La princesse Charlène intervient dans la guerre de succession au royaume des Zoulous

Depuis le printemps, le trône du royaume zoulou est occupé par le roi Misuzulu, l’un des fils du défunt roi Goodwill Zwelithini, décédé au mois de mars 2021. L’ancien roi des Zoulous était une figure controversée en Occident mais paternelle dans son pays. La princesse Charlène de Monaco, qui a grandi en Afrique du Sud, était très proche du souverain et a assisté en larmes à ses funérailles. Depuis son décès, une guerre de succession fait rage au sein de la famille. Blessée par la situation, la princesse Charlène offre son aide pour apaiser les tensions.

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La guerre du trône zoulou inquiète la princesse Charlène

Bien que le roi Goodwill Zwelithini était un homme controversé, notamment pour son conservatisme polygame et les expropriations de ses locataires (il était le propriétaire d’un dixième de tous les Sud Africains via sa fiducie), la princesse Charlène n’a jamais caché sa proximité avec l’ancien roi, qui a régné sur le royaume traditionnel zoulou pendant plus de 52 ans. En apprenant sa disparition, en mars 2021, Charlène avait déclaré qu’elle avait collaboré avec le roi via sa fondation et qu’elle le considérait «comme un ami proche».

La princesse Charlène en pleurs aux funérailles du roi Goodwill Zwelithini, en mars 2021 (Photo : capture vidéo)

La princesse Charlène s’est ensuite envolée pour l’Afrique du Sud afin d’assister aux funérailles du roi. C’est en larmes que la princesse Charlène a assisté à la cérémonie des obsèques de Goodwill Zwelithini, mantille noire sur la tête. Elle était la seule royauté étrangère présente à la cérémonie, parmi les six veuves et les dizaines d’enfants. Durant l’été encore, elle a publié un message commémoratif, à la date d’anniversaire du défunt, se rappelant des «nombreux moments spéciaux» partagés avec le souverain tout au long de ces années.

Coincée en Afrique du Sud depuis la mi-mai suite à une infection de la zone ORL, qui s’est déclarée après une opération d’élévation des sinus, la princesse Charlène s’est installée dans un lodge près de Durban. Durban est la capitale de la province du KwaZulu-Natal, le territoire qui correspond environ à l’ancien bantoustan du Zoulouland et donc du royaume zoulou. Proche de la famille royale zouloue, Charlène est au courant de la guerre de succession qui divise actuellement la famille.

La reine Mantfombi Dlamini est décédée le 29 avril 2021 à 65 ans. Ici photographié avec son époux, le roi Goodwill Zwelithini, lors d’une visite à Londres (Photo : Suzan/PA Photos/ABACAPRESS.COM)

Charlène de Monaco intervient et demande une solution pour maintenir l’unité

La princesse Charlène aurait à présent proposé son aide et aurait demandé à ce que la famille règle au plus vite l’histoire de la succession. Selon un média sud-africain, repris par The Times, l’épouse du prince Albert II de Monaco aurait plaidé pour que la famille trouve une solution au plus vite «pour le bien de l’unité». Daily Mail parle même d’offrir son aide en tant que médiatrice dans l’affaire.

Pour rappel, la succession au trône zoulou n’est pas automatique. Le successeur est nommé par un conseil de la famille royale qui se réuni après la mort du souverain. En novembre 2020, un peu moins de trois mois avant la mort du roi, son fils ainé légitime, le prince Lethukuthulu est décédé empoisonné lors d’une soirée. À la mort du roi, deux testaments ont été retrouvés. L’un d’eux désignait l’une de ses épouses, la reine Mantfombi comme régente du royaume, le temps de désigner son successeur. La reine Mantfombi est décédée au bout de 5 semaines de régence, à 65 ans, dans des conditions mystérieuses. On pense qu’elle a pu être empoisonnée. Dans son testament, la reine Mantfombi, qui est aussi la sœur du roi Mswati III d’Eswatini, a nommé son fils ainé, Misuzulu, comme le prochain roi zoulou. Depuis lors, Misuzulu a été reconnu roi par une bonne partie des membres de sa famille et par la population. Le président sud-africain l’a également officiellement reconnu.

Le règne du nouveau roi Misuzulu a déclenché une guerre interne au sein de la famille royale (Photo : capture vidéo)

Des demi-frères et des demi-sœurs contestent toutefois cette succession. Ils rappellent que ce n’est pas au régent de désigner le roi mais bien au conseil de famille. Ils ont intenté plusieurs actions en justice, qui n’ont pas encore été jugées. Un rapport graphologique indique que le testament désignant la reine Mantfombi comme régente serait un faux. Il y a une semaine, le roi Misuzulu aurait été empoisonné lors de sa soirée d’anniversaire.

L’Afrique du Sud, bien que république, reconnait un certain nombre de royaumes traditionnels, dans lesquels les monarques occupent un réel rôle de médiateur au niveau local et un rôle symbolique, en tant que garant de la préservation culturelle de leur tribu. Le roi Goodwill Zwelithini était le souverain du peuple zoulou, anciennement regroupé dans le Zoulouland, qui aujourd’hui fait partie de la province sud-africaine du KwaZulu-Natal. En 2021, le gouvernement sud-africain a alloué un portefeuille de 3,8 millions € pour faire fonctionner la monarchie zouloue.

Après des siècles de clans et tribus dirigés par un chef, le royaume des Zoulous (ou Empire zoulou) fut un État reconnu lorsqu’il acquit son indépendance en 1816. En 1883, au milieu de son règne du roi Cetshwayo kaMpande, le royaume des Zoulous est devenu le bantoustan du Zoulouland, passant sous le contrôle britannique. Lorsque l’Afrique du Sud prit son indépendance en 1961, la république reconnut également une liste de royaumes traditionnels.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr