Le prince William reconnaît qu’il ne sera peut-être jamais le chef du Commonwealth

Le prince William et son épouse ont terminé leur séjour de huit jours dans les Caraïbes, une tournée royale organisée dans le cadre du Jubilé de platine de la reine Elizabeth II. À l’issue du voyage, le duc et la duchesse de Cambridge ont publié un communiqué dans lequel le prince William reconnaît l’évolution démocratique des royaumes du Commonwealth et admet qu’il ne deviendra peut-être jamais le chef du Commonwealth lorsqu’il sera appelé à régner.

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Le prince William tire des conclusions de son voyage dans les Caraïbes

Le duc et la duchesse de Cambridge ont passé une semaine dans les Caraïbes, passant par le Belize, la Jamaïque et les Bahamas. Lors de cette tournée royale organisée dans le cadre des festivités du Jubilé de platine de la reine Elizabeth II, le couple a également été confronté à l’hostilité de la population au Belize et en Jamaïque. Le séjour aux Bahamas, situés en Amérique du Nord mais régulièrement associés aux Caraïbes, s’est déroulé sans revendications indépendantistes.

Le Belize est un pays d’Amérique centrale, situé sous le Mexique. Il borde la mer des Caraïbes et est donc associé à cette zone géographique. Il s’agit du plus grand royaume du Commonwealth de cette zone. La Jamaïque, avec 2,8 millions d’habitants, est le royaume du Commonwealth le plus peuplé des Caraïbes.

Les royaumes du Commonwealth et les républiques membres du Commonwealth des Nations dans la zone caribéenne (Image : Histoires Royales)

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À l’issue du séjour du duc et de la duchesse de Cambridge, le couple a publié un communiqué dans lequel le prince William constate l’évolution du régime politique des pays visités et de manière plus large, dans tous les pays du Commonwealth. Alors que les manifestations étaient de plus en plus importantes au Belize et en Jamaïque, le prince William a prononcé un discours dans lequel il a fait son mea culpa pour la responsabilité de son pays dans la traite des esclaves. Le premier ministre jamaïcain lui a aussi confirmé qu’il allait lancer rapidement le processus de transition républicaine.

Le prince William tire des conclusions de son voyage dans les Caraïbes (Photo : Chris Jackson/PA Wire/ABACAPRESS)

« Les tournées à l’étranger sont l’occasion de réfléchir. On y apprend tellement. Ce qui se passe dans la tête des premiers ministres. Les espoirs et les ambitions des écoliers. Les défis quotidiens auxquels sont confrontées les familles et les communautés », écrivent le duc et la duchesse de Cambridge dans leur communiqué.

« Je sais que cette tournée a mis en évidence des questions encore plus précises sur le passé et l’avenir. Au Belize, en Jamaïque et aux Bahamas, c’est au peuple de décider de cet avenir. Mais nous avons vraiment apprécié de passer du temps avec les communautés des trois pays, en comprenant mieux les problèmes qui les intéressent le plus ».

« Catherine et moi avons à cœur de rendre service. Pour nous, il ne s’agit pas de dire aux gens quoi faire. Il s’agit de les servir et de les soutenir de la manière qui leur convient le mieux, en utilisant la plateforme que nous avons la chance d’avoir. » Depuis toujours, la reine Elizabeth II, le prince Charles et le prince William ont toujours été clairs qu’ils avaient pour mission de servir et que ce n’était pas à eux de s’imposer. Si un pays souhaite se détacher de la couronne, c’est à la population de s’émanciper et de faire entendre sa volonté à travers un processus démocratique. La Couronne britannique ne retient en rien les royaumes du Commonwealth, qui peuvent abolir la monarchie par un simple changement de constitution.

« Des tournées comme celle-ci réaffirment notre désir de servir le peuple du Commonwealth et d’écouter les communautés du monde entier. Qui le Commonwealth choisira pour diriger sa famille à l’avenir n’est pas ce à quoi je pense. Ce qui compte pour nous, c’est le potentiel de la famille du Commonwealth à créer un avenir meilleur pour les personnes qui la composent, et notre engagement à servir et à soutenir du mieux que nous pouvons. »

Le prince William a prononcé un discours dans lequel il exprime sa tristesse concernant l’implication du Royaume-Uni dans la traite d’esclaves (Photo : Toby Melville/PA Wire/ABACAPRESS.COM)

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William ne sera peut-être pas le chef du Commonwealth

Par ces phrases, le prince William exprime pour la première fois la possibilité que le souverain britannique ne soit plus le chef du Commonwealth lorsqu’il deviendra le roi du Royaume-Uni. Le Commonwealth des Nations est une organisation intergouvernementale qui comprend les anciennes colonies de l’Empire britannique ayant trouvé leur indépendance. Lors des différentes prises d’indépendance, les nouveaux États ont soit choisi leur propre président soit leur propre souverain. D’autres pays ont préféré garder le souverain britannique comme chef d’État. Ces derniers pays sont au nombre de 15, dont le Royaume-Uni, et sont appelés les royaumes du Commonwealth.

Dans les royaumes du Commonwealth, le souverain est représenté par un gouverneur général. La reine Elizabeth II est pleinement reconnue comme la souveraine de ces États et est par conséquent la reine du Belize, la reine de la Jamaïque ou encore la reine d’Australie ou la reine du Canada.

Les autres pays qui ne sont plus des royaumes du Commonwealth ont pour la plupart adopté un régime républicain (ils sont 33 pays). Les autres (5 pays) ont leur propre chef d’État qui est un monarque issu d’une ancienne famille royale ayant régné avant la colonisation par les Britanniques, comme en Eswatini, au Lesotho ou à Brunei.

Depuis la création du Commonwealth des Nations en 1949, le souverain britannique (George VI, puis Elizabeth II dès 1952) est désigné comme le chef de cette organisation qui compte une population mondiale de 2,5 milliards d’habitants. Lors du sommet de 2018, les dirigeants du Commonwealth sont tombés sur le consensus que le prince Charles serait le prochain dirigeant de l’organisation au décès de sa mère, suivant l’ordre dynastique de la famille royale britannique. Rien n’oblige que le prince William soit le prochain chef du Commonwealth des Nations, il sera toutefois le roi des royaumes du Commonwealth s’il en reste au moment de monter sur le trône.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr