique ou du côté de l’Iran ? Qu’êtes-vous prêt à faire pour sauver l’Iran ? », interroge le chef de la famille impériale.

Reza Pahlavi appelle à la désobéissance civile et demande aux Iraniens d’adhérer à son nouveau pacte (Photo : capture YouTube)

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Reza Pahlavi appelle aux « grèves, protestations et désobéissance civile dans différentes parties du pays »

« Je tends la main à toutes les forces politiques de la démocratie, indépendamment de leur passé et de leur orientation politique, et je veux qu’elles se concentrent sur un seul objectif : sauver l’Iran, mettre de côté les différences, l’arrogance et la suprématie. L’histoire et l’avenir vous jugeront, de quel côté étiez-vous dans les jours les plus critiques pour votre patrie ? Je dis à tous mes compatriotes : votre devoir, soldats de la patrie, est de défendre l’intégrité territoriale de notre patrie. Une patrie qui a survécu grâce à l’altruisme et au sacrifice de ses enfants les plus courageux. Aujourd’hui, alors que le gouvernement islamique a remis les terres et les eaux du pays à des étrangers afin de maintenir le pouvoir et tire sur des personnes sans défense, votre devoir est plus que jamais de défendre et de protéger la nation iranienne contre ce régime d’oppression. »

Reza Pahlavi s’adresse ensuite à la classe politique en place actuellement, alors que le pays est passé aux urnes cette année. « Vos enfants vous demandent : de quel côté vous situez-vous ? Le chemin vers la victoire est clair : il faut lier grèves, protestations et désobéissance civile dans différentes parties du pays. Dans les unités de travail et les quartiers, formez de petits cercles de protestation et propagez la désobéissance civile sous toutes ses formes. Soutenez les familles de grévistes et de prisonniers politiques et idéologiques. »

Le prince Reza Pahlavi, très populaire auprès de la population iranienne en exil de par la monde, demande aux exilés de joindre également leurs forces. « Pour façonner ce grand réseau de protestation, la condition de notre succès est de tolérer les points de vue et les opinions de chacun. Une Iran libre offre un lendemain pour tout le monde, et personne ne sera un citoyen de seconde zone à cause de ses croyances. En Iran, la liberté qui sera construite par vos mains compétentes, les droits de la minorité ne seront pas violés par le gouvernement majoritaire. Comprenez que nous sommes nombreux tous ensemble et que nous sommes plus forts que les oppresseurs. Notre plus grande force réside dans ce mot : Nous ! »

« Sachez que la communauté internationale surveille vos efforts aujourd’hui, écoute vos protestations et surveille votre lutte. Mon effort a toujours été et sera toujours de défendre vos droits et libertés, et ainsi de vous accompagner. »

Reza Pahlavi pense aux minorités, aux Baloutches et aux Kurdes, qu’il ne veut plus voir oppressés. « Je ne veux pas que les travailleurs et les retraités de mon pays vivent en dessous du seuil de pauvreté. Je ne veux pas voir mon pays vendu à des étrangers, et la richesse de mon pays pillée et dépensée dans d’autres pays. Je ne veux pas que les jeunes Iraniens souffrent de dépression et de désespoir à cause de toute cette discrimination et de cette injustice; Les conséquences sont les nombreux maux sociaux auxquels nous assistons aujourd’hui. »

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Un renouveau de l’Iran basé sur le modèle des pays baltes

Le prince Reza conclut son message en expliquant ce qu’il attendait par la nouvelle alliance qu’il met en place. Ce traité, il l’affirme, peut offrir l’espoir « d’un avenir radieux. Un avenir qui mettra le pays sur la voie du progrès et du développement. L’avenir que vous méritez. » Il base son traité sur des exemples de pays ayant réussi à connaitre une croissance prospère après avoir mis un terme à un régime oppressif. Il prend en exemple les pays baltes, qui ont connu une croissance économique remarquable après l’indépendance de l’Union soviétique.

« Les États baltes ont mis cinq conditions à leur ordre du jour:
• Transparence du système financier
• Transparence du budget gouvernemental
• Bien-être et sécurité des travailleurs et des employés
• Garantie de la propriété et des droits des investisseurs
• Accepter des règles d’arbitrage impartiales dans la résolution des litiges financiers et commerciaux. »

« Aujourd’hui, la vérification de l’engagement des pays à ces conditions fait l’objet des règles et critères de cinq institutions internationales de renom:
Premièrement, le Groupe d’action financière (GAFI)
Deuxièmement, l’Organisation internationale de partenariat budgétaire (IBP)
Troisièmement, l’Organisation internationale du travail (OIT)
Quatrièmement, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)
Et cinquièmement, le Stockholm Arbitration Institute (SCC)
Mais où est l’Iran aujourd’hui ?
En termes de transparence financière, notre pays est sur la liste noire du GAFI, ce qui entraîne des restrictions strictes et des coûts élevés pour les transactions des entreprises iraniennes. »

Reza Pahlavi termine son message et se veut rassurant : « La sortie du désespoir, de la pauvreté et de l’oppression est plus facile que vous ne le pensez. L’Iran, qui possède beaucoup plus de ressources naturelles que les pays baltes, peut guider la technologie et la gestion modernes en attirant les investissements nationaux et étrangers en s’engageant à respecter ces cinq conditions.

Les enfants immortels d’Iran, de Neda à Pouya, de Sattar à Nikta, et tous les braves gens qui ont sacrifié leur vie pour la liberté et la gloire de la patrie, attendent notre alliance. Il est maintenant de notre devoir de réaliser leurs souhaits. »

Reza Pahlavi conclut en faisant réference à Kaveh, un personnage mythique de l’ancien Empire perse qui mena la révolte populaire des Iraniens contre le roi despote Zahhak. « De cette façon, vous êtes chacun un Kaveh, et l’Iran a besoin de votre sacrifice et de votre courage. Kavehs, compagnons et alliés, pour la libération de la patrie, jusqu’au retour de la grandeur de l’Iran. »

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Source : Reza Pahlavi

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef - Rédacteur sénior

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales.