Ernst August de Hanovre plaide non coupable et demande une faveur au tribunal

Le prince Ernst August de Hanovre comparaissait ce matin du 23 mars 2021 devant le tribunal autrichien de Wels. Le prétendant au trône de Hanovre est accusé d’avoir menacé et attaqué des personnes et des policiers à plusieurs reprises au cours de l’année écoulée. Mise à jour : Déroulé du procès et verdict.

Photo d’archive du prince Ernst August de Hanovre (Photo : David Niviere/ABACAPRESS.COM)

L’époux de la princesse Caroline assure qu’il payera pour les dégâts

Le prince Ernst August de Hanovre, 67 ans, époux de la princesse Caroline de Monaco, est accusé d’avoir commis des infractions sous l’influence d’alcool et de médicaments, en montrant une résistance aux forces de l’ordre. Les faits ont provoqué des lésions corporelles graves dans certains cas. Il aurait également proféré des menaces dangereuses et est accusé de coercition.

L’accusé est arrivé ce matin au tribunal de Welfs, en Autriche, passant par la porte de derrière pour éviter au maximum le contact avec les journalistes. « J’assume la responsabilité et je suis prêt à payer pour les dégâts. Je ne me souviens pas des parties essentielles de ce qui s’est passé », a témoigné le prince Ernst August de Hanovre après avoir été autorisé à retirer son masque pour témoigné, la juge voulant observer son visage pendant son témoignage. Il a plaidé non coupable. Il a ensuite demandé une autorisation pour ne pas assister à la suite de son procès, rapporte Süddeutsche Zeitung. Le procès a donc continué sans lui, des témoignages étant prévus jusqu’à 16 heures.

Le duc de Brunswick a souffert d’un cancer et il estime qu’il encourt un risque considérable en assistant au procès, craignant d’attraper le coronavirus à cause du public présent dans la salle d’audience. Arrivé vers 9 heures, le beau-frère du prince Albert de Monaco est parti à 11 heures. La juge Teresa Bergthaler a débuté l’audience en précisant qu’il s’adresserait à lui en l’appelant « Monsieur Hanovre ». Rappelons qu’en Autriche, l’utilisation de la particule est interdite. Lors de la lecture d’un rapport psychiatrique, le public a été contraint de quitter la salle, pour respecter le secret médical, explique NDR.

Des faits qui s’expliquent par l’abandon de sa famille

L’avocat du prince Ernst August de Hanovre a déploré que son client soit « exposé à des préjugés médiatiques massifs ». Pour sa défense, son avocat a rappelé le contexte difficile dans lequel vit le prince, et l’abandon de sa famille. Le fait qu’il ait été isolé de sa famille et laissé seul après son opération contre le cancer « l’a touché physiquement et mentalement », plaide Otto Dietrich, avocat du prince, comme l’a cité BILD. L’arrière-arrière-petit-fils du roi Georges V, dernier roi du royaume de Hanovre a trouvé refuge dans son pavillon de chasse à Grünau im Almtal, en Haute-Autriche, depuis quelques temps.

En parallèle, sans lien avec ce procès, le prince Ernst August de Hanovre intente un nouveau procès contre son fils aîné qu’il accuse d’ingérence du patrimoine familial dont il avait hérité. Son fils ainé, héritier de la Maison royale de Hanovre, également prénommé Ernst August, a reçu de son père la gestion des biens familiaux (entendez plusieurs châteaux) avant que ce dernier ne se rétracte et exige de récupérer la gestion des biens. La seule bonne nouvelle : le prince Ernst August Jr a annoncé la troisième grossesse de son épouse la semaine dernière. Pour rappel, Ernst August Sr n’a même jamais consenti au mariage de son fils ainé.

Pour les faits jugés ici, le prince Ernst August de Hanovre risque jusqu’à 3 ans de prison pour des faits commis l’été dernier. Dans la nuit du 14 au 15 juillet, le prince Ernst August a appelé la police autrichienne, affirmant être menacé de mort. Arrivée sur place, la police a découvert un couple alarmé et le prince Ernst August, qui se cachait, est apparu soudainement. La tension est montée jusqu’à ce qu’il blesse un agent avec un couteau. Emmené en hôpital psychiatrique, il sera rapidement libéré. Le couple qui travaillait pour lui comme employés de maison a porté plainte pour maltraitance et coercition. Le 20 juillet, Ernst August de Hanovre voulait se venger de son traitement par la police et est arrivé au commissariat local avec une batte de baseball. Au mois de septembre, il est également accusé d’avoir brisé une vitre de la Fondation du Duc de Cumberland en y jetant un panneau de signalisation.

Pour les premiers faits, il apparait que le prince agissait lors d’un délire causé par l’alcool, comme le confirme le rapport de police qui indique qu’Ernst August était en état d’ébriété. Cet état était dû à une opération dentaire qu’il venait de subir. Encore sous traitement, les médicaments et les deux verres d’alcool auraient provoqué une réaction. Selon les experts interrogés par la presse, Ernst August pourrait échapper aux poursuites, s’il n’était pas en possession de ses moyens. 

Cependant, si la loi permet à Ernst August d’échapper aux poursuites à cause de son état second (il avait 0,8 g d’alcool/litre de sang après avoir bu deux verres de vin rouge), un article du Code pénal autrichien pourrait se retourner contre lui. En effet, l’article 287 indique que tout acte délictueux ou criminel commis par une personne qui aurait perdu ses moyens est « passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans », dans le cas où cette perte de moyen est volontaire ou « même par négligence ». 

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr