Misuzulu Zulu devient le nouveau roi des Zoulous et craint pour sa vie

La succession du roi Goodwill Zwelithini est aussi terrible qu’on pouvait l’imaginer quand 6 épouses et près d’une trentaine d’enfants se disputent l’héritage financier et l’héritage dynastique. Le défunt roi avait nommé dans son testament son épouse principale comme régente du royaume. Cette dernière est décédée dans de mystérieuses conditions peu de temps après le début de sa régence. Ce vendredi 7 mai 2021, après ses funérailles, le testament de la reine régente a été lu à la télévision, dans lequel elle nomme son fils, Misuzulu Zulu, comme son successeur.

Avant d’^être nommé roi des Zoulous, le prince Misuzulu présidait la cérémonie funéraire de sa mère (Photo : capture vidéo)

Lire aussi : Qui sont les 6 femmes et les 28 enfants du roi zoulou Goodwill Zwelithini ?

Le nouveau roi des Zoulous est Misuzulu Zulu

Misuzulu Zulu a été désigné roi des Zoulous par le testament de sa mère, la reine régente Mantfombi Dlamini, décédée dans des conditions non dévoilées à 65 ans, il y a quelques jours. La reine régente devait elle-même assurer la transition pendant la période de deuil des Zoulous, qui venaient de perdre leur Roi à la mi-mars. Le roi Goodwill Zwelithini, monarque de la nation zouloue pendant 52 ans, avait perdu son fils ainé en novembre dernier, empoisonné lors d’une soirée. La succession était donc des plus incertaines.

Le testament du Roi indiquait que sa troisième épouse, la reine Mantfombi Dlamini, sœur de l’actuel roi Mswati III d’Eswatini, devait assurer la régence après sa mort. Cette nomination laissait présager que son fils ainé, le prince Misuzulu Zulu, serait le prochain Roi. La succession devait en principe avoir lieu trois mois après la mort de Goodwill Zwelithini. Mais l’annonce de son accession au trône a été précipitée par la mort de la reine régente, le 29 avril.

Le roi Goodwill Zwelithini et sa Grande Épouse, la reine Mantfombi Dlamini à Londres en 2010 (Photo : Yui Mok/ABACAPRESS.COM)

La mort de la reine régente est suspecte à plusieurs titres. Des rumeurs d’empoisonnement font les gros titres de la presse sud-africaine depuis une semaine. D’autres membres de la famille royale sont suspectés d’avoir tué la reine régente, alors qu’un véritable casse-tête successoral a débuté. La première épouse du roi Goodwill Zwelithini affirme être la seule femme légale de l’ancien roi. Certains enfants ont créé des clans dissidents pour tenter de former une coalition et soutenir la candidature d’un autre prince en tant qu’héritier du trône.

Le nouveau roi Misuzulu Zulu (Photo : Wikimedia Commons)

Lire aussi : Charlène de Monaco en pleurs aux funérailles du roi zoulou Goodwill Zwelithini

L’annonce du nouveau Roi fait polémique

Finalement, ce 7 mai 2021, le testament de la reine Mantfombi, écrit la veille de sa propre nomination en tant que régente, a été lu à la télévision par l’avocat de la défunte, indiquant sans surprise qu’elle nommait «le prince Misuzulu Zulu comme successeur au trône». Quelques heures auparavant, le prince Misuzulu avait présidé les cérémonies de funérailles traditionnelles de sa mère, peau de léopard sur le dos.

Mais l’annonce a provoqué un véritable déchainement des passions. The Guardian explique qu’a la lecture du testament «le prince Thokozani s’est levé pour exprimer une opinion. Il a été rapidement retenu par des membres de sa famille au palais royal de la province côtière du KwaZulu Natal, et l’héritier nouvellement nommé a ensuite été emmené par des forces de sécurité lourdement armées».

YouTube video

Lire aussi : Le nouveau roi des Xhosa reconnu par le président sud-africain

Les principales revendications de la famille pointent le fait que la reine régente n’était pas habilité à désigner seule d’un successeur, d’autant plus que certains remettent en cause sa propre désignation en tant que régente. Si autrefois la succession au trône du royaume zoulou se faisait automatiquement en faveur de l’ainé, depuis que le roi Goodwill Zwelithini se considéré comme un monarque constitutionnel, on évoquait la succession via un système électif ou du moins au terme de discussions au sein d’un conseil de famille.

Selon les dernières informations, pour sa sécurité, le nouveau roi des Zoulous a été envoyé en Eswatini, dans le pays de son oncle. Le roi Misuzulu Zulu est né le 23 septembre 1974. Bien qu’il soit issu de la relation du roi Goodwill Zwelithini avec sa troisième épouse, il est aujourd’hui le fils ainé légitime du défunt roi. Le premier fils ainé légitime de Goodwill Zwelithini est décédé en novembre dernier, empoisonné. Le prince Simakade est toutefois le fils ainé du défunt roi, mais il est né hors mariage.

Le roi Misuzulu Zulu succède à son père, le roi Goodwill Zwelithini, après une régence d’un mois de sa mère (Photo : capture d’écran)

On sait peu de choses sur le nouveau souverain, qui jusqu’à peu suivait encore des études universitaires en gestion d’affaires internationales à l’université de Jacksonville, en Floride. Bien qu’on lui connaisse déjà un enfant, il ne semble pas encore être marié. La mère son enfant serait la princesse Wezizwe Sigcau, de la famille royale du peuple Mpondo. Le prénom Misuzulu veut dire «renforcer la nation zouloue».

Bien que l’Afrique du Sud soit une république, l’article 212 de la constitution sud-africaine reconnait un certain nombre de royaumes traditionnels, dans lesquels les monarques occupent un réel rôle de médiateur au niveau local et un rôle symbolique, en tant que garant de la préservation culturelle de leur tribu. Le roi Misuzulu Zulu est le souverain du peuple zoulou, anciennement regroupé dans le Zoulouland, qui aujourd’hui fait partie de la province sud-africaine du KwaZulu-Natal. Selon Joshua Project, la population zouloue dépasserait les 13 millions d’habitants en Afrique du Sud, un pays qui totalise 60 millions d’habitants. L’année dernière le gouvernement sud-africain avait alloué un portefeuille de 3,7 millions € pour faire fonctionner la monarchie zouloue.

Après des siècles de clans et tribus dirigés par un chef, le royaume des Zoulous (ou Empire zoulou) fut un État reconnu lorsqu’il acquit son indépendance en 1816. Au milieu de son règne, en 1883, le roi Cetshwayo kaMpande vit son royaume devenir le Zoulouland et passer sous le contrôle britannique. Lorsque l’Afrique du Sud prit son indépendance en 1961, la république reconnut également une liste de royaumes traditionnels.

Outre la succession dynastique, l’héritage financier du roi Goodwill Zwelithini déchire la famille. Le roi Goodwill Zwelithini était le seul bénéficiaire de l’Ingonyama Trust, cette fiducie qui est propriétaire de millions d’hectares de terrains, ce qui fait du roi des Zoulous le propriétaire d’un dixième des Sud-Africains.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr