Ernst August de Hanovre le verdict : 10 mois de prison avec sursis

À l’issue d’une journée de témoignages au tribunal de Welfs, en Autriche, la juge a déclaré coupable le prince Ernst August de Hanovre et elle a prononcé sa peine. Le duc de Brunswick, chef de la famille royale de Hanovre, a été condamné à 10 mois d’emprisonnement avec sursis. La peine n’est pas encore exécutoire.

Le prince Ernst August de Hanovre a été condamné à 10 mois de prison avec sursis ainsi qu’un ensemble de contraintes à respecter durant cette période de probation. Ici, le prince arrive par la porte arrière du tribunal de Welfs (Photo :  Splash News/ABACAPRESS.COM)

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Le procès du prince Ernst August de Hanovre

Le prince Ernst August de Hanovre est arrivé vers 9 heures au tribunal de Welfs, en Autriche. Arrivé par une porte arrière réservée aux condamnés, afin d’éviter de devoir croiser les journalistes, l’époux de Caroline de Hanovre a lu un texte préparé, en guise d’excuses. Après avoir déclaré qu’il assumerait la responsabilité financière de ses actes, il a plaidé non coupable. Il a ensuite été dispensé d’assister à la suite de son procès, justifiant la crainte d’attraper le coronavirus, alors qu’il est une personne à risque depuis son traitement contre le cancer.

Au bout de deux heures de procès, le prince Ernst August de Hanovre a donc pu quitter le tribunal, après avoir entendu à huis-clos (le public a dû sortir) le rapport psychiatrique le concernant. En l’absence du prince, le procès a continué jusqu’en fin d’après-midi. À l’issue de la journée à écouter des témoignages, la juge s’est prononcée.

Le prince Ernst August de Hanovre quitte le tribunal à 11 heures, demandant une permission pour ne pas assister à la suite du procès (Photo : Splash News/ABACAPRESS.COM)

Quelle condamnation pour Ernst August de Hanovre ?

Le prince Ernst August de Hanovre est condamné à 10 mois de prison avec sursis, rapporte Heute. La peine n’est pas juridiquement contraignante et le prince peut encore faire appel. Il est donc en liberté conditionnelle, à condition qu’il se comporte bien durant la période de probation. Outre la peine d’emprisonnement, il est interdit de boire de l’alcool, il a l’obligation de suivre une psychothérapie, il n’est pas autorisé à s’approcher de certains bâtiments de la Fondation Cumberland, il ne peut pas entrer en contact avec les responsables de la Fondation et surtout, il doit chercher un lieu de résidence autre que la propriété Auerbach.

La villa Auerbach est le pavillon de chasse situé à Grünau im Almtal, en Haute-Autriche, où vit le prince depuis des années. C’est aussi le lieu où se sont déroulés les faits qui lui sont reprochés. Tout pousse à croire que les avocats du prince feront appel. Dès le prononcé du jugement, l’avocat s’est exclamé : « Impossible, il y habite depuis 50 ans ! ».

L’épais dossier du procès sur la table du juge (Photo :  Splash News/ABACAPRESS.COM)

Quels sont les faits reprochés à l’époux de Caroline de Hanovre ?

Dans la nuit du 14 au 15 juillet, le prince Ernst August a appelé la police autrichienne, affirmant être menacé de mort. Selon son appel à la police, l’intendant de sa propriété refusait de lui porter secours, alors qu’il faisait une crise d’hypoglycémie et gisait dans un fossé.

Arrivée sur place, la police a découvert un couple alarmé et le prince Ernst August, qui se cachait, est apparu soudainement. La tension est montée jusqu’à ce qu’il blesse un agent avec un aiguiseur à couteau de 30 cm. Emmené en hôpital psychiatrique, il aurait montré de la résistance dans l’ambulance, malgré le fait qu’il était ligoté. « Il a menacé les officiers de tuer, d’exécuter et de mutiler leurs familles », rapporte un témoin à la barre, comme le cite BILD. Il sera rapidement libéré.

Dès le lendemain, la police s’est rendue à nouveau à son domicile, afin de contrôler s’il n’était pas en possession d’armes. Le prince les aurait accueilli en mimant le geste de tirer sur un pistolet. « Il a menacé de tirer sur les testicules et il a mimé un pistolet avec sa main ». Le prince aurait appelé à plusieurs reprises la police dans les jours suivants pour dénoncer les « passages à tabac des policiers ».

Le couple qui travaillait pour lui comme employés de maison a porté plainte pour maltraitance et coercition. Le 20 juillet, Ernst August de Hanovre voulait se venger de son traitement par la police et est arrivé au commissariat local avec une batte de baseball.

Le 7 septembre, la situation s’est finalement aggravée. Ernst August aurait appelé sa gouvernante à 3 h 30 du matin et l’a menacée de lui envoyer une bande de voyous si elle ne quittait pas sa propriété avant 9 h 15. Il aurait démoli une fenêtre de la Fondation du Duc de Cumberland avec un panneau de signalisation.

Quelle est la défense du prince Ernst August de Hanovre ?

L’accusé est arrivé le 23 mars 2021 au tribunal de Welfs, en Autriche, passant par la porte de derrière pour éviter au maximum le contact avec les journalistes. « J’assume la responsabilité et je suis prêt à payer pour les dégâts. Je ne me souviens pas des parties essentielles de ce qui s’est passé », a témoigné le prince Ernst August de Hanovre après avoir été autorisé à retirer son masque pour témoigné, la juge voulant observer son visage pendant son témoignage. Il a plaidé non coupable. Il a ensuite demandé une autorisation pour ne pas assister à la suite de son procès, rapporte Süddeutsche Zeitung. Le procès a donc continué sans lui, des témoignages étant prévus jusqu’à 16 heures.

Le duc de Brunswick a souffert d’un cancer et il estime qu’il encourt un risque considérable en assistant au procès, craignant d’attraper le coronavirus à cause du public présent dans la salle d’audience. Arrivé vers 9 heures, le beau-frère du prince Albert de Monaco est parti à 11 heures. La juge Teresa Bergthaler a débuté l’audience en précisant qu’il s’adresserait à lui en l’appelant « Monsieur Hanovre ». Rappelons qu’en Autriche, l’utilisation de la particule est interdite. Lors de la lecture d’un rapport psychiatrique, le public a été contraint de quitter la salle, pour respecter le secret médical, explique NDR.

L’avocat du prince Ernst August de Hanovre a déploré que son client soit « exposé à des préjugés médiatiques massifs ». Pour sa défense, son avocat a rappelé le contexte difficile dans lequel vit le prince, et l’abandon de sa famille. Le fait qu’il ait été isolé de sa famille et laissé seul après son opération contre le cancer « l’a touché physiquement et mentalement », plaide Otto Dietrich, avocat du prince, comme l’a cité BILD. L’arrière-arrière-petit-fils du roi Georges V, dernier roi du royaume de Hanovre a trouvé refuge dans son pavillon de chasse à Grünau im Almtal, en Haute-Autriche, depuis quelques temps.

En parallèle, sans lien avec ce procès, le prince Ernst August de Hanovre intente un nouveau procès contre son fils aîné qu’il accuse d’ingérence du patrimoine familial dont il avait hérité. Son fils ainé, héritier de la Maison royale de Hanovre, également prénommé Ernst August, a reçu de son père la gestion des biens familiaux (entendez plusieurs châteaux) avant que ce dernier ne se rétracte et exige de récupérer la gestion des biens. La seule bonne nouvelle : le prince Ernst August Jr a annoncé la troisième grossesse de son épouse la semaine dernière. Pour rappel, Ernst August Sr n’a même jamais consenti au mariage de son fils ainé.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr