Arrestation d’un photographe qui prenait le roi de Thaïlande en photo à l’aéroport de Zurich (VIDEO)

Depuis quelques jours, l’habituelle tranquillité du roi de Thaïlande est quelque peu perturbée. Lui qui vit tout au long de l’année dans un hôtel bavarois, dont il loue le quatrième étage pour y vivre avec son harem de femmes, est dorénavant exposé médiatiquement. Il y a deux semaines, le magazine BILD avait révélé que le roi Maha Vajiralongkorn résidait dans cet hôtel malgré la crise du coronavirus qui sévit dans son pays, comme partout ailleurs. Cette semaine, la police cantonale de Zürich a-t-elle enfreint la liberté de la presse en arrêtant un photographe à l’aéroport ? Ce dernier voulait prendre des photos du roi. L’arrestation musclée du photographe a été filmée.

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Un photographe menotté et arrêté dans l’aéroport de Zurich

Claudio M. (non d’emprunt utilisé par la presse) avait été envoyé par le magazine BILD, pour prendre des photos du roi de Thaïlande, qui rentrait d’un passage éclair dans son pays. Il a passé la journée de lundi en Thaïlande afin de participer aux cérémonies du Jour des Chakri, en honneur à sa dynastie, il a signé un arrêté royal concernant la crise du coronavirus et il a rencontré le Premier ministre qui lui a fait un topo complet sur la gestion de la crise. Ensuite, lui et son épouse, la reine Suthida, ont fait mine d’offrir du matériel de soin lors d’un événement organisé devant le palais. Ainsi s’achève le passage d’une journée du roi dans son pays. Quelques heures plus tard, il reprenait un avion dans l’autre sens. Les vols sont souvent les mêmes. De Bangkok, les avions commerciaux de Thai Airways se dirigent vers Zürich, afin d’y déposer la reine Suthida, qui elle vit dans un hôtel en Suisse. De là, le roi embarque dans un avion royal vers Munich, afin qu’il rejoigne l’hôtel Sonnenbichl.

Anciennes photos du roi Maha Vajiralongkorn et de la reine Suthida à l’aéroport. (Image : Facebook/KonthaiUK)

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La sécurité du roi de Thaïlande avait repéré le photographe

Le journal BILD connaissant parfaitement ce parcours, avait engagé un photographe pour prendre des clichés de l’arrivée du roi lors de son escale à Zürich. Au moment où l’avion était en train d’atterrir, il a été repéré par la police cantonale de Zürich. Les policiers lui ont demandé d’arrêter et quand il a fait valoir son droit à la liberté de la presse, les agents se sont montrés plus persuasifs. « Je prends des photos du roi », explique-t-il dans son bon droit. Les six policiers s’en sont pris à lui et lui ont tordu le bras pour qu’il obéisse. « Vous me faites mal ! », dit-il sans montrer de résistance. Dans la vidéo (il a filmé toute son arrestation), on entend un policier qui lui répond « C’est de votre faute si ça fait mal ».

Il est emmené dans le poste de police de l’aéroport et la tension est retombée. « Ils m’ont dit que l’entourage du roi de Thaïlande avait déclenché l’opération policière », explique le photographe. Avant de le relâcher « ils ont passé au crible mes photos pour s’assurer qu’il n’y avait vraiment aucune photo du roi dessus ». Quand les policiers ont compris qu’ils n’avaient plus de raisons de le garder, ils l’ont laissé partir. La police décide alors de ne pas lui faire payer les frais de stationnement.

BILD a rapporté que son photographe avait été arrêté à l’aéroport de Zurich (Image : capture BILD.de)

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Les médias germanophones remettent en cause la liberté de la presse

Certains médias, dont BILD, crient à une atteinte de la liberté de la presse. La police zurichoise se défend et le porte-parole de la police justifie l’arrestation en expliquant que le photographe s’est tout simplement opposé à un contrôle de police. Il a pourtant été clairement indiqué lors de l’arrestation que la police a agi après avoir reçu une demande du service de sécurité du roi de Thaïlande. La police indique que le photographe se trouvait dans une zone fermée au public, ce qui ne semble pas être le cas, comme on peut le voir dans la vidéo. « Je fais la même chose depuis des années et je n’ai jamais eu de problèmes. Je suis toujours resté du bon côté », explique le photographe au magazine suisse Blick. Il s’est dit encore sous le choc et est en contact avec Reporter Sans Frontières pour signaler l’incident, qui lui semblait impensable jusqu’alors, dans un pays comme la Suisse.

Visiblement, il n’y a pas qu’en Thaïlande que le roi souhaiterait contrôler les libertés. Dans son pays, le crime de lèse-majesté est toujours d’application. Critiquer le roi ou un membre de sa famille publiquement ou sur les réseaux sociaux est passible d’une amende et jusqu’à 15 ans d’emprisonnement.

Le photographe a filmé toute son arrestation musclée (Image : capture d’écran)

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Sources : Bild, Blick

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef - Rédacteur sénior

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés par passion. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales.