Camilla de Bourbon-Siciles accusée d’outrage à la Cour : elle risque une amende de plusieurs millions

La princesse Camilla de Bourbon des Deux-Siciles est accusée par la justice de Jersey d’outrage à la Cour. Le tribunal lui reproche d’avoir dissimulé l’existence de plusieurs bijoux ou l’emplacement d’une toile de Gauguin, lorsqu’il lui fut demandé de dresser la liste des richesses de sa mère, dans le cadre de procès antérieurs. Elle pourrait écoper d’une amende de plusieurs millions pour outrage à la Cour.

Camilla de Bourbon-Siciles a-t-elle fourni une liste non-exhaustive des biens et richesses de sa mère au tribunal de Jersey ? Elle est accusée d’outrage à la cour pour avoir manqué de lister certains bijoux et prétend ne pas savoir ce qu’il en est d’une toile de Gauguin. Camilla, son époux, Charles, ses deux filles Maria Carolina et Maria Chiara, ainsi que sa mère, Edoardo, lors d’un mariage en 2019 (Photo :  David Niviere/ABACAPRESS.COM)

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Camilla Crociani accusée d’outrage à la Cour pour avoir diminué les richesses de sa mère

La semaine dernière, l’épouse du prince Charles, prétendant au trône de l’ancien royaume des Deux-Siciles, s’est rendue à la Cour royale de Jersey, la principale instance juridique du baillage, où elle devait répondre d’accusations de divulgation de richesses. Le tribunal accuse la résidente monégasque d’avoir volontairement diminué les richesses de sa mère, alors qu’il lui était demandé d’établir une liste précise de ses avoirs dans un affidavit.

L’affaire début en 2011, date depuis laquelle la princesse Camilla, née Camilla Crociani, se bat contre sa sœur Cristiana. À l’époque, cette dernière venait d’apprendre que sa mère tentait de la déshériter, au profit de sa sœur Camilla, et a décidé de la poursuivre en justice. Cristiana avait constaté des restructurations importantes dans le trust familial que possède leur mère, ce qui lui avait fait comprendre que ces restructurations avaient pur but de l’évincer de l’héritage.

Camilla et Edoardo sont accusés par Cristiana d’avoir restructuré le trust familial pour l’évincer de l’héritage. Ici, le prince Charles de Bourbon-Siciles et son épouse Camilla, aux côtés d’Edoarda et Cristiana Crociani, au gala du Grand Prix de Monaco en 2010, avant que la querelle familiale ne les divise (Photo : Marco Piovanotto/ABACAPRESS.COM)

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C’est en 1987, qu’Edoarda Crociani, anciennement connue sous son nom d’actrice Edy Vessel, la mère de Camilla et Cristina, crée un trust pour y déposer l’immense fortune familiale (estimée à 600 millions de dollars), dont elle avait hérité à la mort de son époux, l’industriel Camillo Crociani. Pour monter ce fonds, elle est aidée par la BNP Paribas Jersey Trust Corporation. Edoarda crée le Grand Trust, aux Bahamas, qu’elle dote d’environ 100 millions de dollars, dont la moitié est destinée à sa fille Cristiana et l’autre à sa fille Camilla. L’argent envoyé dans le trust provient d’une société néerlandaise, qui est elle-même domiciliée aux Antilles néerlandaises, afin de diminuer la pression fiscale. Outre, le portefeuille d’investissement d’une valeur de 100 millions dollars, le trust comprend un billet à ordre de 45 millions de dollars et de nombreux tableaux de maitres.

Quant à la restructuration de 2011, Camilla s’en explique. Comme elle l’indique à Paris Match, l’idée de la restructuration émanait de la seule volonté de BNP, et qu’elle-même était désavantagée par ce montage. « Cette restructuration telle que conçue a été préjudiciable tant à ma sœur qu’à moi-même. J’ai fait appel parce que j’ai été moi aussi victime de cette restructuration tout comme ma sœur qui était la plaignante même si, contre toute attente, la Cour n’en a pas tenu compte », expliquait la princesse Camilla au magazine.

Cristiana gagne son procès le 11 septembre 2017, la cour royale de Jersey, où était localisé le Grand Trust à l’époque, demande la restitution de la fiduciaire en l’état. C’est BNP qui se charge de verser l’argent, en reconstituant le trust à sa valeur initiale de 100 millions de dollars, sur base des données financières et des listes des biens répertoriés dans l’affidavit. En février 2020, la cour de Curaçao, où est à présent situé le trust, a reconnu Camilla complice de la restructuration et c’est à présent BNP qui réclame le remboursement de l’argent avancé pour la reconstitution du fonds.

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Où se trouve le Gauguin assuré pour 66 millions $ ?

En parallèle, la cour de Jersey reproche à présent à la princesse Camilla, 49 ans aujourd’hui, d’avoir diminué la liste des richesses de sa mère, lorsqu’elle était pourtant contrainte d’établir un rapport détaillé des biens, en vue de rétablir le trust. Par exemple, la cour reproche le manque de transparence concernant l’emplacement d’une toile de Gauguin, assurée pour 66 millions de dollars (50 millions de livres sterling). Également, il semblerait que de nombreux bijoux appartenant à Edoarda Crociani, 80 ans aujourd’hui, ne figurent pas dans la liste.

La Cour royale de Jersey, située à Saint-Hélier, pourrait exiger une amende de plusieurs millions pour outrage à la cour (Photo : Domaine public)

« Elle n’avait pas mentionné que sa mère avait des bijoux précieux dans l’affidavit », a reproché William Redgrave, avocat de BNP lors de l’audience, le 14 novembre 2020, à la Cour royale de Jersey. L’avocat explique que dans la déclaration des biens ordonnée par la Cour, il n’y avait pas de seuil minimum indiqué et que par conséquent, même des bijoux devaient y figurer, ce qui n’est pas le cas, comme le rapporte The Telegraph.

Quant à Olaf Blakeley, avocat de la princesse, il a maintenu la position selon laquelle elle ne connaissait pas l’emplacement de nombreux biens de sa mère et qu’elle avait soumis des biens considérés comme prioritaires. « Selon moi, la grande majorité des documents demandés ont été fournis par la princesse Camilla et tous ceux mis en évidence ont été fournis », a déclaré l’avocat, qui a insisté sur le fait que sa cliente n’était pas en possession elle-même de tous les éléments.

Quant à l’amende dont pourrait écoper la princesse, la partie adverse a mis en avant la vie luxueuse de la princesse à Monaco. Sa participation à l’émission Inside Monaco: Playground of the Rich, a également été mentionnée, dans laquelle la princesse et sa famille étalent leur richesse et leur train de vie démesuré, côtoyant des personnes importantes, comme lorsqu’ils ont été invités dans la maison de Floride de Donald Trump. Le jugement sera rendu en temps voulu, rapporte le Jersey Evening Post.

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Sources : Paris Match, Jersey Evening Post, The Telegraph

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef - Rédacteur sénior

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr