Abolition de la monarchie italienne

Le 2 juin 1946, le peuple italien choisissait l’instauration de la république, retour sur cet événement et la sombre période qui l’avait précédé.

Le roi Victor-Emmanuel III a demandé à Mussolini de former un gouvernement (Photo : domaine public)

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Les conséquences de la Première Guerre mondiale

Dans l’Italie de l’après-Grande guerre, la crise économique éclate, l’Italie se divise alors politiquement. Le gouvernement, les partis libéraux, monarchistes et populistes sont alors incapables de maintenir le pays dans une stabilité durable. Mais par crainte d’une révolution communiste, comme ce fut le cas en 1917 en Russie avec l’exécution de la famille impériale Romanov, la noblesse italienne souhaite un pouvoir plus autoritaire ce qui favorisera malheureusement la montée du fascisme en Italie.

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Le fascisme au pouvoir

La marche sur Rome, puis le coup d’État effectué par les fascistes et leur chef Benito Mussolini obligent le roi Victor-Emmanuel III à accepter l’inacceptable en lui offrant le poste de Président du Conseil des ministres d’Italie (équivalent du poste de Premier ministre). Le Roi est contraint de contresigner l’instauration des lois raciales fascistes et la création du Grand conseil du fascisme.

L’hécatombe de la Seconde Guerre mondiale

L’alliance avec l’Allemagne nazie et l’entrée dans la Seconde Guerre mondiale est une hécatombe pour l’armée italienne qui enchaîne défaite sur défaite, seules les batailles en coalition avec l’aide de l’armée allemande sont victorieuses. L’Empire colonial est par ailleurs démantelé par les défaites.

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La reprise en main du pouvoir

En 1943, avec l’avancée des alliés en Afrique et en Sicile, le Roi révoque Mussolini et nomme le maréchal Pietro Badoglio en tant que Président du Conseil. Alors qu’il est emprisonné, Mussolini est libéré par les Allemands qui le mettent au pouvoir d’un régime autoritaire au nord de l’Italie tandis que la famille royale de Savoie et le nouveau gouvernement se réfugient alors dans le sud de l’Italie. Le 2 septembre de la même année, le Roi fait secrètement signer par le maréchal Badoglio l’armistice de Cassibile avec les Américains. Celui-ci ne sera rendu public que 6 jours plus tard. Une “guerre civile” éclate alors entre les fascistes du nord et les monarchistes du sud. Le 4 juin 1944, Victor-Emmanuel III cède ses prérogatives royales à son fils, Humbert.

Le futur roi Humbert II, ici prince héritier en 1944, a promis un référendum une fois la situation apaisée. (Photo : Domaine public)

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Humbert II, roi d’Italie pendant 1 mois et 4 jours

Le 9 mai 1946, la paix revenue depuis plus d’un an, Victor-Emmanuel III abdique officiellement en faveur de son fils, Humbert. Mais Humbert II avait promis le 27 juillet 1944 qu’une fois la libération venue le peuple italien déciderait lui-même au suffrage universel du régime qu’il souhaitait. Le 2 juin, le référendum a lieu, le peuple italien vote l’abolition de la monarchie à 54,26% des votes et par conséquent l’instauration de la république. Le 13 juin, le Conseil des ministres proclame l’instauration d’un régime de transition, le même jour la famille royale de Savoie doit quitter l’Italie. La famille royale d’Italie sera exilé du territoire jusqu’en 2002, où elle fut autorisée à fouler de nouveau le sol italien.

Le 2 juin 1946, le référendum a lieu et 54,26% des Italiens votent pour la république (photo du bulletin de vote : WikiCommons)