Les pseudonymes des royautés pour rester anonymes : Philippe Legrand, Ingahild Grathmer, Anna Svensson…

À l’armée, à l’université, dans le milieu artistique, les royautés changent leur identité pour des raisons de sécurité, de légitimité ou d’anonymat. Voici quelques pseudonymes de rois, reines, princes ou princesses, qui ont été dévoilés.

Faux passeports, noms d’emprunt, documents falsifiés,… Les royautés ont parfois usé de stratagèmes pour ne pas être repérées (Photo : Pxabay/jackmac34)

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Des pseudonymes pour être incognito

Vouloir s’acheter une pizza tranquillement comme le roi de Suède au bord d’une autoroute, profiter des choses simples de la vie, ou s’acheter discrètement une maison sans attirer les paparazzis et les critiques des jaloux, ce sont autant de bonnes raisons pour que nos royautés usent d’un alias dans le but de passer incognito.

Philippe Legrand

Récemment, c’est le pseudonyme préféré du roi Philippe de Belgique qui a été mis en avant dans la presse. Suite à la publication de la demande de permis de construire d’une annexe à sa résidence sur l’île d’Yeu, on a pu découvrir que le roi Philippe avait rempli sa demande, en utilisant le nom de Philippe Legrand. Il s’agit d’un pseudonyme utilisé par Philippe pour passer incognito lors de ses voyages à l’étranger.

Johnny de Stovner

Le 10 juin 1991, Haakon de Norvège, 17 ans, tout juste devenu prince héritier, profitait comme tous les jeunes de son âge de vacances à Kragerø, avec un groupe de jeunes camarades. Pris d’une faim soudaine, il s’est rendu à la petite supérette locale. Au comptoir, une adolescente se tient derrière de la caisse et le reconnait : « Mais tu n’es pas… ? », dit-elle en bégayant. Haakon essaie de trouver une réponse du tac au tac pour échapper à la question embarrassante et répond : « Johnny de Stovner » (Johnny fra Stovner, en norvégien).

Dès le lendemain, le petit journal local Kragerø Blad publiait l’anecdote. La jeune fille n’était pas dupe. En un rien de temps, c’est le quotidien national VG qui relayait l’histoire. Depuis lors, c’est resté un surnom qui ressort de temps en temps comme une blague. Par exemple, lorsqu’en 2019, le prince héritier Haakon accompagnait son épouse, la princesse héritière Mette-Marit, à l’inauguration d’une foire du livre à Stovner, l’histoire est revenue sur la table.

Aujourd’hui, la jeune fille a 46 ans. Elle s’appelle Marian Rui Slettebakken et elle occupe un poste important chez WWF. Le journaliste de l’époque, qui avait rapporté l’histoire, est par la suite devenu le rédacteur en chef du journal.

Andrew Inverness

En 2002, le prince Andrew s’est associé avec l’un de ses amis, Johan Eliasch, un résident monégasque d’origine suédoise, connu pour avoir fondé la marque autrichienne d’équipements sportifs, Head. À l’époque, le prince Andrew voulait s’associer avec le milliardaire pour lancer une boite de consulting sportif appelée Naples Gold. Pour rester discret, il avait alors choisi le pseudonyme d’Andrew Inverness, comme le révélait Metro, en décembre 2019.

Pour former son pseudonyme, il avait utilisé l’un de ses titres les moins connus. En plus d’être connu comme le duc d’York en Angleterre, il est également comte d’Inverness en Écosse et baron Killyleagh en Irlande du Nord.

La révélation de ce pseudonyme posait question à plus d’un titre. On comprend pourquoi il souhaitait faire profil-bas et ne pas crier sur tous les toits son association avec Johan Eliasch, un personnage assez sulfureux. Ce serait lui l’organisateur des fameuses vacances de 2001 à Pukhet où le prince Andrew et ses amis avaient été photographiés sur un yacht entourés de jeunes femmes topless. L’autre question concerne évidemment l’utilisation d’un faux nom pour des documents officiels. En effet, l’entreprise Gold Naples est bien enregistrée avec la mention d’un certain Andrew Inverness, né le même jour que le prince Andrew, en tant que « conseiller professionnel » au titre de directeur de la société.

Le prince Andrew, duc d’York est directeur d’une société dans le domaine du sport, sous le nom d’Andrew Inverness (Photo : WikiCommons)

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Des pseudos pour des passionnés

Être un personnage public qui a des responsabilités, tout en étant en privé une personne qui vit ses passions, n’est pas simple. Il s’agit presque pour certains d’une sorte de double vie. De nombreuses royautés ont des passions qu’ils pratiquent ou exercent même à un niveau professionnel, principalement sportives et artistiques. Si plusieurs rois, reines, princes et autres membres de familles royales n’ont jamais eu de mal à participer à des compétitions sportives de haut niveau ou à signer leurs œuvres, d’autres ont préféré rester discrets et distancier leur vie publique de leur vie d’artiste ou de sportif.

Ainsi, on sait par exemple que le prince Charles, comte de Flandre, une fois sa régence terminée en Belgique, préféra vivre loin du Palais, s’adonnant à sa passion pour la peinture sous le pseudonyme de Karel van Vlaanderen. Il avait fabriqué un pseudonyme courant, qui consiste à accoler un titre à son prénom.

C’est aussi ce qu’avait fait le prince William, inscrit à l’université de St Andrews en tant que William Wales (alors appelé le prince William de Galles). Le prince Carl Philip, fils du roi de Suède, utilise son patronyme civil, celui de la dynastie Bernadotte d’origine française, lorsqu’il participe à des compétitions automobiles. Il est connu dans le milieu automobile en tant que Carl Philip Bernadotte, ainsi que dans les affaires, puisqu’il est également le patron d’une agence de design.

Lorsque le prince Carl Philip de Suède est pilote automobile, il se présente comme Carl Philip Bernadotte (Photo : Johan Valkonen/Stella Pictures/ABACAPRESS.COM)

Ingahild Grathmer

Ensuite, il y a les pseudonymes qui permettent de garantir l’anonymat. C’est par exemple le cas d’Ingahild Grathmer. La reine Margrethe II de Danemark avait adopté ce pseudo pour débuter sa carrière artistique. En 1978, les dessins d’Ingahild Grathmer avaient été choisis pour illustrer les tomes du Seigneur des anneaux. Son art a évolué avec le temps, s’essayant à toutes les techniques, devenant une spécialiste de la couture de vêtements liturgiques ou encore directrice artistique pour des pièces de théâtre. Ses toiles, ses peintures à l’huile ou ses aquarelles sont aujourd’hui signées et assumées par la reine, qui n’utilise plus son pseudo depuis de nombreuses années.

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Anna Svensson

On sait que la famille royale suédoise utilise beaucoup des surnoms affectifs pour se désigner dans le cadre familial, mais un membre de la famille a également utilisé un pseudonyme pour pratiquer sa passion. Passionnée de théâtre, de danse, de musique, la princesse Madeleine de Suède a particulièrement excellé en sport. Cavalière émérite, elle a dans sa jeunesse participé à des compétitions de sauts d’obstacle. À l’époque, elle avait choisi le pseudo d’Anna Svensson pour s’inscrire aux compétitions d’équitation.

Des pseudos pour des amants secrets

Réserver un hôtel, envoyer du courrier, parler au téléphone, les célébrités, les hommes politiques et les royautés connaissent bien ces situations embarrassantes ou intimes pour lesquelles ils préféreraient garder leur anonymat. C’est pourquoi, lors de leurs premières rencontres ou lors des périodes de flirt, ils préfèrent utiliser des pseudonymes pour communiquer. Il y a par exemple des pseudonymes énigmatiques comme celui de Tegri utilisé par Léopold III pour signer ses lettres à Francesca Rosenwald Rummel, surnommée alors Zagatai.

Fred et Glady

Le prince Charles et Camilla, avant de se marier, étaient amis et amants de longue date. Il est bien connu que le prince de Galles se faisait alors appelé Fred et Camilla utilisait le surnom de Gladys. Fred et Gladys étaient les prénoms de deux personnages interprétés par Peter Sellers dans la série radio The Goon Show, diffusée sur la BBC dès les années 1950.

Tom et Eva Manstad

En août 1968, pour leur lune de miel, le roi Harald et la reine Sonja de Norvège, alors encore prince et princesse héritière, avaient reçu des faux passeports pour voyager incognito. Tout avait été fait pour que les jeunes mariés puissent profiter de leurs vacances en toute tranquillité. On pensait par exemple qu’ils commenceraient par visiter le Mexique, alors qu’en réalité, il s’étaient rendus à Hawaï. Et surtout, leurs passeports avaient été modifiés. Ils étaient officiellement Tom et Eva Manstad. Le roi Harald a confirmé lui-même ces noms en 2010, lors d’une interview avec Dagbladet.

« Le but était d’échapper à la presse et de rendre plus difficile notre recherche », explique le roi de Norvège. Marianne Hagen, responsable de la communication du Palais, avait avoué que ce stratagème ne pourrait plus se faire aujourd’hui car elle reconnait qu’il était totalement illégal d’utiliser de faux passeports. Le palais admet ainsi avoir violé la loi norvégienne, un délit qui à l’époque était passible d’un an de prison. Plusieurs membres de la police et des services en charge de l’obtention des visas s’étaient rendus coupables de cet acte illégal, qui est à présent prescrit. Ils assurent n’avoir plus jamais utilisé les noms de Tom et Eva Manstad à d’autres occasions.

Harald de Norvège et Sonja Haraldsen, à l’annonce de leurs fiançailles, quelques mois avant leur mariage. Le prince héritier et la princesse héritière partiront en lune de miel sous les noms de Tom Eva Manstad (Photo : AF archive / Alamy / Abaca)

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Les pseudos des Sussex et des Cambridge : une question de sécurité

La famille royale britannique a toujours aimé utiliser des surnoms pour se désigner les uns les autres, même la reine Elizabeth n’y échappe pas. Le prince William était par exemple surnommé Steve par ses proches et ses amis, à l’époque de ses études universitaires. Le prince Harry est quant à lui désigné par le surnom de Spike. En plus de leurs surnoms, ils utilisent également des pseudonymes, pour des questions de sécurité.

Qui sont Danny Collins, Daphne Clark, David Stevens et Davina Scott ? Les pseudos des Cambridge et des Sussex utilisés par leurs équipes (Photo : Joe Giddens/PA Wire/Abaca)

Danny Collins, Daphne Clark, David Stevens et Davina Scott

Il y a quelques temps, les Sussex et les Cambridge faisaient encore équipe commune et étaient désignés comme les Fab Four. Avant que le prince Harry et Meghan Markle se dissocient de William et Kate, puis quittent le Royaume-Uni, l’équipe qui travaillait pour eux leur avait attribué des faux noms, permettant ainsi de les mentionner dans leurs messages, e-mails, SMS, sans que l’on puisse les identifier, explique Marie Claire.

Les pseudos étaient formés en utilisant leurs initiales DC ou DS pour duc de Cambridge et duc de Sussex. Le prince William était Danny Collins et Kate Middleton était Daphne Clark. Le prince Harry était David Stevens et Meghan Markle était Davina Scott.

Des funérailles codées

Il est connu que les principaux membres de la famille royale britannique sont également désignés par des noms de ponts. Les services de sécurité ont attribué un nom de code à chaque membre, permettant principalement de déployer rapidement les opérations militaires en cas de décès, selon un protocole précis. À ce sujet, vous pouvez lire cet article qui détaille tous les noms de code des funérailles des membres de la famille royale, comme Opération London Bridge ou Opération Menai Bridge.

Le pseudo du prince Harry sur Facebook

Le prince Harry a pendant des années utilisé un pseudonyme pour sa vie virtuelle. Comme tous les jeunes de son époque, le fils du prince Charles voulait lui aussi utiliser les réseaux sociaux. Pendant son service au sein de l’armée britannique, il avait était envoyé en Afghanistan, et Facebook était le moyen le plus simple pour garder contact avec ses amis et sa petite amie, Chelsy Davy. Le prince Harry utilisait alors un compte Facebook au nom de Spike Wells.

Bien que cela n’ait jamais été confirmé, le pseudonyme avait été démasqué en 2012. The Telegraph révélait que depuis 4 ans, Spike Wells était le nom utilisé par le prince Harry sur Facebook. Ce compte, qui utilisait pour avatar le lémurien du film Madagascar, avait environ 400 amis, parmi eux des aristocrates ou des personnalités de la jeunesse dorée britannique. Il indiquait habiter Maun, au Botswana, un lieu où Chelsy Davy et le prince Harry avaient passé des vacances romantiques. D’autres photos et centres d’intérêts suivis par ce profil laissent à penser qu’il s’agissait bien du compte Facebook secret du prince Harry. Sans oublier que Spike est le surnom utilisé en famille pour désigner le prince Harry, rappelle Hello Magazine.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr