Le prince Charles confirme aux dirigeants du Commonwealth qu’ils sont libres d’abolir la monarchie

Ce vendredi, le prince de Galles prononçait le discours inaugural du Sommet des dirigeants du Commonwealth à Kigali, au Rwanda. L’organisation vit des périodes turbulentes, plusieurs pays membres pointant tour à tour leur ancien colonisateur à l’origine de la création du Commonwealth. Le prince Charles, en tant qu’héritier à la tête de l’organisation, a rappelé à tous les dirigeants présents qu’ils étaient tous libres d’abolir la monarchie dans leur pays s’ils le souhaitaient.

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Le prince de Galles s’adresse aux dirigeants du Commonwealth à Kigali

Le Commonwealth des Nations est une organisation fondée en 1931, regroupant principalement des anciennes colonies ou protectorats britanniques. Seuls le Mozambique et le Rwanda sont membres sans pour autant avoir été dans le giron de l’Empire britannique. L’organisation compte actuellement 54 membres. La Secrétaire générale est Patricia Scotland et la cheffe du Commonwealth des Nations est la reine Elizabeth II.

Parmi les 54 États membres, 15 pays (dont le Royaume-Uni) ont la reine Elizabeth II comme chef d’État. Ces pays sont connus comme les royaumes du Commonwealth. Les plus connus sont le Canada, l’Australie ou encore la Nouvelle-Zélande. Ces pays sont totalement indépendants mais ils ont choisi de garder le souverain britannique comme chef d’État. La plupart des autres États membres sont des républiques. Il existe aussi quelques États qui sont des monarchies avec leur propre souverain local.

En Océanie, Elizabeth II est toujours reine d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de Papouasie-Nouvelle-Guinnée, des Îles Salomon et de Tuvalu. Plusieurs républiques membres du Commonwealth se retrouvent en plus dans cette zone, ainsi qu’une monarchie avec son propre monarque : les Tonga.
C’est en Amérique centrale que la reine Elizabeth II règne sur le plus de royaumes. Dominique, Trinité-et-Tobago, la Guyane et récemment la Barbade sont devenus des républiques, toujours membres du Commonwealth des Nations (Image : Histoires Royales)
L’Asie compte plusieurs États du Commonwealth dont trois sont des monarchies avec leur propre souverain : Malaisie, Singapour et Bruneï (Image : Histoires Royales)
Un grand nombre des États membres du Commonwealth se situent en Afrique. Plus aucun de ces pays n’est un royaume du Commonwealth. Deux d’entre eux sont des monarchies avec leur propre souverain : Eswatini et Lesotho (Image : Histoires Royales)

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Le prince Charles, désigné lors d’un précédent sommet comme le prochain chef du Commonwealth des Nations, a remplacé la reine Elizabeth II ce vendredi au Rwanda, dans le Kigali Center, un bâtiment ultramoderne construit après l’adhésion du pays au Commonwealth. Tous les deux ans, les dirigeants des 54 pays se réunissent. La dernière réunion remonte à quatre ans, à cause du sommet de 2020 qui avait été annulé en raison de la pandémie mondiale.

Le sommet des dirgeants (CHOGM) a lieu alors que de nombreux pays remettent actuellement en cause le comportement des Britanniques lors de la période coloniale. Plusieurs royaumes du Commonwealth ont aussi fait savoir qu’ils entamaient une procédure de transition républicaine. La Jamaïque est le royaume qui souhaiterait devenir le prochain à quitter le giron de la Couronne britannique. En novembre 2021, c’est la Barbade qui est devenue une république, toujours membre du Commonwealth, mais détrônant Elizabeth II.

« Le Commonwealth compte en son sein des pays qui ont eu des liens constitutionnels avec ma famille, certains qui continuent d’en avoir et de plus en plus qui n’en ont plus », a déclaré le prince Charles à Kigali. « Je tiens à dire clairement, comme je l’ai déjà dit, que le régime constitutionnel de chaque membre, en tant que république ou monarchie, relève uniquement de la décision de chaque État membre ».

Le prince de Galles a prononcé le discours inaugural du Sommet des dirigeants du Commonwealth ce 24 juin 2022 à Kigali, en présence des chefs d’État et représentants de gouvernement des 54 États membres du Commonwealth des Nations (Photo : Dan Kitwood/PA Photos/ABACAPRESS.COM)

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Le prince Charles réitère ses excuses et confirme la liberté de chaque nation d’abolir la monarchie

Le prince Charles a déjà présenté ses excuses pour le comportement des Britanniques lors de la période coloniale. Le prince William en avait fait de même lors de sa visite en Jamaïques. Charles a reconnu les racines du Commonwealth « plongent profondément dans la période la plus douloureuse de notre histoire ».

« Je ne peux pas décrire la profondeur de ma tristesse personnelle face à la souffrance de tant de personnes, alors que je continue à approfondir ma compréhension des effets durables de l’esclavage », a déclaré le prince Charles qui est déjà au Rwanda depuis plusieurs jours et qui a visité plusieurs mémoriaux liés au génocide de 1994.

Le Royaume-Uni connaît une période diplomatiquement tendue avec le Rwanda, pays membre du Commonwealth depuis 2009 alors qu’il n’a jamais été sous domination britannique. Un accord d’expulsion de migrants clandestins du Royaume-Uni vers le Rwanda fait actuellement polémique, suscitant l’indignation de nombreuses ONG de défense des droits humains, de l’ONU et de l’Eglise anglicane. Il se dit dans la presse britannique que le prince Charles est lui aussi contre cet accord et aurait partagé son avis en privé à Boris Johnson. Le Premier ministre britannique était présent dans la salle lors du discours du prince Charles.

Le Sommet se terminera demain, le samedi 25 juin. Au point du jour, on retrouve aussi la demande d’adhésion de deux nouveaux pays, le Gabon et le Togo. Boris Johnson, qui a également prononcé un discours, a déclaré à ce sujet : « De nouvelles nations cherchent à nous rejoindre, ce qui montre tout ce que vous devez savoir sur la santé et la vitalité de notre Commonwealth ».

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr