Signification de l’étendard du prince Philip, duc d’Édimbourg

Le prince Philip, époux de la reine Elizabeth II, a ses propres armoiries et son étendard. Ils rappellent ses origines et son titre britannique, celui de duc d’Édimbourg. L’étendard du prince Philip drapera son cercueil ce 17 avril 2021, lorsque sa dépouille quittera le château de Windsor et ce dirigera vers la chapelle Saint-Georges.

Quelle est la signification de l’étendard du prince Philip, duc d’Édimbourg (Photo : The Royal Family)

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Que représente l’étendard du prince Philip ?

L’étendard reprend l’écu présent au centre des armoiries du prince Philip. L’étendard fait office de drapeau. Depuis son mariage en novembre 1947 avec la princesse Elizabeth d’York, jusqu’à 1949, Philip Mountbatten a utilisé les armoires de la famille royale grecque ajoutées aux anciennes armoiries de la famille royale britannique, sous la forme de celles utilisées par son arrière-grand-mère, la princesse Alice, fille de la reine Victoria.

En 1949, son beau-père, le roi George VI lui accorde ses armoiries personnelles, qui reflètent ses origines. Durant cette période, jusqu’en 1952, date à laquelle Elizabeth est montée sur le trône, Elizabeth et son époux, duc et duchesse d’Édimbourg avaient leurs étendards qui flottaient conjointement.

L’étendard du prince Philip reprend le blason présent sur ses armoiries crées en 1949 (Photo : Wikimedia Commons, Histoires Royales)

Les armoiries comprennent l’écu au centre. Au sommet, on y voit le heaume ducal, surmonté de ses plumes d’autruches noires et blanches. La figure masculine de l’homme sauvage est présente sur les armoiries danoises. Cette figure masculine est aussi présente sur les armoiries grecques, qui prend la forme d’Hercule. Le lion à gauche est celui utilisé par la famille royale britannique. Le lion ducal porte la couronne au cou. La devise est God is my help. L’écu central est entouré d’une bande sur laquelle figure la devise de l’ordre de la Jarretière : Honi soit qui mal y pense.

L’étendard se retrouve sous forme d’écu au centre de ses armoiries (Image : Wikimedia Commons)

Les armoiries danoises

L’étendard est divisé en quatre quadrants. Sur la partie supérieure on retrouve les origines paternelles du prince Philip. Le premier quadrant est celui qui représente les armoiries du Danemark. Le blasonnement se lit : D’or, aux neuf cœurs de gueules, rangés en trois pals, aux trois lions passants d’azur couronnés et armés du champ, lampassés de gueules.

Autrement dit, il s’agit de neuf cœurs rouges placés sur un fond jaune. Ils sont disposés sur trois rangées, intercalés entre trois lions bleus portant une couronne, regardant vers la gauche. Les lions sont dit «passants», c’est à dire qu’ils sont allongés et non debout.

Les armoiries du Danemark sont présentes sur l’étendard du prince Philip, en référence aux origines de sa famille. Né dans la famille royale de Grèce en 1921, il était le petit-fils du roi Georges 1e, déjà décédé à sa naissance. Le roi Georges, connu comme le prince Guillaume de Danemark avant son élection en 1863 à la tête du royaume hellénique, était l’un des fils du roi Christian IX de Danemark.

L’étendard danois et les armoiries royales danoises telles qu’utilisées actuellement par la reine Margrethe II (Image : Wikimedia Commons)

Les armoiries grecques

Bien que d’origine danoise, issue de la famille Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg, elle-même une branche de l’ancienne famille d’Oldenbourg, sa famille proche était devenue une dynastie à elle seule, lors de l’ascension sur le trône grec de Georges 1e. Il est né dans la famille régnant sur la Grèce, sous le règne de son oncle, Constantin 1e. Philip Mountbatten a dû abandonner ses titres grecs et renoncer à sa place dans l’ordre de succession au trône grec, lors de sa naturalisation britannique, en vue d’épouser Elizabeth.

Les armoiries grecques sont donc présentes sur son étendard. Les armoiries son reconnaissables puisqu’il s’agit de la même composition que son drapeau, à savoir une croix blanche sur un fond bleu. Le bleu et le blanc (azur et argent) ont été utilisés dès le 9e siècle par les dynasties régnant sur la Macédoine. Les Paléologues ont aussi utilisés ces couleurs.

On dit que la première apparition du drapeau tel qu’on le connait date de la guerre d’indépendance vers 1807. Il a ensuite été adopté en 1822 et il composait déjà le blason du premier roi grec, Othon 1e, de la dynastie bavaroise des Wittelsbach, avant l’élection de Georges 1e. La croix grecque symbolise la foi chrétienne et les neufs bandes rappellent les 9 syllabes de la devise grecque, «la liberté ou la mort». Les cinq bandes bleues rappellent les cinq mers grecques et les bandes blanches la jupe plissée traditionnelle (les fustanelles).

L’étendard grec et les armoiries de la famille royale grecque telles qu’utilisées par le dernier roi, Constantin II (Image : Wikimedia Commons)

Les armoiries des Mountbatten

La partie inférieure de l’étendard est divisée en deux parties. La partie à gauche est celle réservée à ses origines maternelles. D’argent à deux pals de sable (soit blanc avec deux bandes verticales noires), l’écusson est celui créé pour Julia Hauke, comtesse de Battenberg. Julia Hauke a obtenu ce titre créé pour elle, lors de son mariage inégal avec le prince Alexandre de Hesse. Le titre de comtesse sera par la suite élevé au rang de princesse. Ses descendants portent ce titre. La branche de la famille princière de Battenberg résidant en Angleterre, a anglicisé son nom en Mountbatten, suite à la Première Guerre mondiale.

Mountbatten est également le patronyme qu’a choisi d’adopter Philip lors de sa naturalisation. Il a donc opté pour la version anglicisé du nom de sa mère. Sa mère, la princesse Alice de Battenberg n’avait pas anglicisé son nom, vivant déjà en Grèce avec son époux, le prince André, au moment de ce changement. L’oncle du prince Philip, Louis Mountbatten portait fièrement ce nom.

Les armoiries des Battenberg a été créé par le grand-duc de Hesse pour Julia Hauke, lors de son mariage avec le prince Alexandre de Hesse (Image : Wikimedia Commons)

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Les armoiries d’Édimbourg

La dernière partie de l’étendard fait référence au titre de duc d’Édimbourg, que lui a conféré son beau-père le jour de son mariage avec Elizabeth. Le titre fait bien entendu référence à la capitale écossaise. Les armoiries sont donc les mêmes que celles de la ville d’Édimbourg. Il s’agit d’un château noir et rouge. Le blasonnement se lit : d’argent au château donjonné de trois pièces, maçonné d’argent et ouvert de gueules, posé sur un mont de un copeaux. Le château d’Édimbourg a été construit au 11e siècle.

Le château d’Édimbourg qui figure sur les armoiries de la ville a été construit sur une montagne de roche volcanique (Photo : Wikimedia Commons)

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr