Le Premier ministre néo-zélandais est favorable à l’abolition de la monarchie

Même si elle n’a jamais été une grande supportrice de la monarchie, Jacinda Ardern, ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande, entretenait des liens cordiaux avec le précédent chef d’État néo-zélandais, à savoir Elizabeth II. Le nouveau Premier ministre, Chris Hipkins, en poste depuis janvier 2023, ne cache pas ses tendances républicaines. Le trône du roi Charles III est-il menacé en Nouvelle-Zélande ?

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Chris Hipkins se prononce en faveur d’un changement de régime en Nouvelle-Zélande

À plusieurs reprises, la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, avait déclaré durant son mandat de cinq ans, que l’abolition de la monarchie ne serait pas au programme de son gouvernement. À titre personnel, elle avait toutefois fait savoir qu’elle était plutôt pour l’instauration d’une république même si ce changement de régime n’était pas une priorité.

Portrait officiel du roi Charles III, dévoilé une semaine avant son couronnement (Photo : Hugo Burnand/Royal Household 2023 via PA Photos/ABACAPRESS.COM)

Le nouveau Premier ministre, Chris Hipkins, 44 ans, nommé à la tête du gouvernement le 25 janvier 2023, vient de faire une déclaration en faveur du changement de régime. « Je pense que nous devrions finalement être un pays indépendant », a déclaré le Premier ministre néo-zélandais, interrogé à ce sujet à quelques jours du couronnement du roi Charles III. Le média australien ABC souligne qu’il soutient « le républicanisme avec plus de force que Mme Ardern ».

Le 11 septembre 2022, soit au troisième jour de son règne, le roi Charles III avait été formellement reconnu comme chef d’État de la Nouvelle-Zélande, lors d’une séance au parlement de Wellington. La Première ministre Jacinda Ardern avait alors déclaré aux parlementaires reconnaître « Sa Majesté le roi Charles III comme notre souverain ». La Première ministre était accompagnée de la gouverneure-générale Cindy Kiro. La séance s’était ouverte avec l’hymne national et une prière en Te reo, la langue maorie. La Première ministre néo-zélandaise avait alors déclaré qu’elle pensait que les liens étroits entre la Nouvelle-Zélande et la famille royale se poursuivraient et se renforceraient sous le nouveau monarque, comme le rapportait The Herald.

La Première ministre Jacinda Ardern reconnaît Charles III comme souverain, devant le parlement à Wellington (Photo : capture d’écran vidéo)

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Le nouveau Premier ministre néo-zélandais a des intentions républicaines

« Idéalement, avec le temps, la Nouvelle-Zélande deviendra un pays totalement indépendant, se tiendra debout sur ses deux pieds dans le monde, comme nous le faisons déjà d’une certaine façon maintenant », a déclaré Chris Hipkins, qui a toutefois indiqué que son projet d’abolition de la monarchie n’était pas une priorité. Le pays traverse une crise due à l’augmentation du coût de la vie et des élections générales sont prévues en octobre, avec d’autres points à l’agenda.

La Nouvelle-Zélande fait partie de 14 pays indépendants où le souverain britannique est aussi le chef d’État, en plus du Royaume-Uni. Ces 14 pays sont connus comme les royaumes du Commonwealth, d’anciennes colonies britanniques qui ont pris leur indépendance mais qui ont souhaité garder un lien avec la Couronne britannique, en maintenant le souverain britannique comme chef d’État. Sur place, dans chacun de ces royaumes, le souverain est représenté physiquement par un gouverneur-général. Dame Cindy Kiro est la gouverneure-générale de Nouvelle-Zélande depuis octobre 2021.

Le Premier ministre Chris Hipkins fait partie de la délégation néo-zélandaise qui assistera au couronnement de Charles III à l’abbaye de Westminster ce samedi 6 mai 2023. La délégation comprend aussi un héros national, le nouveau haut-commissaire de Nouvelle-Zélande au Royaume-Uni, la gouverneure-générale de Nouvelle-Zélande, le leader de l’opposition et le roi Tuheitia Paki des Maoris.

En 2021, le royaume de la Barbade a cessé d’exister pour devenir une république. Charles, encore prince de Galles, avait assisté à la grande cérémonie de transition républicaine. Les royaumes du Commonwealth qui abolissent la monarchie choisissent cependant de rester membres du Commonwealth des Nations, une organisation intergouvernementale dont le roi Charles III est aussi le chef.

L’Australie, autre royaume du Commonwealth, a décidé de ne pas imprimer de billets avec la tête du roi Charles III. Des pièces seront tout de même frappées à son effigie. Le gouvernement australien comprend aussi un ministère en charge de la question de la transition républicaine depuis l’année dernière. La famille royale n’a jamais exercé de pression sur ces pays pour les empêcher d’abolir la monarchie. Buckingham a déjà expliqué à plusieurs reprises que chacun de ces royaumes, étant des États indépendants, est libre d’abolir la monarchie comme bon lui semble, en modifiant la constitution selon ses propres règles.

Le roi Charles III est le roi de cinq pays en Océanie (Image : Histoires Royales)

En 2022, le royaume de Jamaïque a déclaré qu’il mettait en marche le processus de transition républicaine. Actuellement, les royaumes du Commonwealth sont principalement concentrés dans les Caraïbes. Les Bahamas et la Canada sont situés en Amérique du Nord et l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Tuvalu, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les Îles Salomon, en Océanie.

Les royaumes du Commonwealth dans les Caraïbes ainsi que les républiques membres du Commonwealth des Nations (Image : Histoires Royales)
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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr