Les Stuart : Ces Bretons qui ont régné sur les îles britanniques pendant 350 ans

La famille Stuart est l’une des familles les plus connues au monde. Des séries, des livres, des rumeurs et des intrigues fantasmagoriques entourent ce nom légendaire de la plus grande dynastie britannique. Les Stuart ont régné sur l’Écosse dès 1371, puis sur tous les territoires du Royaume-Uni de 1603 à 1714. Mais saviez-vous que cette dynastie écossaise, qui portait d’abord le nom de Stewart, était issue du clan FitzAlan, d’origine bretonne ?

En 1937, à l’occasion du couronnement de George VI, le 7e comte Castle Stuart porte le coronet pour une séance photo avec Bassano. Il s’est suicidé en 1961. Son fils, 8e comte Castle Stuart, est le chef de la Maison Stuart, descendant en ligne masculine de Robert II d’Écosse, premier monarque Stuart de l’histoire (Photo : © National Portrait Gallery, London/Bassano- Creative Commons)

Les origines de Stewart ont longtemps été un sujet de controverse, notamment à cause des légendes propagées pendant des siècles. Par exemple, Shakespeare s’est inspiré des travaux de l’historien du 16e siècle Raphaël Holinshed pour écrire Macbeth. La lecture de cette tragédie laisse penser que les Stuart descendent de Fléance, fils du légendaire Banquo, thegn de Lochaber. Les origines racontées ici, se basent sur les dernières versions approuvées par les historiens contemporains, grâce aux recherches de Sir James Balfour Paul, publiées dans The Scots peerage en 1907, qui confirment des premières hypothèses de John Horace Round en 1901.

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Les origines bretonnes des FitzAlain

Entre Saint-Malo et le Mont-Saint-Michel vivent aujourd’hui moins de 6000 Dolois, qui peut-être ignorent qu’un des leurs est à l’origine d’une famille royale qui s’est établie de l’autre côté de la Manche. Dol-de-Bretagne est une ville d’Ille-et-Vilaine, dont le nom provient du gaulois signifiant « méandre ». Dol est située dans un méandre du Guioult.

C’est à Dol-de-Bretagne que commence l’historie des Stuart. Ici, une vue de la ville aujourd’hui, avec la cathédrale en arrière-plan, lieu où les ancêtres des Stuart travaillèrent comme sénéchaux (Photo : Wikimedia Commons – CC3)

Dès le 6e siècle, Dol devient l’un des premiers évêchés de Bretagne. Et l’évêque Samson de Dol est même l’un des sept fondateurs de la Bretagne, et la cathédrale de la ville lui est dédiée. La ville est prise par les Normands au milieu du 10e siècle, puis pillée par les Vikings quelques décennies plus tard. C’est dans ce contexte que Guillaume le Conquérant arriva à Dol (scène représentée sur la tapisserie de Bayeux) lorsqu’il mena une expédition contre la Bretagne.

L’arrivée à Dol et Conan représentée sur la tapisserie de Bayeux (Photo : Wikimedia Commons)

Parmi les notables de Dol, il y avait la famille d’Alain. Les historiens ont retrouvé l’existence d’un certain Alain, né probablement au 10e siècle, qui avait été élu dapifer, un terme que l’on traduit par sénéchal. Alain était le sénéchal de l’évêque de Dol, un titre héréditaire accompagné d’une véritable fonction. Son fils, lui aussi Alain, devint sénéchal de Dol à son tour. Il mourut lors de la première croisade, en 1097. Son fils Fledaldus dit Flaad, lui succéda.

Selon la tradition, on nommait une personne en ajoutant « fils de » derrière son prénom. Ainsi, Fledaldus était appelé « Flaad Fils d’Alain ». Quant à « fils de », il s’écrivait phonétiquement « Fitz ». Le fils de Flaad, Alain FitzFlaad, fut aussi sénéchal jusqu’à sa mort en 1114.

La cathédrale Saint-Samson de Dol, centre du diocèse et de l’ancien évêché de Dol où les FitzAlain ont été sénéchaux de père en fils (Photo : Wikimedia Commons – CC3)

On dit que le futur roi Henri 1e d’Angleterre, fils de Guillaume le Conquérant, rencontra Flaad et son fils Alain lorsqu’il fut assiégé au Mont-Saint-Michel. Une fois libéré et lorsqu’il monta sur le trône d’Angleterre en 1100, Henri recruta le notable breton et en fit l’un de ses proches conseillers. Flaad et son fils Alain se rendirent en Angleterre, vivre à cour du roi.

Les FitzAlain deviennent les proches conseillers du roi d’Angleterre

Alain, tout en étant proche du roi d’Angleterre, devint sénéchal de Dol à la mort de Flaad et continua aussi son ascension sociale en Bretagne, en épousant Avelina de Hesdin, fille du grand propriétaire Ernulf de Hesdin de Ponthieu.

Du côté anglais, Henri 1e avait confié à Alain FitzFlaad la supervision des frontières galloises. En échange de ses bons services, il avait obtenu des territoires et des domaines dans le Shropshire. En devenant propriétaire d’un château à Oswestry, il fut reconnu comme un seigneur et venait donc de faire son entrée dans la petite noblesse anglaise. Alain et Avelina étaient les parents de Gauthier FitzAlan, Guillaume FitzAlan et Jordan FitzAlan. Un certain Simon est aussi mentionné, parfois comme un fils d’Avelina, adopté par Alain, parfois comme un bâtard.

Jordan FitzAlan héritera du titre de sénéchal de Dol, qu’il transmit à son tour à ses descendants bretons. Les autres fils d’Alain avaient suivi leur père en Angleterre. Son fils Guillaume (connu comme William FitzAlan) héritera du patrimoine foncier de son père et des titres associés. Il sera donc seigneur d’Oswestry et de Clun, tout en exerçant la fonction de shérif dans le comté du Shropshire. Ses descendants deviendront comtes d’Arundel puis ducs de Norfolk. Edward Fitzalan-Howard, actuel 18e duc de Norfolk est toujours au service de Sa Majesté, puisqu’il est comte-maréchal d’Elizabeth II.

Si Jordan a hérité du titre de sénéchal de Dol et Guillaume des titres nobiliaires de leur père, le troisième fils, Gauthier devra lui-même tracer sa route… en Écosse. À la mort d’Henri 1e, l’Angleterre connut la période qualifiée d’Anarchie, alors que sa seule fille légitime Mathilde L’Empresse s’empare du pouvoir. Il semblerait que Gauthier (connu comme Walter FitzAlan) ait préféré trouver les faveurs du côté du roi David 1e, en Écosse, qu’il connaissait bien puisque celui-ci avait été le protégé d’Henri 1e.

Les FitzAlan deviennent sénéchaux en Écosse

Le roi David nommera Walter dapifer (ou sénéchal) du roi d’Écosse. Sénéchal est une fonction de bras droit, d’intendant, semblable à celle d’un conseiller, traduit en anglais par steward. Steward est toujours le mot anglais utilisé pour désigner une personne au service d’autrui. Le mot steward vient du vieil anglais « stig » (qui veut dire foyer, maison) et « ward » (qui veut dire gardien).

Il ne s’agit certainement pas d’un hasard si Walter FitzAlan ait été nommé dapifer (sénéchal, steward) par le roi David, alors que son frère ainé, Jordan FitzAlan, était au même moment dapifer de Dol, en Bretagne, une fonction assurée de père en fils dans la famille.

Walter savait, par son héritage familial, comment être un bon intendant et sa mission consistait principalement à tenir et gérer la Cour. Il deviendra très proche du roi David, qui l’avait nommé steward à vie, mais aussi de façon héréditaire. Nommé à vie, Walter assurera sa fonction de steward lors des règnes suivants du roi Malcom IV et du roi Guillaume 1e Le Lion.

À la mort de Walter, en 1177, son fils Alan FitzWalter hérita de la fonction de grand-sénéchal du roi d’Écosse. Alan FitzWalter servit durant le règne de Guillaume Le Lion. On dit qu’il aurait accompagné Richard Cœur de Lion durant la troisième croisade. Il acquit aussi des terrains, dont l’île de Bute, à l’ouest de l’Écosse. Alan avait épousé Alesta, fille de Morggán, comte de Mar. Leur fils Walter adopta le titre de son père comme patronyme.

Il arrivait que le titre de noblesse ou la fonction finisse par se confondre avec le nom. L’orthographe incertaine de l’époque fait de « steward » le nom « Stewart » (avec un “t”). Walter Stewart est donc le premier à utiliser le titre comme patronyme. Il devint le 3e grand-steward du roi d’Écosse à la mort de son père, en 1207. Sous son mandat apparait aussi dans ses signatures la mention de Justicier d’Écosse. Il se faisait aussi appeler Walter de Dundonald, du nom d’un château qu’il possédait.

Walter avait épousé Bethóc, fille du comte d’Angus. Parents de nombreux enfants, leur fils aîné, Alexandre Stewart deviendra le 4e grand-sénéchal du roi d’Écosse. C’est sous son mandat que la fonction de « grand-steward du roi d’Écosse » devient « grand-steward d’Écosse ». Cela montre clairement l’importance de la fonction, qui n’est plus simplement d’être au service du roi mais bien de toute la nation. Alexandre Stewart accompagnera le roi Saint-Louis lors de la septième croisade.

Alexandre Stewart (aussi parfois appelé Alexandre de Dundonald), ayant pris du galon, deviendra en 1255 l’un des Gardiens de l’Écosse, nom donné aux régents nommés pour gouverner le pays durant la minorité du roi Alexandre III. Il s’avérera être un fin stratège militaire et lèvera une armée. Il réussira à défendre l’Écosse des attaques du roi de Norvège et des Hébrides. Son frère était lui aussi impliqué dans la défense du pays. C’est ainsi que plusieurs membres de la famille reçurent différents titres, seigneuries, comtés en remerciement de leurs actions pour le royaume.

Alexandre Stewart aurait aussi réalisé un pèlerinage jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle. C’est ce voyage qui lui aurait donné l’idée de prénommer son fils Jacques (ou James en anglais). Le nom était alors totalement inconnu en Écosse. Jacques Stewart devint à son tour 5e grand-sénéchal d’Écosse, en 1283. Jacques, comme son père sera désigné Gardien de l’Écosse pendant la minorité de la reine Marguerite 1ère. Cette dernière meurt prématurément en 1290 et Jacques Stewart continue à occuper sa fonction de régent pendant la période d’interrègne.

Les Stewart montent sur le trône d’Écosse

Jacques Stewart avait épousé Giles (Egidia) de Burgh, fille du comte irlandais d’Ulster. Leur fils aîné, Walter Stewart, devint le 6e grand-sénéchal d’Écosse. Elizabeth de Burgh, une petite-nièce de son épouse, avait épousé le roi Robert Bruce. Après les défaites du roi Robert 1e Bruce, plusieurs femmes de son entourage, dont son épouse et sa fille Marjorie, issue de son premier mariage avec Isabelle de Mar, furent prisonnières en Angleterre. Marjorie fut emprisonnée à la Tour de Londres, transférée dans un couvent et puis dans différents lieux de détention, humiliée en public, et même détenue dans une cage.

Après avoir capturé Humphrey de Bohun, grand ami du roi Edouard 1e d’Angleterre dont il avait épousé la fille, Robert 1e de Bruce conclut un marché. Il accepte de libérer Humphrey de Bohun, en échange de son épouse et de sa fille Marjorie. Edouard II accepte en 1314, prêt à tout pour récupérer son beau-frère à ses côtés. Robert Bruce envoie son grand-sénéchal, Walter Stewart récupérer sa fille à la frontière et lui confie la tâche de la ramener à la cour. Walter épousera Marjorie en 1315. En guise de dot pour sa fille, le roi Robert de Bruce offre la baronnie de Bathgate à Walter Stewart. Marjorie est morte en donnant naissance à leur fils, Robert en 1316. Walter épousera ensuite Isabel de Graham et il aura encore trois enfants.

Robert Ier, roi d’Écosse a donné sa fille Marjorie en mariage à son grand-sénéchal, Walter Stewart. Il est le grand-père de Robert II, premier roi de la dynastie Stewart/Stuart (Photo : © National Portrait Gallery, London- Creative Commons)

Robert Ier Bruce meurt, probablement d’une forme de lèpre, en 1329. Son fils David II d’Écosse lui succède. David avait épousé Jeanne de la Tour, fille du roi Edouard II d’Angleterre et d’Isabelle de France. Leur mariage resta infructueux, tout comme les nombreuses relations de David II avec ses maitresses. C’est son neveu, Robert Stewart, fils aîné de sa demi-sœur Marjorie, qui lui succèdera.

Robert Stewart, petit-fils de Robert de Bruce, succède à son oncle, David II en 1371. Ainsi débute la dynastie des Stewart. Depuis leur Bretagne natale, où ils officiaient comme sénéchaux de Dol, jusqu’à l’ascension sur le trône écossais de Robert II, plus de 300 ans se sont écoulés. Ils règneront sur l’Écosse, puis sur l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Irlande à partir de 1603.

Le roi Robert II d’Écosse, premier roi Stuart (Photo : © National Portrait Gallery, London- Creative Commons)

La dynastie des Stuart s’empare de l’Angleterre

En 1390, Robert III, fils de Robert II lui succède sur le trône, suivi par Jacques 1e, Jacques II, Jacques III, Jacques IV, Jacques V et Marie 1e. Marie, devenue reine d’Écosse à l’âge de six ans, à la mort de son père, fut aussi mariée précocement à 15 ans au dauphin de France, François. François monta sur le trône dans les mois qui ont suivi leur mariage, après la mort accidentelle de son père en 1559. La reine Marie d’Écosse et de France vivra avec son époux en France, là où son nom de Stewart fut francisé en Stuart.

François II mourut au bout d’un an seulement sur le trône, ce qui permit à sa jeune veuve de retourner en Écosse. Là, elle épousa son lointain cousin, Henri Stewart, lord Darnley. Marie descend de James Stewart, 5e grand-sénéchal d’Écosse, alors que lord Darnley descend de John Stewart, frère de James. Ils ont donc comme ancêtre commun Alexandre Stewart, 4e grand-sénéchal décédé en 1283. Cette lointaine parenté permet cependant à la dynastie des Stewart, devenue alors Stuart, de continuer à régner sur l’Écosse. En effet, c’est leur fils, Jacques, âgé d’un an, qui succèdera à Marie, contrainte d’abdiquer en 1567.

La reine Marie d’Écosse et son deuxième époux, Lord Darnley. Ils sont tous les deux membres de la famille Stuart (Photo : © National Portrait Gallery, London- Creative Commons)

Jacques VI connaitra 4 régents jusqu’à sa majorité. Il entretiendra une conversation secrète avec les conseillers de la couronne anglaise et parviendra à séduire la reine Elisabeth 1ère, dont la fin approchait, sans héritier. Grâce à William Cecil, conseiller de la reine, Jacques VI fut désigné comme son héritier et à la mort d’Elisabeth 1ère, il fit le voyage jusqu’à Londres. Jacques VI d’Écosse fut couronné Jacques 1e d’Angleterre le jour de la mort d’Elisabeth, le 24 mars 1603. La couronne anglaise était déjà souveraine sur l’Irlande, ce qui fera de Jacques 1e, le premier roi britannique à régner sur les trois royaumes (Angleterre, Écosse, Irlande), en même temps, bien que ceux-ci étaient toujours officiellement des pays distincts et indépendants.

Charles 1e succède à son père en 1625. On connait les problèmes de succession qui vont se poser par la suite. Charles II succède à son père, mais il n’a aucun descendant légitime. Jacques II, le frère de Charles II lui succède. Jacques II, catholique et pro-français, est contraint de fuir l’Angleterre lorsque sa deuxième épouse, Marie de Modène, donne naissance à un fils, Jacques François Stuart. L’éventualité qu’une dynastie catholique se mette en place, l’oblige à fuir.

Le protestant Guillaume III d’Orange, beau-fils de Jacques II (il avait épousé sa fille Marie issue de son premier mariage), aida son épouse à monter sur le trône. Marie II et Guillaume règneront conjointement. Morte à seulement 32 ans de la variole, avant de pouvoir donner naissance, Guillaume continuera à régner seul jusqu’à sa mort en 1694. C’est Anne, sœur cadette de Marie, qui lui succèdera. Anne 1re est la dernière souveraine de la dynastie des Stuart.

La reine Anne de Grande-Bretagne et d’Irlande est la dernière souveraine de la dynastie des Stuart (Photo : Wikimedia Commons)

La fin des Stuart et la période hanovrienne

La reine Anne, qui avait épousé le prince Georges de Danemark, eut 17 grossesses, sans qu’aucune ne donne un enfant. Sous son règne, en 1707, l’Écosse et l’Angleterre s’unissent pour former la Grande-Bretagne. Elle est donc la première souveraine de Grande-Bretagne et d’Irlande. Elle mourra sans descendance en août 1714. Suite à l’Acte d’établissement de 1701, qui empêchait un catholique de monter sur le trône, il fallut partir à la recherche de son plus proche héritier.

En parcourant son arbre généalogique, on dut évincer une cinquantaine de parents catholiques, avant de trouver Sophie de Palatinat et de Bohême, devenue princesse-électrice de Hanovre à son mariage avec Ernest-Auguste de Hanovre. Sophie de Palatinat était la fille de Frédéric V du Palatinat et d’Elisabeth Stuart, elle-même fille du fameux Jacques VI d’Écosse devenu Jacques 1e d’Angleterre. Sophie mourut en juin 1714, soit deux mois avant la reine Anne. Le plus proche parent protestant de la reine Anne fut donc le fils de Sophie, Georges de Hanovre, qui devint l’héritier puis roi, en l’espace de quelques jours. Ainsi débute la période hanovrienne et met fin à la dynastie de Stuart.

Qui sont les descendants actuels des Stuart ?

Les descendants de Jacques II et de son fils Jacques François Stuart ont longtemps été reconnus par les Jacobites, leurs partisans, comme les héritiers légitimes de la Couronne et ont refusé de reconnaitre les règnes des Hanovre. Pendant plusieurs générations, il y eut une crainte de voir les Jacobites faire un retour en Angleterre. À la mort d’Henri-Benoît Stuart, cardinal et donc sans enfants, la succession au trône jacobite quitte la famille Stuart, car elle passe au plus proche parent de ce dernier, le roi Charles-Emmanuel IV de Sardaigne, appartenant à la Maison royale de Savoie. Passant de famille en famille, le prétendant au trône jacobite actuel est François de Bavière, également prétendant au trône du royaume de Bavière, étant un descendant direct de Charles 1e d’Angleterre.

Aujourd’hui, les descendants des premiers Stewart et même des FitzAlan sont très nombreux. Parmi eux, il y a les marquis de Bute. Portant le patronyme de Crichton-Stewart, la famille du marquis de Bute descend de John Stewart, né en 1360, fils du roi Robert II d’Écosse et de sa maitresse Moira Leitch. Robert II avait offert en lot de consolation à son fils illégitime les terres de l’île de Bute, appartenant aux Stewart depuis le 3e grand-sénéchal d’Écosse.

L’actuel chef de famille des Stuart est Arthur Stuart, 8e comte de Castle Stuart, vicomte Stuart. Le titre de noblesse de comte de Castle Stuart appartient à la pairie d’Irlande du Nord. Il a été créé en 1800 pour élever Andrew Thomas Stuart au rang de comte, possédant déjà la titre de 9e baron de Castle Stuart. Le titre de baron de baron de Castle Stewart avait lui-même était offert en 1619 à Adrew Stewart, Lord Stewart d’Ochiltree, qui avait dû renoncer à son titre pour une raison d’héritage. L’actuel comte Castle Stuart, né en 1928, est l’aîné de la famille, comme le veulent les règles de transmission des titres de noblesse britannique. Il descend de Murdoch Stewart, duc d’Albany, l’un des petits-fils du roi Robert II d’Écosse.

Arthur Stuart, 7e comte Castle Stewart et son épouse Eleanor May Guggenheim, photographiés en 1937. Ils sont les parents de l’actuel 8e comte de Castle Stewart, chef de la branche ainée en ligne masculine de la Maison Stuart (Photo : © National Portrait Gallery, London/Bassano- Creative Commons)

On retrouve des Stuart en France. La famille Darnelé est aussi apparenté aux Stuart. Il s’agit de l’écriture francisé de Darnley, l’un des titres qu’a possédé une branche de la famille descendante d’Alexandre Stewart, la même branche dont est issu Henry Stuart, Lord Darnley, époux de la reine Marie 1re. Plusieurs enfants illégitimes de rois de la dynastie Stuart se sont vus attribuer des titres de noblesse en lot de consolation. Ils sont les ancêtres de plusieurs grandes familles actuelles. Ainsi la famille Gordon-Lennox dont l’actuel chef de famille est le 11e duc de Richmond descend de Charles Lennox, fils illégitime de Charles II.

La famille FitzRoy dont est membre le 12e duc de Grafton, descend aussi d’un fils illégitime de Charles II, tout comme le 14e duc de St-Albans (famille Beaucleck) ou encore le 10e duc de Buccleuch (famille Scott). Quant à James FitzJames, fils illégitime de Jacques II, il a fondé la Maison FitzJames, avec le titre de duc de Berwick pour le chef de famille. La famille s’étant installée en Espagne, elle a intégré également le système nobiliaire espagnol. Ce dernier n’ayant pas les mêmes règles de succession que le système nobiliaire britannique, deux ducs de Berwick existent à présent : Carlos Fitz-James Stuart y Martínez de Irujo, 19e duc d’Albe, selon la noblesse espagnole, et Jacobo Hernando Fitz-James Stuart y Gómez selon la noblesse britannique, bien que les deux ducs soient de nationalité espagnole.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr