La Banque de France ouvre sa Galerie dorée au prince Joachim et à la princesse Yasmine Murat

Après la Galerie des glaces du château de Versailles, on considère la Galerie dorée de la Banque de France comme la plus somptueuse galerie française. Les portes de l’hôtel de Toulouse, qui abrite la Banque de France depuis plus de 200 ans, ont été ouvertes au prince Joachim et à la princesse Yasmine Murat. Ils ont pu découvrir les salons d’apparat de l’institution bancaire fondée par Napoléon Bonaparte en janvier 1800.

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Le prince Joachim Murat et son épouse visitent les salons d’apparat et la Galerie dorée de la Banque de France

Le 18 janvier 1800, sous le Consulat, Napoléon Bonaparte crée la Banque de France, première grande décision prise un mois seulement après la promulgation de la nouvelle constitution française. La Banque de France aura pour but principal de centraliser l’émission monétaire. Le 13 février 1800, se tient la première assemblée générale de la Banque de France, dont les actionnaires principaux sont le consul Bonaparte lui-même, des membres de sa famille, des proches, des banquiers fondateurs et les Murat.

La Galerie dorée de l’hôtel de Toulouse, ancien hôtel de La Villière, ayant appartenu au comte de Toulouse, qui abrite la Banque de France depuis 1811 (Photo : David Nivière)

Joachim Murat est acteur majeur du coup d’État du 18 Brumaire de l’an VIII (9 novembre 1799). Le général deviendra commandant de la Garde des consuls après cet événement. Le 18 janvier 1800, le même jour que la création de la Banque de France, Joachim Murat a épousé Caroline Bonaparte, sœur du consul Napoléon. Il devient dès lors le beau-frère de Napoléon, futur empereur, et intimement lié à la future famille impériale. Sous l’Empire, Napoléon fera de Joachim Murat le grand-duc de Berg en 1805, puis Joachim deviendra roi de Naples en 1808.

Hervé Gonsard, directeur général de service à l’économie et du réseau, fait visiter les salons d’apparat de la Banque de France au prince Joachim et à la princesse Yasmine Murat fin décembre 2022 (Photo : David Nivière)

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En cette fin d’année 2022, le prince Joachim Murat, prince de Ponte Corvo et héritier de la Maison Murat – son père est l’actuel 8e prince Murat – a visité la Banque de France avec son épouse, la princesse Yasmine. Hervé Gonsard, passionné d’art et ouvert aux partenariats artistiques et culturels, était en charge de la visite. Hervé Gonsard a été nommé directeur général de service à l’économie et du réseau par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

Le futur roi Joachim 1e de Naples, ancêtre du prince Joachim Murat, fut parmi les premiers actionnaires de la Banque de France fondée par Napoléon Bonaparte au début du Consulat. Joachim Murat venait de devenir le beau-frère du consul en épousant Caroline Bonaparte. Le prince et la princesse de Ponte Corvo se trouvent face au tableau peint par Pierre de Cortone intitulé « Faustulus confie Romulus et Remus à Laurentia » (Photo : David Nivière)

Le prince Joachim Murat a eu le privilège de découvrir des salons d’apparat habituellement fermés au public. Le prince et la princesse ont déambulé dans ces salons richement décorés de l’hôtel de Toulouse. Cet hôtel particulier situé dans le 1e arrondissement de Paris accueille la Banque de France depuis 1811.

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Un hôtel particulier construit par Mansart pour le seigneur de La Vrillière, acquis par le comte de Toulouse, avant d’abriter la Banque de France

L’hôtel particulier a été construit en 1638 par l’architecte François Mansart pour Louis Ier Phélypeaux, seigneur de La Vrillière, nommé secrétaire d’État par Louis XIII et marié à une riche héritière qui lui permit de recevoir une dot considérable. Le bâtiment connaîtra des agrandissements, des rénovations, des constructions permanentes jusqu’en 1650. En 1681, le seigneur de La Vrillière décède, son fils, Louis II Phélypeaux, hérite du bâtiment et de son immense collection d’œuvres d’art. Après des revers financiers, Louis II Phélypeaux vend son hôtel particulier à Louis-Roslin Rouillé, seigneur de Jouy-en-Josas, en 1705. Ce dernier décède en 1712 et sa veuve se sépare du bien.

En janvier 1713, Louis-Alexandre de Bourbon, duc de Penthièvre et comte de Toulouse, dernier fils légitimé du roi Louis XIV et de sa maîtresse Madame de Montespan acquiert l’hôtel de La Villière, qui sera renommé hôtel de Toulouse. L’hôtel restera dans la famille. La dernière propriétaire est Marie-Adélaïde de Bourbon, mère du futur Louis-Philippe 1e, à qui l’on confisquera son bien à la Révolution. Lors de cette confiscation, l’hôtel est dépouillé de ses œuvres d’art qui rejoignent le musée du Louvre.

Le prince Joachim Murat et son épouse visitent la Banque de France. Ici dans la Galerie dorée, l’une des plus belles galeries françaises avec la Gallerie des glaces de Versailles, où se tinrent les assemblées générales jusqu’en 1936 (Photo : David Nivière)

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En 1808, l’hôtel particulier est à l’état d’abandon, vide de tout propriétaire depuis l’expropriation des Bourbon. La nouvelle Banque de France rachète le bâtiment, y tient son assemblée générale à partir de 1808 et s’y installe en 1811 après d’importants travaux de rénovation. Sous Napoléon III, c’est l’impératrice Eugénie qui s’intéresse fortement aux lieux et qui impulse les rénovations de certains salons.

La princesse Yasmine Murat, passionnée d’artisanat et de savoir-faire, photographie un détail de boiserie dans la Galerie dorée (Photo : David Nivière)

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Visite du salon bleu et de la salle à manger du Conseil de la Banque de France

Le prince Joachim Murat et la princesse Yasmine ont écouté les explications avisées d’Hervé Gonsard, qui leur a montré quelques particularités de l’éblouissante Galerie dorée de la Banque de France. Avant d’appartenir à la Banque de France, à l’époque des Bourbon, cette galerie a servi aux plus prestigieuses réceptions. Par exemple, c’est dans cette galerie que la princesse Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, célèbre intime de la reine Marie-Antoinette, épousera en 1767 Louis-Alexandre de Bourbon, prince de Lamballe, petit-fils du comte de Toulouse.

Le buste de l’architecte Mansart trône sur la cheminée. Aux quatre coins de la galerie, des boiseries représentent les quatre continents (Photo : David Nivière)

Les assemblées générales avaient lieu dans la Galerie dorée jusqu’à la nationalisation de la banque en 1936. Les derniers travaux de réfection datent de 2014, avec une réouverture en 2015. Les plafonds de la voûte de la galerie sont des fresques repeintes au 19e siècle, sur base des premières peintures de François Perrier du milieu du 17e siècle.

Les peintures de la voûte mêlent mythologie, astrologie et histoire de France. Cette peinture représente l’élément Air, avec Junon qui se rend chez Éole, le dieu des vents. Elle symbolise le début de la régence d’Anne d’Autriche, alors que son époux Louis III mourant tente de retenir les vents. La Fronde naissante apparaît au bas du tableau (Photo : David Nivière)

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La voûte représente des personnages mythologiques et des symboles astraux, répartis en tableaux selon les quatre éléments, dont les actions dépeintes symbolisent certains passages de l’histoire des rois de France. Aux quatre coins de la Galerie dorée, les boiseries représentent chacun des quatre continents et sur la cheminée trône le buste de François Mansart portant sa perruque d’architecte.

Le prince Joachim et la princesse Yasmine reçoivent des explications sur les boiseries de la salle à manger du Conseil de la Banque de France (Photo : David Nivière)

Les autres salons privés et salons d’apparat sont le salon bleu, le bureau du gouverneur, la salle à manger du Conseil, la salle à manger du gouverneur, l’antichambre, le salon Empire ou encore le couloir des sous-gouverneurs. Dans le salon bleu, la princesse Yasmine, qui est passionnée par l’artisanat et le savoir-faire français, s’est arrêtée un instant pour admirer le tapis du salon.

Le salon bleu avec son impressionnant tapis et La Fête à Saint-Cloud de Fragonard au mur (Photo : David Nivière)

L’une des toiles les plus célèbres de Fragonard se trouve aussi accrochée au mur du salon bleu de la Banque de France. La Fête à Saint-Cloud est un tableau peint par Jean-Honoré Fragonard à la fin du 18e siècle, dont le titre n’a été donné qu’au 19e siècle. On ne sait pas exactement comment la toile a été acquise par la banque mais elle pourrait faire partie du décor de la maison de Louis-Pierre-Sébastien Marchal de Sainscy qui a été mise en vente au moment du rachat de l’hôtel de Toulouse par la Banque de France. On pense que cette peinture et quatre autres toiles de Fragonard, appartenant au National Gallery de Washington, formaient un panneau entier à l’origine.

Le prince et la princesse de Ponte Corvo posent avec Hervé Gonsard devant le tableau représentant l’empereur Napoléon III à cheval par Carl Fredrik Kiörboe (Photo : David Nivière)

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Au détour d’un salon, le prince Joachim et la princesse Yasmine se sont arrêtés un instant devant le tableau de Napoléon III peint par Carl Fredrik Kiörboe. Le tableau rappelle aussi l’influence du neveu de Napoléon 1e sur l’économique française. Lors de l’assemblée générale de la Banque de France, qui s’est déroulée dans la Galerie dorée de l’hôtel de Toulouse en 1852, sous le règne de Napoléon III, on décide la relance du système bancaire, en favorisant l’établissement d’instituts de crédit foncier. Ces établissements permettront de financer des sociétés industrielles. Napoléon III poussera la Banque de France à s’engager dans le soutien au développement économique de la France. En 1865, Napoléon III signe la loi de reconnaissance du chèque comme moyen de paiement.

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr