La bourgade de Battenberg pour un prince répudié : l’origine des Mountbatten

C’est une petite bourgade d’un peu plus de 5000 habitants, située dans le Land de Hesse, en Allemagne, qui a donné son nom à l’une des dynasties les plus célèbres de l’histoire contemporaine. Battenberg servira de titre de consolation à un prince répudié du grand-duché de Hesse. La famille sera protégée par la reine Victoria, qui en bonne entremetteuse, permettra aux Battenberg, devenus Mountbatten au Royaume-Uni, de nouer des unions plus qu’interessantes. Un membre de cette famille est aujourd’hui connu comme le duc d’Édimbourg. À son mariage avec Elizabeth II, le prince Philip a permis aux Mountbatten d’accoler leur nom à celui des Windsor.

La mairie de Battenberg (bâtiment jaune à gauche qui est l’ancien pavillon de chasse de la famille de Hesse), l’église et la place situées sur le Neuburg, à l’emplacement du vieux château de Battenberg. En souvenir d’un séjour passé à Battenberg, le grand-duc Louis III offrira le titre de comtesse de Battenberg à sa belle-sœur (Photo : capture Google Street View)

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Marie et Alexandre de Hesse : les enfants naturels d’un baron suisse ?

L’histoire des Battenberg débute à Saint-Pétersbourg. Le prince Alexandre de Hesse, fils du grand-duc Louis II de Hesse, rend visite à sa sœur, Marie, installée à la Cour impériale de Russie. Marie et son frère sont liés par un secret qui leur valait une mauvaise réputation au sein de leur propre famille. Alexandre et Marie ne seraient pas les enfants biologiques de leur père, le grand-duc Louis II de Hesse. Louis et son épouse, Wilhelmine de Bade, vivaient séparés et elle s’était installée au château de Heiligenberg, situé à 12 km de la capitale, Darmstadt.

Au château de Heiligenberg, Wilhelmine fit la connaissance du baron Auguste de Senarclens de Grancy, un aristocrate suisse qui fut l’aide de camp de Louis. Wilhelmine et Auguste seront amants, une relation semi-officielle et connue à la cour. Malgré la séparation entre Wilhelmine et son époux, elle tomba plusieurs fois enceinte. Les biographes et historiens ne peuvent affirmer que les derniers enfants de Wilhelmine sont bien ceux du baron de Senarclens de Grancy, mais selon toute vraisemblance, ce serait bien le cas. Malgré tout, le grand-duc Louis II reconnut tous les enfants de son épouse comme les siens.

Trois des enfants de Wilhelmine de Bade. De gauche à droite : le futur grand-duc Louis III de Hesse, le prince Alexandre de Hesse et la princesse Marie (future tsarine) (Photos : domaine public)

Revenons en Russie, où la princesse Marie de Hesse recevait la visite de son frère. La princesse Marie avait épousé en 1841 le tsarévitch Alexandre Nicolaïévitch, qui deviendra en 1855 le tsar Alexandre II. Marie sera alors connue comme la tsarine Maria Alexandrovna.

Lors de cette visite, Alexandre de Hesse n’a d’yeux que pour la dame de compagnie de sa sœur, une comtesse polonaise du nom de Julia Hauke. Ils entameront une relation amoureuse et décideront de se marier en 1851. Malheureusement, Julia n’appartenait pas à une grande famille. Bien que comtesse lors de leur rencontre, elle était née roturière en 1825. La famille Hauke, d’origine allemande, avait été anoblie en 1829 par le tsar Nicolas 1e, qui avait offert le titre de comte au général Johann Moritz Hauke, le père de Julia, pour ses exploits militaires dans l’armée polonaise.

Johann Moritz Hauke, dit Maurycy Hauke, fut ministre de la Guerre dans l’armée polonaise, pour le compte du tsar de Russie. Le tsar lui offrit le titre de comte en échange de ses services (Photo : domaine public)

Julia Hauke, née en 1825, est la fille de Johan Moritz Hauke et de Sophie Lafontaine, elle-même fille de Leopold Franz Lafontaine, médecin de l’armée du duché de Varsovie. Julia Hauke était devenue pupille, à la mort de son père abattu. Le tsar Nicolas 1e prend alors Julia sous son aile et lui propose de devenir la dame de compagnie de sa belle-fille, Marie.

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L’histoire d’amour entre un prince de Hesse et une dame de compagnie au service de la famille impériale

L’union entre Alexandre et Julia Hauke n’était acceptée par personne. L’empereur Nicolas 1e de Russie avait prévu qu’Alexandre de Hesse épouse l’une de ses filles, comme Marie de Hesse avait déjà épousé son fils. Mais Alexandre tenait absolument à épouser Julia, la fille du ministre de la guerre du tsar. Après un court temps de réflexion à l’étranger, Alexandre de Hesse revint à Saint-Pétersbourg et s’enfuit avec sa promise. Ils se marieront à Breslau, en 1851, contre l’avis de tous. Le tsar Nicolas 1e refusa au frère de sa belle-fille de revenir à la Cour et l’interdit de réintégrer l’armée impériale. Alexandre de Hesse et son épouse Julia, trouvèrent refuge dans la patrie d’origine d’Alexandre.

La comtesse Julia Hauke, dame de compagnie de Marie de Hesse (Image : domaine public)

C’est au grand-duché de Hesse qu’Alexandre et Julia Hauke purent s’installer… sous certaines conditions. Ne voulant pas froisser ses relations avec la Russie, le grand-duc de Hesse, qui était à présent Louis III, ne put honorer sa nouvelle belle-sœur en lui offrant le titre de princesse de Hesse auquel elle aurait eu droit si elle était née dans une autre famille. Pour punir Alexandre de son mariage morganatique, il fut retiré de l’ordre de succession au trône du grand-duché de Hesse. Mal vu dans la famille (on le soupçonnait déjà de n’être que le demi-frère du grand-duc), à présent non dynaste, Alexandre put tout de même garder ses titres. C’est son épouse, Julia, qui n’obtint qu’un titre de consolation pour elle et leurs potentiels descendants… celui de comtesse de Battenberg.

Le prince Alexandre de Hesse et la comtesse Julia Hauke se sont mariés en 1851 à Breslau contre l’avis du tsar (Photo : Domaine public)

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Une petite ville méconnue en guise de consolation à une union morganatique

Le grand-duc Louis III de Hesse avait fait preuve de générosité en acceptant que son frère ne soit qu’à moitié répudié et puisse tout de même continuer à vivre au Grand-Duché. Il se montra même généreux d’offrir un titre de consolation à sa belle-sœur. Néanmoins, le choix du titre montre bien que cette apparente générosité cachait un cadeau dédaigneux.

Le grand-duc avait déniché une seigneurie située à la frontière de son territoire qui fut autrefois un comté. Au fin fond de la Hesse, située à la frontière actuelle avec le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, se trouve la ville de Battenberg. Cette ville fut au début du 13e siècle le fief d’une branche de la famille Wittgenstein. Ils étaient devenus les comtes de Battenberg. Au bout de quelques décennies seulement, les comtes de Battenberg avaient laissé la ville aux archevêques de Mayence. Leur château fut détruit au fil des décennies et des siècles suivants. Enfin, en 1464, la ville fut absorbée par la Hesse. Depuis lors, la bourgade appartenait à la famille de Hesse.

Le château de Battenberg (sur le « mont Batten) tel qu’il a pu exister au 14e siècle. Le château s’est peu à peu détérioré après la période des comtes de Battenberg, puis très peu utilisé par la famille de Hesse. Le château a été démoli en 1779 (Image : domaine public)

Dans cette ville de Battenberg, on y trouvait donc les ruines de l’ancien château, démoli en 1779. Sur le domaine de l’ancien château avaient été construits différents bâtiments successifs, dont le dernier était un pavillon de chasse, construit en 1732 pour le prince héritier de Hesse. Par la suite, le bâtiment, situé sur le lieu-dit de Neuburg, servit à abriter différents représentants politiques, comme l’administrateur de district. Selon les mémoires de la tsarine Marie (née Marie de Hesse), sa famille avait brièvement séjourné dans cette ville durant son enfance, lors d’une visite dans la région. Battenberg est tout de même située à plus de 150 km de la capitale, Darmstadt.

L’arrière du Neuburg, un ancien pavillon de chasse de la famille de Hesse, qui fut construit sur les ruines du vieux château de Battenberg. Le bâtiment a abrité différentes institutions. Depuis 1971, il sert de bureau administratif à la ville (Photo : Wikimedia Commons)

Avec l’obtention de ce titre de consolation, le mariage morganatique fut en quelque sorte légitimé. Louis III aida aussi son frère à poursuivre sa carrière militaire. Interdit de retrouver l’armée impériale russe, c’est dans l’armée autrichienne qu’il fut accepté. Au fil des ans, Alexandre et Julia gagnèrent du galon. Louis III se rendit compte des qualités du couple. Alexandre et son épouse auront 5 enfants, tous nés dans une autre ville (Strasbourg, Vérone, Milan, Graz, Padoue), selon où le couple était stationné en fonction des missions militaires d’Alexandre.

En 1858, Louis III fit une fois de plus preuve de bonté et éleva la comtesse Julia de Battenberg au rang de princesse, avec le prédicat d’Altesse Sérénissime. Julia et Alexandra s’étaient installés, entre les missions militaires, au château de Heiligenberg, à quelques kilomètres de Darmstadt. Cette proximité permettait, officiellement de montrer une certaine distance avec le couple répudié, mais aussi à Alexandre, qui était d’une aide précieuse pour son frère, de rejoindre rapidement la cour et la capitale.

Le grand-duché de Hesse était resté très proche de la Russie, là où à présent, Marie, la sœur du grand-duc Louis III et d’Alexandre, était devenue la tsarine. Avec le tsar Alexandre 1e comme beau-frère du Grand-Duc, Hesse reçut l’attention des cours européennes. D’autant plus qu’à partir des années 70, la tsarine Marie fit des visites régulières à sa famille à Darmstadt. Elle aimait retrouver son frère Alexandre et son ancienne dame de compagnie Julia Hauke, devenue princesse de Battenberg. À la mort de Louis III, son neveu, Louis IV monta sur le trône du Grand-Duché, et le parrainage du couple impérial russe ne faiblit pas.

La tsarine Marie en visite en Hesse, au château de Heiligenberg en 1864. La tsarine est au centre et Julia Hauke, son ancienne dame de compagnie en blanc à gauche (Photo : domaine public)

La lecture des mémoires de la tsarine Marie permet de découvrir qu’elle se rendait au moins une fois par an en Hesse, et qu’elle aimait loger en toute intimité dans la plus modeste demeure de son frère Alexandre et de son épouse Julia. Alexandra mourut en 1888 et son épouse, la princesse de Battenberg, en 1895 au château de Heiligenberg. Le regard bienveillant d’une grande puissance comme la Russie sur la famille de Hesse, et même vis à vis de sa branche morganatique de Battenberg, ne passa pas inaperçu aux yeux d’autres grandes puissances… notamment aux yeux de la reine Victoria du Royaume-Uni.

Le château de Heiligenberg, situé à Seeheim-Jugenheim près de Darmstadt, où s’installa la famille répudiée des Battenberg. Le château appartiendra aux Mountbatten jusqu’en 1920 (Photo : Wikimedia Commons)

Les Battenberg trouvent les faveurs de la reine Victoria

La reine Victoria, à qui l’on reconnait ses talents d’entremetteuse, avait réussi à contracter des mariages des plus prestigieux pour ses premiers enfants. Sa fille ainée avait épousé un futur empereur allemand, son fils aîné (héritier du trône britannique) avait épousé la fille du roi de Danemark, et son deuxième fils avait épousé la fille du tsar. Pour sa deuxième fille, la princesse Alice, Victoria s’était tournée vers cette famille proche de la famille impériale, la famille de Hesse. Alice a donc épousé Louis IV de Hesse, neveu de Louis III et d’Alexandre. Alice était alors devenue grande-duchesse de Hesse.

Dix-sept ans séparent la première fille de la reine Victoria et sa dernière fille, Beatrice. Qui pour marier la dernière ? Après avoir scellé une union avec la branche ainée de la famille de Hesse, Victoria se résigna à faire son choix dans la branche morganatique pour trouver un époux à sa fille. En 1885, Beatrice épousa… Henri de Battenberg. Henri n’est autre que le troisième enfant d’Alexandre de Hesse et Julia Hauke, prince et princesse de Battenberg.

La princesse Alice de Battenberg bébé sur les genoux de sa maman, la princesse Victoria. Derrière, se tient la sœur de Victoria, la princesse Beatrice, qui épousera Henri de Battenberg, et la reine Victoria, assise à gauche (Photo : domaine public)

Si la reine Victoria n’eut pas peur de choquer la noblesse de son pays en acceptant le mariage de sa fille Béatrice avec un prince de Battenberg, jugé pas assez prestigieux par certains, c’est aussi parce qu’elle avait pu côtoyer de plus près, l’un des membres de la famille. En effet, Louis de Battenberg, le fils aîné d’Alexandre et Julia, avait épousé la princesse Victoria, l’une des petites-filles de la reine Victoria, en 1884.

Louis de Battenberg avait épousé sa cousine Victoria (étant la petite-fille de la reine Victoria par sa mère, la prince Alice, devenue grande-duchesse de Hesse) et cet homme brillant avait tout de l’homme idéal aux yeux de Victoria. Dès qu’il épousa la petite-fille de la Reine, il rejoignit l’armée britannique. Louis de Battenberg s’engagea dans la Royal Navy. Bien des années plus tard, sous le règne d’Edouard VII, il atteindra même le poste suprême de Chef d’état-major de la Marine.

Louis de Battenberg et Victoria de Hesse-Darmstadt. Louis est le fils de Alexandre de Hesse et de Julia Hauke, prince et princesse de Battenberg. Victoria est la petite-fille de la reine Victoria, par sa mère, la princesse Alice, devenue grande-duchesse de Hesse à son mariage (Photos : domaine public)

Les Battenberg deviennent les Mountbatten

Le prince Louis de Battenberg, né comte de Battenberg, en 1854, avait épousé la petite-fille de la reine Victoria, avec laquelle il eut 4 enfants : Alice, Louise, Georges et Louis. Tous auront une vie mouvementée et connue dans l’histoire, pour différentes raisons. Alice épousera le prince André de Grèce. Ils sont les parents du duc d’Édimbourg. Louise épousera le roi Gustave VI Adolphe et deviendra reine de Suède. Georges sera connu pour avoir été le tuteur du futur duc d’Édimbourg et enfin Louis, est le célèbre comte Mountbatten qui fut vice-roi des Indes.

Les enfants de Louis et Victoria ne sont pas les seuls Battenberg à s’être distingués. Rappelez-vous, la princesse Beatrice, fille de la reine Victoria, avait épousé Henri de Battenberg, frère cadet de Louis. Là aussi, la progéniture masculine d’Henri et Beatrice se distingua dans l’armée alors que leur fille, Victoire-Eugénie de Battenberg, épousera le roi Alphonse XIII et deviendra reine d’Espagne. Elle est donc l’aïeule de l’actuelle famille royale d’Espagne. Notons aussi l’ascension d’Alexandre, frère de Louis de Battenberg qui fut élu souverain de Bulgarie.

En 1917, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques germanophobes modifient leurs noms pour se détacher de leurs racines allemandes. C’est le cas aussi dans les grandes familles et notamment dans la famille royale. La famille royale britannique, qui portait le nom de Saxe-Cobourg-Gotha, prend celui de Windsor, du nom de leur résidence. Chez les Battenberg, définitivement installés au Royaume-Uni, il n’y a pas l’ombre d’une hésitation. Louis de Battenberg, ayant obtenu l’un des grades les plus importants dans la Royal Navy, accepte sa naturalisation et anglicise le nom Battenberg en Mountbatten. Il s’agit de la traduction littérale du nom germanique.

Les Battenberg vivant sur le sol britannique à cette époque adopteront tous ce nouveau patronyme. En échange de leurs titres hessois perdus, le roi George V offrit alors des titres de noblesse britannique à la famille, en fonction de leurs grades ou de leurs mérites. Par exemple, Louis de Battenberg devenu Louis Mountbatten, fut fait marquis de Milford Haven, comte de Medina, vicomte Alderney. Un autre membre de la famille Battenberg, lui aussi engagé dans l’armée, fils aîné de Beatrice et Henri, devint marquis de Carisbrooke, comte de Berkhamsted et vicomte Launceston lorsqu’il prit le nom de Mountbatten.

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La dynastie Mountbatten-Windsor

La princesse Alice de Battenberg, aînée de Louis de Battenberg et Victoria, épousera le prince André de Grèce et de Danemark en 1903. Vivant à l’étranger avec son époux, elle n’adoptera pas le nom anglicisé de Mountbatten, qui fut imposé aux membres de la famille vivant au Royaume-Uni, en 1917. Le prince André est l’un des fils du roi Georges 1e de Grèce. André et Alice ont eu 4 filles et 1 fils, le prince Philippe, né en 1921. La même année meurt Louis, le père d’Alice. Sa mère, Victoria, marquise douairière de Milford Haven s’installe à Kensington Palace pour vivre son veuvage. Pour rappel, elle est la petite-fille de la reine Victoria et donc à l’époque, la cousine du roi George V.

La princesse Victoria de Hesse-Darmstad, devenue princesse de Battenberg à son mariage, puis Victoria Mountbatten, marquise de Milford Haven en 1917. Elle est la grand-mère du prince Philip, duc d’Édimbourg (Image : domaine public)

En décembre 1922, la princesse Alice, le prince André et leurs 5 enfants prennent la fuite, contraints à l’exil alors que des membres de la famille royale de Grèce sont condamnés à mort. André acceptera d’abord l’invitation de la princesse Marie Bonaparte, sa belle-sœur, qui les accueillera à Saint-Cloud. Ensuite, la famille s’installera plus définitivement au Royaume-Uni.

Alors que la princesse Alice présente ses premières crises de troubles mentaux, que le prince André fait des allers-retours en Grèce, puis s’installe avec sa maitresse à Monaco, le prince Philippe vit sous la protection de sa grand-mère, la marquise douairière de Milford Haven. Son oncle, Georges Mountbatten est son tuteur.

Le prince Philippe étudie en Angleterre, en Allemagne, puis en Ecosse. Dès la fin de ses études il s’engage dans la Royal Navy et quelques mois plus tard éclate la Seconde Guerre mondiale. Il correspond pendant la guerre avec la princesse Elisabeth d’York qu’il avait rencontrée en 1939 lors d’une visite du Royal Naval College de Dartmouth. Après la guerre, le prince Philippe abandonnera tous ses titres grecs pour épouser Elizabeth. En 1947, il est fait duc d’Édimbourg à l’occasion de son mariage et il adopte le nom de Philip Mountbatten lors de sa naturalisation.

Le prince Philippe adopte le nom de Philip Mountbatten en mémoire de sa famille maternelle, à l’occasion de son mariage avec la princesse Elizabeth d’York (Photo : Wikimedia Commons)

Philip a choisi le nom anglicisé de sa famille maternelle plutôt que le patronyme de la famille royale grecque qui est lui aussi d’origine germanique, à savoir, Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg. La famille royale grecque descend de la famille royale danoise, elle-même étant une branche cadette de la famille d’Oldenbourg.

Le patronyme du prince Philippe était Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg, une branche cadette de la famille Oldenburg, car son grand-père, petit-fils du roi Christian IX de Danemark a été élu roi des Hellènes (Infographie : Histoires Royales)

En 1957, dix ans après son mariage et cinq ans après être montée sur le trône, Elizabeth II accorde enfin à son époux le titre de prince du Royaume-Uni. Le prince Philip a longtemps été considéré comme le vilain petit canard de la famille royale, surtout par les membres les plus conservateurs, comme la reine mère Mary, veuve du roi George V. La reine Mary est pourtant née princesse de Teck, un titre lui aussi obtenu suite à un mariage morganatique de la famille de Wurtemberg. C’est pourtant la reine Mary qui était contre l’idée que la famille royale adopte le nom de Mountbatten, jugé pas assez assez prestigieux.

À la mort du roi George VI, quand Elizabeth II monta sur le trône, le Premier ministre Winston Churchill souleva la question au Parlement, du changement de nom de la dynastie. Habituellement, une femme sur le trône signifie que la génération suivante adopte le nom de leur père. Néanmoins, il a été décidé par le Parlement que la dynastie resterait celle des Windsor, même lorsque Charles puis William règneront.

En 1960, après la mort de la reine Mary et après la démission de Churchill, Elizabeth II a fait passer un décret pour que ses descendants qui ne portent pas de titres royaux et naissent donc avec un nom civil, puissent avoir le patronyme Mountbatten-Windsor.

Photo prise à Battenberg avec ses maisons typiques en colombages (Photos : WIkiCommons, Abaca)

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr