L’ancien roi du Népal inquiet par la gestion politique du pays

La veille du jour de Prithvi Jayanti, célébré le 11 janvier, l’ancien roi Gyanendra Shah du Népal a envoyé un communiqué dans lequel il revient sur l’échec du régime actuel et des politiques en place à répondre aux demandes de la population.

Le roi Gyanendra Shah a adressé son traditionnel communiqué à l’occasion de la célébration de Prithvi Jayanti (Photo : WikiCommons)

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Le Népal honore la mémoire du roi Prithvi Narayan Shah tous les 11 janvier

L’ancien roi Gyanendra Shah a envoyé un communiqué le 10 janvier 2021, la veille de Prithvi Jayanti, un jour de fête au Népal, observé par la majorité de la population. Tous les 11 janvier, on commémore la mémoire du roi Prithvi Narayan Shah, fondateur de la dynastie Shah. La famille Shah a régné sur le Népal moderne de 1768 à 2008, date à laquelle Gyanendra Shah a accepté sans contrainte l’abolition de la monarchie.

Prithvi Narayan Shah, né le 11 janvier 1723, est devenu roi de Gorkha à 20 ans. Il est le fondateur du Népal moderne, ayant unifié le pays, qui jusqu’alors était composé de 54 petits États souverains, dont le sien, le royaume de Gorkha. En 1768 il devient le premier roi du Népal et mourra le 15 janvier 1775.

Le roi Prithvi Narayan Shah a fondé le Népal moderne (Image : Domaine public)

Message de l’ancien roi Gyanendra Shah à l’occasion de Prithvi Jayanti

Alors que les manifestations pro-monarchiques s’intensifient depuis quelques mois au Népal, l’ancien roi Gyanendra Shah qui observe la situation de loin mais tout de même avec beaucoup d’attention, a déclaré dans son communiqué qu’il était « grand temps que nous évaluions à quel point la politique pratiquée au Népal est honnête et favorable au peuple ». Il y a quelques jours, la dissolution de la Chambre des représentants par la présidente Bidya Devi Bhandari, sur ordres du Premier ministre K. P. Sharma Oli, a encore plus cristalliser les frustrations de la population.

Celui qui n’a jamais caché sa disponibilité s’il était à nouveau plébiscité par le peuple, a fait savoir que sa « plus grande inquiétude à l’heure actuelle est de savoir comment le pays peut être protégé dans la situation actuelle », comme le rapporte My Republica. Chaque année, l’ancien roi a pris pour habitude d’envoyer un communiqué à cette date, dont la teneur de ses propos a tendance à se répéter. Mais jamais encore l’opinion publique ne semblait lui être autant favorable, depuis son éviction du trône.

« Les Népalais ont le sentiment que des incidents fâcheux se produisent et que l’histoire, la civilisation, la religion, la culture et l’unité nationale du pays sont sabotées au nom du changement et selon la volonté des forces étrangères », explique le roi Gyanendra, cité par Khabar Hub. Les groupes pro-monarchiques qui demandent le retour du roi depuis quelques mois ont mis en avant dans leurs campagnes l’aspect culturel que peut apporter la figure d’un roi. Les groupuscules sont également favorables à la restauration d’une monarchie confessionnelle hindoue.

Le roi Gyanendra a rappelé que c’était une tradition de la dynastie Shah d’avancer en respectant la volonté du peuple. Il a également rappelé que les rois du Népal avaient accepté le régime d’une monarchie constitutionnelle et que lui-même avait accepté d’abandonner la couronne lorsqu’on l’a prié de partir. Peu de temps avant l’abolition effective de la monarchie, des rumeurs indiquaient que le jeune prince Hridayendra, petit-fils du roi, était le candidat idéal pour lui succéder. Le roi Gyanendra, qui était monté sur le trône dans des circonstances troubles, après le massacre de la famille royale du Népal en 2001, était devenu aussi impopulaire que son fils, le prince héritier Paras.

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef - Rédacteur sénior

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr

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